Quand on pense à un safari en Tanzanie, on imagine souvent des savanes infinies, des lions allongés à l’ombre des acacias et des troupeaux de gnous soulevant la poussière. Février fait partie de ces mois charnières où la météo, la température et les cycles de vie des animaux transforment complètement l’expérience sur le terrain. Après plusieurs voyages en Afrique de l’Est, dont plusieurs séjours ciblés en Tanzanie à cette période, je peux le dire : février est un excellent mois pour un safari, à condition de comprendre comment fonctionne la nature à ce moment précis.
Climat et météo en Tanzanie en février : ce qui vous attend sur le terrain
La petite saison des pluies touche à sa fin
En Tanzanie, février se situe entre la fin de la « petite saison des pluies » (qui commence généralement en novembre) et l’arrivée de la grande saison des pluies (mars–mai). Sur le terrain, cela se traduit par :
- des averses souvent en fin de journée ou en soirée, plutôt courtes mais parfois intenses ;
- une végétation encore bien verte, surtout dans le nord du pays ;
- des paysages plus photogéniques qu’en pleine saison sèche, avec des ciels chargés et des contrastes plus marqués.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, la pluie ne signifie pas forcément que les animaux disparaissent ou que les routes deviennent impraticables partout. Dans les grands parcs du nord (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Lake Manyara), les infrastructures sont globalement bien adaptées, et les averses ponctuelles ne ruinent pas un safari bien préparé. En revanche, il faut accepter un climat un peu plus humide, surtout en basse altitude.
Températures : chaleur modérée en altitude, plus lourde sur la côte
Février est un mois globalement chaud, mais tout dépend de l’altitude et de la zone que vous visez :
- Nord de la Tanzanie (Serengeti, Ngorongoro, Arusha) : températures souvent comprises entre 15 et 28 °C. Les nuits peuvent être fraîches dans les zones en altitude comme le Cratère du Ngorongoro (prévoir une petite polaire pour les safaris matinaux).
- Parcs plus bas en altitude (Tarangire, Lake Manyara) : journées chaudes, autour de 30 °C en après-midi, avec une sensation un peu plus lourde après les averses.
- Côte et Zanzibar : chaleur plus humide, 28–32 °C, idéale pour la plage mais parfois éprouvante pour ceux qui supportent mal la moiteur tropicale.
Sur mes bivouacs et nuits en camp de toile, février m’a offert des températures franchement agréables en soirée : on dîne souvent dehors sous les étoiles, avec juste un coupe-vent léger à portée de main. Le matin, l’air est limpide, parfois rafraîchi par l’averse de la nuit, ce qui rend les premières sorties en 4×4 particulièrement agréables.
Avantages et inconvénients d’un safari en février
Si vous hésitez encore sur le mois, voici ce que je constate systématiquement en février :
- Avantages :
- moins de poussière qu’en pleine saison sèche, ce qui est appréciable pour les photographes ;
- une lumière plus douce, surtout en fin de journée, avec des nuages qui donnent du relief aux paysages ;
- la saison des naissances dans le Serengeti sud (gnous, zèbres), un spectacle animalier unique ;
- une fréquentation touristique parfois un peu plus faible que pendant juillet–août.
- Inconvénients :
- végétation plus dense par endroits, ce qui peut compliquer la détection de certains félins ;
- routes parfois boueuses dans certaines sections secondaires ;
- risque d’averses qui peuvent interrompre temporairement une sortie.
Si vous êtes prêt à accepter une météo légèrement capricieuse, février vous récompense par des scènes de vie sauvage beaucoup plus intenses qu’en simple saison sèche.
Quels animaux voir en Tanzanie en février : parcs, comportements et meilleures zones
La grande star de février : les naissances de gnous dans le Serengeti sud
Février, c’est le mois où la migration des gnous se concentre dans le sud du Serengeti et la zone de Ndutu (à cheval entre le Serengeti et la Ngorongoro Conservation Area). C’est ici que j’ai vécu certains des moments les plus marquants de mes safaris :
- Des milliers de femelles gnoues donnent naissance presque simultanément sur quelques semaines.
