Je me souviens très bien de ma première nuit à Arusha. J’avais passé la journée sur les pistes, épuisé mais surexcité à l’idée de trier mes photos de lions au coucher du soleil. Sauf qu’en arrivant au lodge, impossible de brancher mon chargeur d’appareil photo. Mauvaise prise, mauvais adaptateur, et la perspective d’un safari au Serengeti avec une batterie à 12 %. Cette erreur, je la vois encore trop souvent chez les voyageurs en Tanzanie.
La question des prises électriques en Tanzanie paraît secondaire quand on rêve déjà des plaines du Serengeti, du Kilimandjaro ou des plages de Zanzibar. Pourtant, une simple erreur peut vite gâcher une journée de safari ou vous priver de téléphone au moment où vous en avez le plus besoin. Dans cet article, je passe en revue les erreurs les plus fréquentes que je vois sur le terrain, et comment les éviter concrètement.
Comprendre les prises électriques en Tanzanie avant de partir
Les types de prises que vous trouverez en Tanzanie
En Tanzanie, vous trouverez principalement deux types de prises électriques :
- Prise de type D : trois broches rondes en triangle, format assez courant en Afrique de l’Est et dans certains pays d’Asie.
- Prise de type G : trois broches rectangulaires, le format britannique (le même qu’au Royaume-Uni, au Kenya ou en Ouganda).
Pour un voyageur français ou belge habitué aux prises de type E ou F, c’est un changement total. Votre chargeur de téléphone ou d’appareil photo ne s’insérera pas directement dans le mur sans adaptateur approprié.
Voltage et fréquence : ce que ça implique pour vos appareils
La Tanzanie utilise un courant de :
- 230 V de tension
- 50 Hz de fréquence
C’est proche de ce que l’on trouve en Europe (230 V – 50 Hz), donc pour la plupart des appareils récents (smartphones, ordinateurs portables, appareils photo, liseuses), il n’y a pas besoin de transformateur de tension, seulement d’un adaptateur de prise.
Le réflexe à avoir avant de partir : vérifier l’étiquette sur vos chargeurs. Si vous lisez quelque chose comme “Input : 100–240V, 50–60Hz”, vous êtes tranquille. Si en revanche, vous voyez un chargeur ancien avec un voltage limité (par exemple 110–120 V), il faudra un transformateur en plus de l’adaptateur, sous peine de griller l’appareil.
Pourquoi les voyageurs sous-estiment ce sujet
Sur le terrain, je rencontre deux profils :
- Ceux qui n’ont rien prévu et pensent trouver facilement un adaptateur en arrivant.
- Ceux qui ont un adaptateur… mais pas le bon modèle.
Les deux se trompent pour la même raison : ils sous-estiment la diversité des prises et la difficulté de trouver l’accessoire adéquat une fois en brousse ou dans un petit village de Tanzanie. À Arusha ou Dar es Salaam, vous trouverez toujours un centre commercial ou une boutique d’électronique, mais dès que vous partez sur les pistes, tout devient plus compliqué.
Erreurs fréquentes des voyageurs avec les prises électriques en Tanzanie
Erreur n°1 : Penser qu’un adaptateur “universel” suffit toujours
Sur le papier, l’adaptateur universel semble être l’arme absolue du voyageur moderne. En réalité, j’ai vu bien des galères avec ce type de matériel :
- Certains adaptateurs “universels” bon marché sont mal conçus et ne s’enclenchent pas correctement dans les prises de type D.
- Les broches sont parfois trop lâches, ce qui provoque des faux contacts et des coupures incessantes pendant la charge.
- Les multiprises universelles encombrantes prennent de la place et finissent par rester dans la valise… au lieu d’être dans le sac à dos de journée.
Ce que je recommande en pratique :
- Vérifier que votre adaptateur couvre clairement les types D et G.
- Privilégier un modèle compact et solide, plutôt qu’un gros bloc bourré d’options inutiles.
- Tester l’adaptateur à la maison avant le départ, sur une prise similaire (si vous en avez l’occasion) ou au moins vérifier la stabilité des différents modules.
Erreur n°2 : Ne prévoir qu’un seul adaptateur pour tout le voyage
C’est une erreur que je vois étonnamment souvent chez les couples ou les groupes d’amis. Ils partagent un seul adaptateur pour :
- Deux ou trois téléphones
- Un ou deux appareils photo
- Un ordinateur portable
- Parfois une batterie externe
Résultat : tout le monde veut charger en même temps, surtout le soir, après une longue journée de route ou de safari. Si vous ajoutez à cela un lodge avec seulement une ou deux prises dans la chambre, vous obtenez une belle cacophonie de câbles et des appareils qui ne chargent jamais complètement.
Ma règle personnelle : au moins deux adaptateurs pour deux personnes. Idéalement accompagnés d’une petite multiprise légère (format voyage) avec 2 ou 3 prises européennes et quelques ports USB. Cela permet :
- De tout charger en même temps pendant la nuit.
