Le delta de l’Okavango est l’un de ces lieux qui marquent une vie de voyageur. La première fois que j’y ai posé le pied, après un vol en petit avion au-dessus des méandres verts et bleus, j’ai compris pourquoi tant de passionnés de safaris rêvent du Botswana. Ici, l’eau rencontre le désert du Kalahari, la faune sauvage règne en maître et le temps semble suspendu. Dans cet article, je te partage mon guide complet pour explorer ce joyau unique d’Afrique australe, avec l’œil d’un voyageur passionné de safaris et de grands espaces.
Pourquoi le delta de l’Okavango est si unique ?
Le delta de l’Okavango est un phénomène géographique à part. Contrairement aux autres grands deltas du monde, il ne se jette pas dans la mer, mais s’épanouit au cœur d’un immense bassin aride : le désert du Kalahari. Les eaux de l’Okavango naissent en Angola, traversent la Namibie, puis se dispersent en un labyrinthe de canaux, de lagunes et d’îlots au nord du Botswana.
Conséquence : une zone humide gigantesque qui attire une densité incroyable d’animaux, notamment en saison sèche quand l’eau manque ailleurs. C’est un véritable oasis pour :
- Les éléphants, très nombreux et relativement habitués aux véhicules
- Les lions, léopards et parfois les lycaons (chiens sauvages d’Afrique)
- Les buffles, les antilopes et les hippopotames
- Une infinité d’oiseaux, des martins-pêcheurs aux aigles pêcheurs en passant par les grues et les hérons
Le delta offre aussi une variété de paysages rare en Afrique australe : grandes plaines inondées, forêts de mopanes, îlots boisés, chenaux étroits bordés de roseaux… Chaque sortie en safari réserve une ambiance différente.
Quand partir en safari dans le delta de l’Okavango ?
Le Botswana a un climat semi-aride, mais l’Okavango obéit à une logique un peu particulière : les crues du delta arrivent avec décalage par rapport aux pluies. Il est donc important de bien choisir ta période de voyage.
En très résumé, on distingue deux grands moments pour un safari dans le delta :
- Saison sèche / crue du delta (mai à octobre) : c’est la période la plus prisée. Le niveau de l’eau monte progressivement dans le delta, mais il pleut rarement. La végétation est plus dégagée, les animaux se concentrent autour des points d’eau, et les conditions d’observation sont optimales.
- Saison verte / saison des pluies (novembre à avril) : les orages de fin de journée sont fréquents, la végétation est plus dense et les pistes parfois boueuses. Mais les paysages sont sublimes, les prix plus doux, et c’est la grande saison des oiseaux et des naissances chez les herbivores.
Mes périodes préférées pour le delta sont généralement juin-juillet (eau bien présente, nuits fraîches mais très belle lumière) et septembre-octobre (très sec, chaud, énormément d’animaux autour des rares points d’eau). Si tu redoutes la chaleur intense, évite la fin octobre.
Comment accéder au delta de l’Okavango ?
La porte d’entrée la plus connue du delta est la petite ville de Maun, au nord du Botswana. C’est là que j’ai atterri la plupart de mes voyages dans la région. Depuis Maun, tu as plusieurs options :
- Vols en petit avion vers les camps et lodges : c’est l’option la plus classique pour explorer le cœur inondé du delta. Tu survoles pendant 20 à 45 minutes un patchwork d’îles et de canaux, déjà un moment magique en soi. Ces vols sont souvent inclus dans les séjours en lodges.
- Safari en 4×4 par la route : pour les parties plus “sèches” du delta ou les zones périphériques (Moremi Game Reserve, Khwai, etc.), les transferts se font en véhicules tout-terrain. Les pistes sont parfois difficiles, mais l’aventure est au rendez-vous.
- Mokoro depuis les villages riverains : certaines excursions à la journée ou de deux jours commencent directement depuis des villages proches de Maun. On rejoint alors les parties accessibles du delta en pirogue traditionnelle.