- Les petits se lèvent en quelques minutes seulement, tentant déjà de suivre le troupeau.
- Les prédateurs (lions, hyènes, parfois guépards) profitent de cette abondance de proies vulnérables.
En pratique, cela signifie que vos journées alternent entre la contemplation de vastes plaines noires de gnous et des scènes de chasse spectaculaires. C’est un mélange de beauté brute et de violence, sans filtre. Sur place, les guides sont rodés : ils savent où se positionner le matin pour trouver les grands troupeaux et repérer les lions qui marquent leur territoire autour des zones de mise bas.
Lions, hyènes, guépards : les prédateurs à leur avantage
Février est une période faste pour les carnivores, en particulier dans le sud du Serengeti et autour de Ndutu :
- Lions : plus faciles à localiser car ils suivent les concentrations de gnous. On les retrouve souvent en bordure des grands troupeaux, en attente d’une opportunité. Les scènes de chasse sont fréquentes en fin d’après-midi ou juste avant la nuit.
- Hyènes tachetées : actives en continu, elles profitent à la fois des carcasses laissées par les lions et de leurs propres capacités de chasse. De nuit comme de jour, vous les entendrez souvent ricaner ou se battre autour d’une proie.
- Guépards : la plaine herbeuse relativement dégagée du Serengeti sud est idéale pour les observer. En février, j’ai souvent vu des guépards profiter des jeunes gnous un peu isolés du troupeau, dans des poursuites rapides et spectaculaires.
Avec une végétation pas encore trop haute, les observations restent bonnes. Certains jours, j’ai suivi la même coalition de guépards sur plusieurs heures, observant leur stratégie de chasse au fil de la journée.
Éléphants, girafes et antilopes : les grands herbivores toujours présents
En dehors de la migration, la plupart des grands mammifères restent visibles et actifs en février :
- Éléphants : vous en verrez facilement dans le Tarangire, mais aussi dans certaines zones du Serengeti et du cratère du Ngorongoro. En février, le Tarangire commence à être un peu plus vert, les éléphants se dispersent davantage, mais les familles sont toujours bien visibles le long des rivières permanentes.
- Girafes : très présentes dans le Serengeti et autour de Lake Manyara. En février, je les observe souvent broutant des acacias, avec parfois des girafons encore un peu maladroits.
- Zèbres, gazelles, topis, impalas : en pleine forme après les pluies, ils profitent des herbes fraîches. Autour de Ndutu et du Serengeti sud, les zèbres accompagnent souvent les gnous, formant de gigantesques troupeaux mixtes.
Pour la photographie, février est idéal pour capter des scènes de comportement : interactions sociales, jeux des jeunes, parades de dominance chez les mâles, etc. La verdure apporte un contraste très esthétique sur les pelages, bien plus flatteur que la poussière ocre d’août.
Flamants, pélicans et oiseaux : le paradis des ornithologues
Avec la fin de la petite saison des pluies, de nombreuses zones humides sont remplies, ce qui attire une avifaune très variée :
- Sur Lake Manyara ou le Lac Natron (pour ceux qui poussent un peu plus au nord), les flamants forment parfois de grands rassemblements.
- De nombreuses espèces migratrices venues d’Europe sont encore présentes en février.
- Les rapaces profitent de la profusion de proies : aigles, buses, vautours se partagent le ciel.
Lors de mes safaris de février, j’ai passé de longues heures à observer les allées et venues des marabouts, cigognes et pélicans autour des points d’eau. Pour ceux qui s’intéressent sérieusement aux oiseaux, la Tanzanie en février est une mine d’or – mais il faut prévoir de rester un peu plus longtemps sur place pour alterner entre grands mammifères et ornithologie.
