Quand on parle de faune sauvage en Afrique, le Botswana s’impose comme l’un des pays les plus préservés et les plus spectaculaires du continent. Entre les marécages luxuriants de l’Okavango, les plaines sèches de Savuti, les pans lunaires du Makgadikgadi et les rivières bordées d’hippos du Chobe, on traverse en quelques jours une incroyable variété d’écosystèmes. C’est aussi l’un des meilleurs pays pour observer les Big Five (lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros) mais aussi des espèces rares comme le lycaon, le guépard, l’oryx ou encore l’outarde kori.
J’ai parcouru plusieurs fois le pays, en lodge, en bivouac et en self-drive, et à chaque voyage j’ai été frappé par la densité animale, mais aussi par l’importance de bien choisir ses parcs et sa saison pour profiter pleinement des observations. Dans cet article, je te propose un guide détaillé, basé sur mon expérience de terrain, pour t’aider à organiser ton futur voyage botswana autour de la faune sauvage.
Comprendre la faune sauvage du Botswana : une diversité exceptionnelle
Le succès du Botswana en matière de faune repose sur deux piliers : des zones immenses protégées et un tourisme volontairement limité. Résultat : moins de véhicules autour des animaux, plus de scènes de vie naturelle, et souvent la sensation d’être seul au monde.
Au Botswana, on peut observer :
- De gigantesques troupeaux d’éléphants, notamment le long de la rivière Chobe et dans le nord du pays.
- Des prédateurs en nombre : lions, léopards, hyènes, guépards, lycaons… parfois en pleine chasse.
- Une faune d’herbivores variée : buffles, zèbres, girafes, gnous, antilopes de toutes tailles (kudu, impala, lechwe, oryx, sable, roan…).
- Une avifaune impressionnante, surtout autour des zones humides : aigles pêcheurs, hérons, martins-pêcheurs, outardes, grues, etc.
Mais chaque région a ses spécialités. C’est là que ton itinéraire et la saison vont faire toute la différence.
Les meilleurs parcs du Botswana pour les Big Five
On pense souvent à l’Afrique du Sud pour les Big Five, mais le Botswana offre des conditions d’observations plus sauvages et généralement moins fréquentées. Tous les parcs ne permettent pas de voir les cinq, mais certains sont particulièrement stratégiques.
Moremi Game Reserve : le cœur animalier de l’Okavango
La réserve de Moremi, sur la partie est du delta de l’Okavango, est à mes yeux l’un des meilleurs endroits d’Afrique pour un safari complet, mêlant grands fauves, herbivores et oiseaux. C’est ici que j’ai vu certains de mes plus beaux léopards, souvent lovés dans les arbres au lever du soleil.
Pour les Big Five à Moremi :
- Lions : très présents, souvent visibles au petit matin ou en soirée, parfois au bord des pistes ou près des points d’eau.
- Léopards : excellente densité, surtout autour des zones boisées et des rivières. Les guides locaux les repèrent souvent aux traces et aux cris des singes.
- Éléphants : omniprésents, parfois en grands troupeaux, en particulier en saison sèche.
- Buffles : visibles en gros troupeaux, notamment en bordure de marais et de lagunes.
- Rhinocéros : encore discrets, mais présents grâce à des programmes de réintroduction et de protection. Les chances de les voir restent plus aléatoires que pour les autres.
Moremi est aussi une excellente base pour combiner safaris en 4×4 et excursions en bateau ou en mokoro (pirogue traditionnelle) dans le cadre d’un botswana safari okavango delta.
Chobe National Park : le royaume des éléphants et des buffles
Le parc de Chobe, au nord du pays, est mondialement connu pour ses immenses concentrations d’éléphants. Lors de mon premier safari en bateau sur la rivière Chobe, j’ai compté plus de 200 éléphants en moins de deux heures, traversant l’eau ou se baignant sur les rives. C’est le parque idéal pour comprendre la force des saisons sèches africaines.
Pour les Big Five à Chobe :
- Éléphants : l’une des plus grandes populations d’Afrique, visibles toute l’année, avec un pic en saison sèche.
- Buffles : gros troupeaux le long de la rivière, souvent accompagnés de lions.
- Lions : fréquemment observés, parfois même lors d’affrontements avec les buffles.
- Léopards : présents, mais plus difficiles à voir que les lions. Les zones boisées près de la rivière sont favorables.
- Rhinocéros : beaucoup plus rares à Chobe même, à cause du braconnage historique ; on les observe plutôt dans des réserves privées ou zones très protégées.
Chobe se prête particulièrement bien à un combiné safari 4×4 + croisière sur la rivière, ce qui permet d’observer les animaux sous des angles totalement différents.