Si tu prépares un voyage botswana plus large, tu peux facilement combiner le delta avec le parc de Chobe, les pans salés (Makgadikgadi, Nxai Pan) ou même les chutes Victoria côté Zimbabwe ou Zambie.
Les différents types de safaris dans le delta
Le grand atout du delta de l’Okavango, c’est la diversité des expériences possibles. Chaque mode de safari offre une façon différente d’entrer en contact avec la nature.
Le safari en mokoro (pirogue)
C’est l’icône absolue du delta. Le mokoro est une pirogue traditionnelle, jadis taillée dans un tronc d’arbre, aujourd’hui le plus souvent en fibre de verre pour préserver les ressources. Tu t’installes confortablement, et un guide local, debout à l’arrière, fait avancer la pirogue avec une longue perche.
Les sensations sont uniques :
- Tu glisses silencieusement sur l’eau, au milieu des nénuphars
- Tu entends les bruits d’hippopotames, de grenouilles et d’oiseaux tout autour de toi
- Tu observes de près les petits détails : libellules, papyrus, traces d’animaux sur les berges
Les safaris en mokoro sont en général proposés le matin ou en fin d’après-midi. Certains circuits incluent des nuits sur des îlots, en tente légère, pour une immersion totale.
Le safari en 4×4
Pour l’observation des grands mammifères, rien ne remplace le 4×4. Les véhicules de safari sont ouverts, surélevés, et permettent d’entrer dans des zones plus sèches ou inondées selon la saison. C’est avec ce type de sortie que j’ai eu mes plus belles rencontres avec les lions, les léopards et les lycaons.
Une journée type en 4×4 dans le delta ou la réserve de Moremi ressemble souvent à ça :
- Départ très tôt au lever du soleil, quand les prédateurs sont encore actifs
- Pause café au milieu de la brousse, avec vue sur un point d’eau
- Retour au camp pour le brunch et repos aux heures les plus chaudes
- Sortie l’après-midi jusqu’au coucher du soleil, avec souvent un apéritif (“sundowner”) au milieu de paysages grandioses
Le safari à pied
Le safari pédestre se pratique surtout sur certains îlots et dans des zones où la présence de grands prédateurs est moindre ou bien gérée. Toujours accompagné d’un guide expérimenté, tu apprends à lire les traces, à identifier les plantes, à reconnaître les sons. Ce n’est pas l’activité pour “voir le plus d’animaux”, mais pour ressentir profondément l’environnement.
Le safari en bateau à moteur
Dans certaines concessions inondées, des sorties en bateau à moteur sont proposées. Elles permettent d’explorer des canaux plus larges, d’approcher les hippopotames et les crocodiles à bonne distance, et d’observer de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau. Au coucher du soleil, la lumière sur les eaux du delta est tout simplement fantastique.
Où dormir dans le delta de l’Okavango ?
L’hébergement joue un rôle énorme dans l’expérience que tu vas vivre. Le Botswana a fait le choix d’un tourisme “haut de gamme à faible impact” : peu de camps, peu de visiteurs, mais des prix souvent plus élevés que dans d’autres pays d’Afrique.
Tu trouveras principalement :
- Des camps de tente de luxe : tentes spacieuses avec lits confortables, salle de bain privative, parfois piscine, service attentionné. On parle ici de “glamping” plus que de camping basique.
- Des lodges sur pilotis : intégrés dans l’environnement, souvent au bord de lagunes ou de canaux, avec de beaux points de vue sur la faune.
- Des camps mobiles : montés pour quelques jours sur une zone, puis déplacés. C’est une formule que j’aime beaucoup pour son côté nomade et proche de la nature.
Pour les voyageurs qui rêvent d’un safari camping Botswana, il existe aussi des possibilités de camping plus “roots” dans certaines zones et réserves, à condition d’être bien équipé et encadré. On dort alors dans des tentes simples, parfois au son des hippopotames ou des hyènes au loin… sensations garanties.