Parcs et régions à privilégier en février : où aller pour maximiser les rencontres animales
Serengeti sud et Ndutu : le cœur de l’action en février
Si je ne devais conseiller qu’une seule région pour un safari en février, ce serait sans hésitation le sud du Serengeti et la zone de Ndutu. C’est ici que la migration se concentre, c’est ici que les naissances ont lieu, et c’est ici que la densité de prédateurs est la plus frappante à cette période.
Concrètement :
- Prévoyez au moins 3 nuits dans le sud du Serengeti / Ndutu, idéalement 4, pour avoir le temps de suivre les mouvements des troupeaux.
- Choisissez un camp mobile ou semi-permanent qui se positionne spécifiquement dans cette région en février.
- Acceptez une certaine rusticité : les pistes peuvent être boueuses, et les nuits ponctuées de bruits d’animaux très proches du camp.
Sur une de mes nuits à Ndutu, le camp a été littéralement encerclé par un troupeau de gnous. Toute la nuit, j’ai entendu les grognements, le bruit des sabots et, au loin, les hyènes qui testaient la vigilance du groupe. Ce genre de moment ne se vit pas en haute saison sèche, quand les animaux sont plus dispersés.
Cratère du Ngorongoro : une densité animale hors norme
Le cratère du Ngorongoro reste une valeur sûre, quelle que soit la saison, mais février y apporte quelques nuances :
- La caldeira est verte, les contrastes avec les parois du cratère sont magnifiques.
- Les lions et les hyènes sont particulièrement visibles, profitant des plaines herbeuses pour chasser.
- Les rhinos noirs, très rares ailleurs, peuvent ici être observés avec un peu de patience (et un bon guide).
Pour optimiser, je recommande en général de descendre dans le cratère tôt le matin. La lumière est plus douce, la température fraîche, et les animaux sont plus actifs. En février, les averses ont tendance à arriver plutôt en fin de journée, ce qui laisse une bonne fenêtre de tir sur la matinée.
Tarangire et Lake Manyara : compléments intéressants selon la durée du séjour
Le Tarangire est surtout réputé pour ses incroyables concentrations d’éléphants et de buffles en saison sèche (août–octobre), quand les points d’eau se font rares. En février :
- les éléphants sont un peu plus dispersés, mais toujours présents ;
- les paysages sont plus verts, avec de beaux baobabs mis en valeur ;
- les oiseaux sont particulièrement nombreux le long de la rivière Tarangire.
Lake Manyara, lui, est un petit parc souvent sous-estimé. En février, j’y ai observé :
- des familles de babouins partout le long de la route principale ;
- des hippos bien visibles dans les zones marécageuses ;
- des flamants et autres oiseaux d’eau sur les rives du lac, selon le niveau d’eau de l’année.
Ces deux parcs sont de bons compléments sur un itinéraire d’une semaine ou plus. Ils permettent d’ajouter de la variété de paysages et de comportements animaux, tout en restant dans un périmètre logistique raisonnable autour d’Arusha.
Conseils pratiques pour un safari en Tanzanie en février : équipement, organisation, combinaisons avec la côte
Équipement à prévoir pour gérer météo et températures
Février demande une préparation un peu différente de la saison sèche. Dans mon sac, je garde toujours :
- Vêtements légers à manches longues : pour protéger du soleil et des moustiques, surtout en soirée.
- Une veste imperméable légère ou un poncho : les averses peuvent être soudaines et violentes en fin de journée.
- Une polaire fine ou un coupe-vent : utile pour les safaris matinaux dans le Ngorongoro ou en altitude.
- Chaussures fermées : les pistes peuvent être boueuses autour des camps.
- Protection anti-moustiques et crème solaire : l’humidité n’annule pas la puissance du soleil équatorial.
- Sacs étanches ou housses de protection pour le matériel photo : la pluie et la poussière fine peuvent faire des dégâts sur les objectifs et boîtiers.