- De s’adapter à des lodges où une seule prise est disponible.
- D’éviter les conflits amicaux du type “je peux débrancher ton téléphone pour charger ma GoPro ?”.
Erreur n°3 : Oublier les coupures de courant fréquentes
En Tanzanie, surtout hors des grandes villes, les coupures de courant sont fréquentes. Dans certains camps de brousse, l’électricité est même limitée à quelques heures par jour, souvent le matin et en début de soirée, grâce à un générateur.
Les conséquences pour vos appareils :
- Une nuit sans électricité = pas de recharge possible.
- Certains lodges coupent le courant après 22h ou 23h.
- Dans les camps sous tente, il n’y a parfois des prises que dans les parties communes, pas dans les tentes individuelles.
Je me rappelle d’un camp dans le Serengeti où les seuls points de charge étaient au bar et à la réception, avec une multiprise pour tout le camp. À 20h, tout le monde se ruait pour brancher téléphones et batteries. Ceux qui arrivaient après devaient choisir : charger un appareil ou profiter tranquillement de la soirée au coin du feu.
Pour éviter ce genre de galère :
- Prévoyez au moins une batterie externe de bonne capacité (10 000 à 20 000 mAh minimum).
- Profitez de chaque moment où vous avez du courant pour recharger au maximum (dans le 4×4, au restaurant, dans les halls d’hôtel).
- Renseignez-vous dès l’arrivée dans un lodge sur les horaires d’électricité et les emplacements des prises disponibles pour les clients.
Erreur n°4 : Négliger la protection des appareils contre les surtensions
Dans certaines régions de Tanzanie, le courant peut être instable. Redémarrage de générateur, microcoupures, surtensions ponctuelles… rien de dramatique en soi, mais suffisant pour fatiguer ou abîmer des chargeurs sensibles.
Certains voyageurs repartent avec des adaptateurs grillés ou des chargeurs d’ordinateur hors service, sans trop comprendre ce qui s’est passé. Quand on travaille avec un ordinateur sur la route – ce qui est souvent mon cas – c’est un risque que je préfère anticiper.
Concrètement, ce que vous pouvez faire :
- Utiliser une multiprise avec protection contre les surtensions (format voyage si possible).
- Éviter de laisser vos appareils branchés en permanence quand vous êtes absent de la chambre.
- Brancher d’abord l’adaptateur et la multiprise, vérifier que tout est stable, puis brancher ensuite vos appareils.
Erreur n°5 : Croire que tous les hébergements fournissent des adaptateurs
Dans certains hôtels haut de gamme à Zanzibar ou Arusha, on trouve effectivement des adaptateurs disponibles à la réception. Mais sur le terrain, dans les guesthouses locales ou les camps de safari plus rustiques, c’est loin d’être une généralité.
Même quand des adaptateurs sont proposés, ils sont parfois :
- En nombre limité (premier arrivé, premier servi).
- Vétustes ou mal adaptés à vos prises.
- Confisqués par les voyageurs avant vous qui les gardent dans leur chambre… et oublient de les rendre.
Je l’ai vu souvent : un groupe entier compte sur la promesse “nous avons des adaptateurs disponibles”, et se retrouve finalement à improviser des systèmes de fortune avec des prises branlantes. Ça peut fonctionner, mais ce n’est ni confortable, ni sécurisé.
Mon conseil reste simple : ne comptez jamais sur l’hébergement pour les adaptateurs. Considérez-les toujours comme un bonus éventuel, jamais comme une garantie.
Bien préparer son matériel électrique avant un voyage en Tanzanie
La check-list minimale pour vos prises et appareils
Avant de partir, je me fais toujours une petite check-list dédiée à l’électricité. Pour la Tanzanie, je vous conseille au minimum :
- 2 adaptateurs compatibles prises D et G.
- 1 petite multiprise avec 2 ou 3 prises européennes + ports USB.
- 1 batterie externe de grande capacité (10 000 à 20 000 mAh).
- Les câbles de recharge en double pour les appareils essentiels (téléphone, appareil photo).
- Éventuellement, un chargeur de voiture (si vous faites un autotour avec véhicule de location).
Pour approfondir tous ces aspects pratiques, j’ai réuni encore plus de détails concrets dans notre article spécialisé sur tout ce qu’il faut savoir autour de la prise électrique en Tanzanie, avec des exemples de matériel testé sur le terrain.
Adapter sa consommation électrique au contexte local
Voyager en Tanzanie, c’est aussi accepter que l’électricité n’y soit pas aussi abondante et stable qu’en Europe. Cela implique quelques ajustements dans votre façon d’utiliser vos appareils :
- Limiter les applications gourmandes en batterie quand vous êtes loin des villes.
- Désactiver les données mobiles et le Bluetooth quand vous n’en avez pas besoin.
- Éviter de laisser votre écran à 100 % de luminosité en permanence.
- Programmer des sauvegardes (photos, vidéos) pendant les périodes où vous avez du courant.