Itinéraires recommandés autour de l’Okavango
Le delta s’intègre rarement seul dans un itinéraire. Voici quelques combinaisons qui fonctionnent très bien, d’après mes propres voyages et ceux de mes proches :
Delta de l’Okavango + Moremi + Khwai (7 à 10 jours)
- 2-3 nuits dans une concession du delta “pur”, avec traversées en mokoro et safaris bateau
- 2-3 nuits dans la réserve de Moremi, plus variée, avec safaris 4×4
- 2-3 nuits à Khwai (zone communautaire), très riche en faune et souvent plus abordable
Cet itinéraire te donne une belle palette de paysages et de modes de safari.
Delta de l’Okavango + Chobe + Chutes Victoria (10 à 14 jours)
- 3-4 nuits dans le delta
- 3-4 nuits dans le parc national de Chobe, célèbre pour ses immenses troupeaux d’éléphants
- 2-3 nuits aux chutes Victoria, côté Zimbabwe ou Zambie, pour terminer sur une note spectaculaire
Un grand classique de l’Afrique australe, idéal pour un premier voyage dans la région.
Autotour en 4×4 au Botswana avec passage par le delta
Pour les voyageurs autonomes, il est possible de découvrir le botswana en 4×4, en alternant parcs nationaux, pans salés et bordure du delta. Cette option demande une bonne préparation : réservation des emplacements de camping, gestion des stocks de nourriture, maîtrise de la conduite tout-terrain.
Personnellement, j’apprécie souvent une formule mixte : quelques jours en autonomie, puis 3-4 nuits dans un camp du delta accessible uniquement en avion, pour profiter d’une parenthèse plus confortable et se laisser porter.
Budget : combien coûte un safari dans le delta ?
Le Botswana, et en particulier le delta de l’Okavango, est l’une des destinations de safari les plus chères du continent. Ce n’est pas forcément une destination “backpacker”, mais il existe des moyens d’optimiser le budget.
Les principaux postes de dépenses sont :
- Les vols internationaux jusqu’à Maun (souvent via Johannesburg)
- Les vols en petit avion entre les camps, qui représentent une part non négligeable du coût
- L’hébergement en pension complète (souvent incluant les safaris et parfois les boissons)
- Les frais de parcs et de concessions privées
En lodge de qualité correcte, compte généralement un budget par jour et par personne assez élevé, surtout en haute saison. Les camps plus simples, les séjours en camping encadré ou les circuits combinant plusieurs modes de voyage peuvent réduire un peu la facture.
Pour un bon safari dans le delta, je recommande d’y consacrer au minimum 3 à 4 nuits sur place. En-dessous, on a vite le sentiment de ne faire qu’effleurer ce territoire immense.
Faune sauvage : que peut-on observer dans le delta ?
Le delta de l’Okavango est l’un des meilleurs endroits au monde pour observer la faune sauvage botswana. La liste des espèces est longue, mais voici quelques-unes des rencontres que j’y ai faites et que tu as de bonnes chances de vivre toi aussi :
- Éléphants : omniprésents, souvent en petits groupes familiaux. Ils se déplacent de l’eau vers les zones plus sèches et inversement, offrant de très belles scènes.
- Lions : certaines zones, comme Moremi et Khwai, abritent des clans de lions habitués à chasser dans l’eau ou près des canaux, un comportement fascinant à observer.
- Léopards : maîtres de la discrétion, mais assez fréquents dans les zones boisées. J’en ai vu plusieurs fois perchés sur des arbres, guettant les impalas.
- Lycaons (chiens sauvages) : espèces menacées mais encore bien présentes dans certaines concessions. Les suivre en chasse est un moment intense, et assez rare à vivre.
- Hippopotames et crocodiles : très nombreux dans les canaux, lagunes et rivières.