Pour la photo animalière, un téléobjectif (200–400 mm ou plus) reste l’outil de base. Mais ne négligez pas un objectif plus large (24–70 mm, par exemple) pour capturer l’ambiance des plaines vertes, les nuages orageux et les camps au milieu de la brousse.
Organisation du safari : durée idéale et rythme des journées
En février, je conseille en général :
- Durée minimale de 7 à 10 jours sur place pour un vrai safari dans le nord de la Tanzanie.
- Une structure type :
- 1 nuit à Arusha (arrivée et récupération du vol) ;
- 2 jours entre Tarangire et/ou Lake Manyara selon vos envies ;
- 1 jour dans le cratère du Ngorongoro ;
- 3 à 4 jours dans le sud du Serengeti / Ndutu.
Les journées de safari en février se structurent en général ainsi :
- départ tôt le matin (6 h – 6 h 30) pour profiter de la fraîcheur et de l’activité animale maximale ;
- retour en fin de matinée ou en milieu de journée au camp pour déjeuner et se reposer pendant les heures les plus chaudes ;
- nouvelle sortie en fin d’après-midi, jusqu’au coucher du soleil, moment souvent clé pour les scènes de chasse ;
- soirée au camp, parfois interrompue par une averse tropicale qui donne un côté dramatique au ciel.
En février, je privilégie toujours des hébergements bien situés plutôt que de multiplier les déplacements : la pluie peut rendre certains trajets plus longs, et il est souvent plus sage de concentrer son temps près des zones où se trouvent les animaux, surtout dans le sud du Serengeti.
Combiner safari et littoral : profiter de la chaleur de février
Février est aussi un très bon mois pour prolonger son séjour sur la côte ou à Zanzibar. Les températures y sont chaudes, l’eau est agréable pour la baignade, et les plages relativement calmes avant l’afflux de la grande saison touristique européenne.
Pour construire un voyage cohérent, je recommande souvent :
- 7 à 10 jours de safari dans le nord de la Tanzanie ;
- puis 4 à 6 jours sur Zanzibar ou une autre île de l’archipel pour déconnecter.
Si vous envisagez cette combinaison, j’ai rassemblé toutes mes observations de terrain, mes conseils d’itinéraires et les retours d’expérience sur les conditions climatiques dans mon dossier complet consacré aux voyages en Tanzanie au mois de février. C’est une bonne base pour vérifier si cette période correspond réellement à votre façon de voyager.
Astuces personnelles pour mieux vivre un safari en février
Au fil des années, j’ai accumulé quelques réflexes spécifiques à cette période :
- Ne pas sous-estimer la fatigue : les réveils très matinaux enchaînés plusieurs jours de suite, combinés à la chaleur et aux déplacements en 4×4, finissent par peser. Prévoir une journée un peu plus “légère” au milieu du séjour peut sauver la fin du voyage.
- Accepter l’imprévu météo : une averse peut vous bloquer sur un spot pendant un moment. Souvent, c’est justement là que des scènes inattendues se produisent : lions sous la pluie, éléphants jouant dans la boue, arcs-en-ciel sur la savane.
- Dialoguer avec le guide : expliquer clairement ce que vous souhaitez privilégier (prédateurs, oiseaux, paysages, photo, etc.) l’aide à adapter les zones de recherche. En février, les animaux se concentrent différemment, et un bon guide ajustera ses trajets en conséquence.
- Garder un œil sur le ciel : en mars, la grande saison des pluies peut démarrer plus tôt certaines années. Si vous partez fin février, informez-vous sur les tendances climatiques récentes : certains secteurs deviennent plus difficiles d’accès en 4×4.
Février n’est ni la saison « parfaite » ni la saison « ratée » dont on entend parfois parler. C’est une période de transition, très vivante, où la nature est en mouvement constant. Pour celles et ceux qui recherchent un safari fort en émotions, avec des naissances, des chasses, des paysages verdoyants et une météo un peu imprévisible, c’est à mes yeux l’un des meilleurs moments pour découvrir la Tanzanie sauvage.