Dans certains camps, j’ai pris l’habitude de me comporter un peu comme si j’étais en randonnée en montagne : je considère la batterie comme une ressource limitée à gérer intelligemment jusqu’au prochain endroit équipé de prises fiables.
Cas particulier : les photographes et vidéastes en safari
Si vous partez en Tanzanie pour un safari photo intensif, vos besoins en électricité explosent littéralement :
- Plusieurs batteries d’appareil photo à recharger.
- Parfois un drone (quand la réglementation locale l’autorise).
- Un ordinateur pour décharger les cartes mémoire et sauvegarder vos images.
Dans ce cas, je vous recommande :
- Au moins 2 à 3 batteries par boîtier photo.
- Un ou deux chargeurs supplémentaires (les chargeurs USB fonctionnent bien si vous avez une bonne multiprise).
- De toujours recharger dès que vous êtes dans le 4×4 équipé d’un convertisseur ou d’un port USB, même si la batterie n’est pas encore vide.
Lors d’un safari dans le Ngorongoro, j’ai croisé un photographe amateur qui n’avait qu’une seule batterie pour son reflex. Après deux heures d’observation d’un léopard dans un acacia, sa batterie l’a lâché au moment même où l’animal descendait de l’arbre. Ce genre de situation laisse un goût amer, alors qu’un peu d’anticipation côté équipement électrique aurait tout changé.
Situations concrètes et conseils pratiques sur le terrain
Dans les grandes villes : Arusha, Dar es Salaam, Zanzibar City
Dans les grandes villes tanzaniennes, vous trouverez plus facilement :
- Des boutiques d’électronique vendant adaptateurs et câbles.
- Des centres commerciaux avec du matériel d’importation.
- Des cafés et restaurants avec des prises accessibles aux clients.
C’est le bon moment pour :
- Racheter un adaptateur si vous avez perdu le vôtre en route.
- Tester vos appareils et vérifier que tout se charge correctement.
- Remplir vos batteries au maximum avant de partir sur plusieurs jours de safari.
En safari : lodges, camps de brousse et tentes
En brousse, le rapport à l’électricité change complètement. Voici quelques réalités que j’ai vécues plusieurs fois :
- Des prises uniquement dans la tente principale ou au bar, pas dans les chambres.
- Des horaires stricts où le générateur fonctionne (par exemple 6h–9h et 18h–22h).
- Des prises parfois déjà saturées par les chargeurs des autres voyageurs.
Dans ces conditions, une bonne organisation fait la différence :
- Identifier rapidement les endroits où vous pouvez brancher vos appareils.
- Planifier vos charges : batterie externe la nuit, téléphone et appareil photo en priorité le soir.
- Éviter de monopoliser une prise pendant des heures si chacun doit charger quelque chose.
Je garde toujours dans mon sac de journée :
- Un adaptateur
- Un petit câble USB
- Ma batterie externe
Comme ça, si une opportunité de recharge se présente pendant un arrêt déjeuner ou une pause café, je peux en profiter sans avoir à retourner à ma chambre.
En autotour : voiture de location et camping
Si vous partez en autotour en Tanzanie, avec véhicule de location et éventuellement nuits en camping, la gestion de l’électricité devient encore plus stratégique.
À prévoir :
- Un chargeur de voiture (allume-cigare ou USB, idéalement avec plusieurs ports).
- Un convertisseur 12V → 220V si vous devez absolument brancher des chargeurs classiques en roulant.
- Une ou deux batteries externes pour tenir plusieurs jours loin des prises fixes.
Sur les pistes de Tanzanie, j’ai pris l’habitude de considérer la voiture comme une “centrale électrique mobile”. Chaque kilomètre devient une opportunité de recharger quelque chose : téléphone, GPS, batterie d’action-cam… À condition d’avoir prévu le bon matériel.
Gérer la sécurité de vos appareils électriques
Au-delà des prises elles-mêmes, il faut aussi penser à la sécurité de vos appareils :
- Ne laissez pas votre téléphone ou votre ordinateur sans surveillance dans les zones communes, même dans un camp où l’ambiance semble très détendue.
- Préférez les prises dans votre chambre quand c’est possible, quitte à organiser vos temps de charge en fonction des horaires d’électricité.
- Transportez vos appareils électroniques dans un sac discret, pas dans une grande housse voyante qui attire l’attention.
Ce n’est pas la Tanzanie en particulier qui est en cause, mais une règle de base du voyage : un téléphone ou un appareil photo laissé sans surveillance sur un comptoir de bar reste une tentation, où que vous soyez dans le monde.
En préparant sérieusement la question des prises électriques et de l’alimentation de vos appareils avant votre départ, vous vous épargnerez beaucoup de petits tracas sur place. Cela laisse plus de temps et d’énergie pour ce qui compte vraiment : observer les éléphants du Tarangire au lever du soleil, les migrations de gnous dans le Serengeti, ou simplement profiter d’un coucher de soleil sur l’océan Indien à Zanzibar, sans avoir l’œil rivé sur le pourcentage restant de batterie de votre téléphone.