Parc national de Makgadikgadi et Nxai Pan : zèbres, prédateurs et paysages lunaires
Les pans salés de Makgadikgadi et Nxai Pan offrent un paysage radicalement différent : vastes étendues blanches, îlots de palmiers, horizons infinis. Ce n’est pas le meilleur endroit pour cocher mécaniquement les Big Five, mais c’est l’un des plus fascinants pour les migrations de zèbres et la lumière.
Pour les Big Five :
- Lions : présents, notamment autour des points d’eau saisonniers et lors des migrations de zèbres.
- Léopards, buffles, éléphants, rhinos : plus rares et moins prévisibles que dans Moremi ou Chobe.
En revanche, c’est une excellente région pour :
- Les zèbres migrateurs (une des plus grandes migrations terrestres d’Afrique).
- Les guépards, qui profitent des grandes plaines ouvertes.
- Des scènes incroyables de solitude et de lumière au lever et au coucher du soleil.
Les espèces rares et emblématiques à observer au Botswana
Au-delà des Big Five, ce sont souvent les espèces moins connues qui marquent le plus un safari au Botswana. Certaines sont vraiment difficiles à voir dans d’autres pays africains, ou beaucoup plus craintives.
Lycaons (chiens sauvages africains)
Le lycaon est l’une des espèces les plus menacées et les plus fascinantes d’Afrique. Le Botswana est l’un des derniers bastions où ses populations sont encore relativement stables. J’ai eu la chance d’assister à une scène de chasse de lycaons près de Khwai, un moment à la fois brutal et captivant.
Où et quand les voir :
- Moremi (en particulier la zone de Khwai) et certaines concessions privées du delta de l’Okavango.
- Saison sèche : les meutes se concentrent davantage et les observations sont plus faciles.
- Observer les lycaons en chasse se fait plutôt tôt le matin ou en fin d’après-midi.
Guépards
Le guépard préfère les grandes plaines ouvertes, ce qui le rend plus facile à voir dans les régions comme :
- Makgadikgadi et Nxai Pan.
- Le secteur de Savuti, dans le parc de Chobe, surtout en saison sèche.
Les guépards sont souvent plus actifs au lever du jour, quand les températures sont encore fraîches. Leurs chances de succès à la chasse diminuent fortement avec la chaleur.
Antilopes rares : oryx, antilope sable, antilope rouanne
Le Botswana est un paradis pour les amateurs d’antilopes, et certaines espèces y sont particulièrement bien représentées :
- Oryx (gemsbok) : typique des régions plus arides, on l’observe dans les zones de pans et les régions plus sèches à l’est et au sud.
- Antilope sable : très élégante, avec ses grandes cornes recourbées. On la trouve parfois dans les zones boisées proches de Chobe et Linyanti.
- Antilope rouanne (roan) : assez rare, mais possible à voir dans certains secteurs reculés des parcs du nord.
Oiseaux rares et emblématiques
Pour les passionnés d’ornithologie, le Botswana est un terrain de jeu exceptionnel :
- Outarde kori : l’un des plus gros oiseaux volants du monde, souvent visible dans les plaines de Savuti et Nxai Pan.
- Aigle pêcheur africain : emblématique de l’Okavango et de la rivière Chobe.
- Jacana africain : littéralement “marchant sur l’eau” grâce à ses longs doigts, dans les lagunes de l’Okavango.
- Des dizaines d’espèces de martins-pêcheurs, hérons, rolliers, guêpiers…
Les meilleures saisons pour observer la faune au Botswana
Au Botswana, les saisons sont plus importantes que les calendriers touristiques. Les mêmes parcs peuvent offrir une expérience totalement différente selon que l’on y va en saison sèche ou en saison des pluies.
Saison sèche (mai à octobre) : le paradis des observations
C’est, en règle générale, la meilleure période pour la plupart des safaris au Botswana. Les points clés :
- Végétation plus basse et moins dense : les animaux sont plus visibles.
- Faune concentrée autour des points d’eau : rivières, lagunes permanentes, puits artificiels.
- Températures plus fraîches (surtout la nuit en juin-juillet) : plus agréables pour les safaris.
Parcs particulièrement intéressants en saison sèche :
- Chobe : énormes concentrations d’éléphants et de buffles sur les rives de la rivière.
- Moremi & Delta de l’Okavango : belle combinaison d’observations terrestres et aquatiques.
- Savuti : très bon pour les lions, les hyènes et parfois les guépards.
- Makgadikgadi/Nxai Pan : paysages superbes, même si certaines zones sont plus calmes en plein hiver austral.
Saison des pluies (novembre à mars) : couleurs, naissances et oiseaux
La saison des pluies est souvent boudée à tort. Oui, les observations de grandes concentrations peuvent être plus difficiles, mais l’expérience est complètement différente et parfois très intéressante.
Ce que j’apprécie particulièrement à cette période :
- Paysages verts et ciel spectaculaire : lumière incroyable pour la photographie.
- Naissances : beaucoup de jeunes antilopes, zèbres, gnous… et donc une activité accrue des prédateurs.