- Antilopes variées : impalas, red lechwe (antilopes adaptées aux zones humides), cobes lechwe, sitatunga dans les zones les plus aquatiques, etc.
- Oiseaux : le paradis des ornithologues, avec hérons, aigles, jacanas, grues, outardes, martins-pêcheurs, rolliers, et bien d’autres.
La richesse du delta réside aussi dans les interactions entre espèces : chasses, confrontations, scènes de vie quotidienne. En restant plusieurs jours dans une même zone, tu multiplies les chances d’assister à ces moments forts.
Formalités, santé et sécurité pour un safari au Botswana
Avant de réserver ton voyage, vérifie toujours les informations les plus récentes sur les formalités d’entrée. Pour approfondir, j’ai détaillé ces aspects dans un article dédié au visa Botswana, mais voici les grandes lignes à garder en tête :
- Documents de voyage : passeport en cours de validité, billet retour, preuves d’hébergement.
- Vaccins : se renseigner auprès d’un centre de vaccinations internationales. La fièvre jaune peut être exigée si tu arrives d’un pays à risque. Les vaccins universels doivent être à jour.
- Paludisme : certaines zones du nord du Botswana, dont l’Okavango, sont à risque. Une prophylaxie antipaludique est souvent recommandée, en plus de mesures de protection (répulsifs, vêtements longs au crépuscule, moustiquaires).
- Assurance voyage : indispensable, incluant rapatriement et prise en charge en cas d’évacuation sanitaire (les distances sont longues, et les camps souvent isolés).
Sur place, les camps et opérateurs de safari sérieux appliquent des protocoles de sécurité stricts : briefing à l’arrivée, règles à respecter lors des sorties (ne pas se lever dans le véhicule, pas de mouvements brusques près des animaux, etc.). En suivant les consignes, un safari dans le delta est une expérience sûre, même en présence de grands prédateurs.
Conseils pratiques pour profiter au maximum de l’Okavango
Quelques recommandations issues de mes propres expériences dans le delta :
- Privilégie les séjours en petite structure : camps de taille limitée, avec peu de véhicules. Tu auras une expérience plus tranquille, plus flexible, plus intimiste.
- Ne surcharge pas ton programme : mieux vaut 4 nuits dans un même camp que 2 nuits dans deux camps différents. Tu t’immergeras davantage dans une zone, ce qui donne souvent de meilleures observations.
- Emporte des jumelles de qualité : elles changent la façon dont tu observes la faune, surtout les oiseaux et les scènes un peu éloignées.
- Prévois des vêtements adaptés : couches légères superposables, un bon coupe-vent pour les sorties matinales en 4×4, un chapeau, des lunettes de soleil, et des couleurs neutres (beige, kaki, marron).
- Accepte le rythme de la nature : certains jours seront plus calmes que d’autres. Un safari n’est pas un zoo. C’est cette part d’imprévisible qui en fait la magie.
Un mot sur l’éthique et la préservation du delta
Le delta de l’Okavango est un écosystème fragile, reconnu au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le modèle touristique du Botswana repose sur l’idée que moins de visiteurs, mieux encadrés et prêts à payer plus cher, valent mieux que des foules nombreuses.
En tant que voyageur, tu peux agir à ton niveau :
- En choisissant des opérateurs et camps engagés dans la conservation et le soutien aux communautés locales
- En respectant scrupuleusement les consignes des guides lors des safaris
- En limitant les déchets, en particulier plastiques
- En restant conscient que tu es un invité dans un territoire où la faune est prioritaire
Chaque séjour responsable contribue à maintenir ce modèle et à préserver ce joyau pour les générations futures.
Explorer le delta de l’Okavango, c’est entrer dans un des derniers grands sanctuaires sauvages du continent africain. Que tu choisisses un camp de luxe, un circuit en camping ou un road trip plus aventureux, l’important est de prendre le temps d’écouter, d’observer, et de laisser ce paysage aquatique et animal façonner tes souvenirs de voyage pour longtemps.