- Oiseaux migrateurs : le paradis des ornithologues.
- Moins de monde : certains camps baissent leurs tarifs, on se sent encore plus seul.
Certaines régions deviennent cependant difficiles d’accès en self-drive à cause de la boue. Si tu rêves de botswana en 4×4 autonome à cette période, il faut bien préparer l’itinéraire et accepter une part d’imprévu.
Entre deux saisons : avril-mai et septembre-octobre
Les périodes de transition peuvent être excellentes :
- Avril-mai : la végétation est encore verte, mais les premières concentrations animale commencent, et les températures restent agréables.
- Septembre-octobre : très fortes concentrations autour de l’eau, mais chaleur parfois intense, surtout en octobre.
Si tu supportes bien la chaleur, octobre peut être incroyable pour voir des scènes de chasse et beaucoup d’animaux autour des rares points d’eau encore disponibles.
Quel parc pour quel animal ? Mon retour d’expérience
Pour t’aider à construire ton propre circuit d’observation, voici une synthèse rapide par grandes régions, basée sur mes voyages sur place.
Moremi & Delta de l’Okavango – pour un safari “carte postale” ultracomplet :
- Excellent pour lions, léopards, éléphants, buffles.
- Bonne zone pour le lycaon, surtout en saison sèche.
- Parfait pour les safaris mixant 4×4, bateau et mokoro.
Chobe (secteur rivière) – pour les grands troupeaux :
- Incontournable pour les éléphants et les buffles.
- Beaux lions, parfois des léopards.
- Idéal pour les safaris en bateau, très photogéniques.
Savuti – pour les prédateurs et les grandes scènes de chasse :
- Très bon pour les lions, souvent autour des carcasses de buffles ou d’éléphants.
- Guépards possibles dans les plaines.
- Hyènes tachetées régulièrement observées.
Makgadikgadi & Nxai Pan – pour les grands espaces et les migrations :
- Superbe pour les zèbres migrateurs (surtout en début de saison des pluies).
- Guépards, parfois lions.
- Paysages uniques, ciel immense, très beau pour la photo.
Séjour en lodge ou safari camping : quel impact sur l’observation ?
Au Botswana, le type de voyage choisi influence beaucoup ta manière de vivre la faune.
Lodges et camps de brousse :
- Guides professionnels qui connaissent parfaitement leur zone.
- Activités variées (4×4, bateau, mokoro, parfois marche).
- Confort appréciable après de longues journées de piste.
Self-drive & camping :
- Liberté totale de rythme et d’itinéraire.
- Immersion très forte : entendre les lions rugir depuis la tente reste un souvenir inoubliable.
- Exige une bonne préparation : gestion du 4×4, du ravitaillement, de la sécurité avec la faune.
Si tu rêves d’une aventure en autonomie en pleine brousse, je te recommande de jeter un œil à mon article dédié au safari camping Botswana, où j’explique en détail comment organiser ce type d’expédition.
Préparer son voyage faune sauvage au Botswana : aspects pratiques
Avant de partir photographier tes premiers éléphants, quelques points pratiques sont à anticiper :
- Formalités : renseigne-toi en amont sur les conditions de visa Botswana, même si pour de nombreuses nationalités un séjour touristique court ne nécessite pas de visa payant, les règles peuvent évoluer.
- Transport interne : vols en petits avions-brousse (charters) ou itinéraire en 4×4 de location. Le second est idéal si tu envisages un botswana en 4×4 sur plusieurs semaines.
- Budget : le Botswana est l’une des destinations safari les plus chères, surtout en haute saison, mais il existe des options plus abordables en camping ou en combinant différentes régions.
- Matériel photo : un téléobjectif (200–400 mm ou plus) est un vrai plus pour les portraits animaliers et les scènes à distance.
- Respect de la faune : garder ses distances, ne pas nourrir les animaux, limiter le bruit, suivre les consignes des guides. C’est la clé pour préserver ce paradis.
Que tu rêves d’un séjour en lodge haut de gamme dans le delta, d’une traversée en 4×4 avec campements sauvages, ou d’un itinéraire combinant plusieurs parcs, l’essentiel est de penser ton voyage botswana en fonction des animaux que tu veux voir et des saisons adaptées. Le pays offre une densité et une diversité de faune presque inégalées, mais ce sont les bons choix de parcs, de timing et de mode de voyage qui feront toute la différence sur le terrain.
Au fil de mes séjours, j’ai appris qu’au Botswana, on ne coche pas seulement des listes d’animaux : on vit surtout des moments de brousse intenses, souvent en petit comité, dans des paysages encore largement intacts. C’est ce qui en fait, à mes yeux, l’un des plus beaux terrains de safari d’Afrique pour les Big Five… et pour toutes ces espèces rares qui continuent de faire battre un peu plus vite mon cœur de voyageur.
