dar a salam : guide des incontournables et conseils pratiques

Dar es Salaam, ou “dar a salam” comme on l’entend parfois prononcé et orthographié, c’est souvent une simple étape sur un billet d’avion vers un safari en Tanzanie. Pourtant, la ville mérite bien plus qu’un transit expédié. C’est une porte d’entrée sur l’Afrique de l’Est, mais aussi un monde en soi : un mélange dense et brut d’océan Indien, de circulation anarchique, de marchés survoltés, de lieux de culte serrés les uns contre les autres, et de quartiers où la vie coule à un rythme que seuls les habitants semblent réellement maîtriser.

Quand j’y ai posé le pied pour la première fois, je venais pour un voyage orienté safari dans les grands parcs nationaux du sud. Dar a salam n’était, sur le papier, qu’un point de passage. En pratique, j’ai dû apprivoiser la ville : trouver un taxi fiable à la sortie de l’aéroport, comprendre comment éviter les embouteillages mortels de la fin d’après-midi, négocier mon premier trajet en dala-dala (minibus local) et dénicher un restaurant où manger du poisson ultra-frais sans me faire assommer par les prix “spécial touristes”. C’est là que j’ai compris qu’ignorer Dar es Salaam, c’était se priver d’une bonne partie de la Tanzanie réelle.

Si vous préparez votre voyage, que ce soit pour un safari, un séjour balnéaire à Zanzibar ou un autotour plus ambitieux dans tout le pays, passer par cette ville est quasiment incontournable. Autant en tirer le meilleur. Dans cet article, je vous propose une vision claire, sans filtre et concrète de Dar es Salaam : comment la ville est organisée, ce qu’il y a à voir, comment la vivre sans stress, et surtout comment l’intégrer intelligemment à votre itinéraire en Afrique. On va parler transports, quartiers, sécurité, budget, mais aussi de ces petits moments du quotidien qui font qu’un voyage devient un vrai souvenir, bien ancré dans la mémoire.

Comprendre Dar es Salaam : géographie, ambiance et meilleurs moments pour y aller

Dar es Salaam est la plus grande ville de Tanzanie et son centre économique. Elle n’est plus officiellement la capitale politique (c’est Dodoma), mais en pratique, beaucoup de décisions et d’échanges passent encore par ici. La ville est posée sur la côte de l’océan Indien, avec un port très actif qui structure une bonne partie de la vie locale. Oubliez les capitales africaines aux avenues rectilignes : Dar a salam est plutôt un enchevêtrement de routes, de quartiers populaires, de zones résidentielles cossues et de marchés qui débordent sur les trottoirs.

Géographiquement, pour un voyageur, on peut simplifier la ville en quelques zones clés :

  • Le centre (City Centre / Posta) : mélange de vieux bâtiments coloniaux, d’immeubles modernes, de bureaux, de mosquées, d’églises et de marchés. C’est là que vous ressentirez le mieux l’énergie brute de Dar es Salaam.
  • Oyster Bay et Masaki : quartiers plus résidentiels et expat, au nord du centre, le long de la côte. C’est là que se trouvent pas mal d’hôtels confortables, de restaurants occidentalisés, de bars branchés. Plus calme, plus cher, plus “facile” pour une première prise de contact.
  • Kariakoo : un quartier très commerçant, dense, parfois étouffant, mais fascinant. On y trouve un marché immense, des boutiques d’à peu près tout, et une ambiance qui ne laisse personne indifférent.
  • La zone du port et des ferries : stratégique si vous partez pour Zanzibar, Pemba ou Mafia. Ici, l’aspect pratique prend le dessus : billetteries, terminaux, contrôles.

L’ambiance est marquée par un mélange culturel fort. La population est majoritairement africaine, mais l’héritage arabe et indien est très présent, surtout dans l’architecture, la gastronomie et la pratique religieuse. Vous entendrez souvent “salaam” dans les salutations, reflet de l’influence musulmane historique sur la côte swahilie. Les lieux de culte se croisent dans la même rue : mosquées, églises catholiques, temples hindous.

Côté climat, Dar es Salaam est chaude et humide presque toute l’année. Pour être concret :

  • Températures : rarement en dessous de 25°C, souvent autour de 30°C avec un ressenti plus élevé à cause de l’humidité.
  • Saison des pluies longue : de mars à mai, avec parfois des pluies diluviennes qui bloquent carrément certains axes. Voyager dans la ville reste possible, mais il faut anticiper les retards et les grosses flaques.
  • Saison des pluies courte : octobre-novembre, plus irrégulière.
  • Période généralement la plus agréable : juin à septembre, température un peu plus supportable, humidité moindre. Pour votre voyage, si vous avez le choix, viser cette tranche vous simplifiera la vie.

Un point important : Dar es Salaam est une ville qui fatigue vite. Entre la chaleur, les embouteillages, le bruit et l’agitation, vouloir “tout voir” en un temps record est le meilleur moyen de l’apprécier de travers. Le bon réflexe, c’est de l’aborder en séquences courtes : une demi-journée de marche, puis un retour au calme dans un café climatisé ou votre hébergement, puis un nouveau temps d’exploration. C’est valable surtout si c’est votre première fois en Afrique de l’Est.

Enfin, gardez en tête que Dar es Salaam n’est pas qu’une “ville vitrine” pour touristes. Elle vit d’abord pour elle-même : activités portuaires, commerce national, administrations, petites entreprises. En tant que voyageur, vous êtes un observateur de cette dynamique plus que le centre de l’attention. C’est ce qui en fait un bon terrain d’immersion pour comprendre la Tanzanie d’aujourd’hui, au-delà des parcs nationaux et des plages de carte postale.

Explorer Dar es Salaam : quartiers, marchés, culture et lieux de culte

Pour entrer dans le vif du sujet, il faut accepter que Dar es Salaam ne se visite pas comme une ville-musée. Il n’y a pas “un” monument national iconique qui concentrerait tout l’intérêt. Ce qui compte ici, ce sont les quartiers, les interactions et les scènes de rue. C’est un terrain idéal pour qui aime sentir la ville plus que la cocher sur une liste de sites.

Le centre-ville (Posta) est une bonne base de départ. En marchant, on tombe rapidement sur des bâtiments hérités de la période coloniale allemande puis britannique, souvent un peu décrépits mais encore debout : façades aux balcons travaillés, vieilles banques, immeubles administratifs. Ce n’est pas du patrimoine restauré façon carte postale, mais plutôt une superposition de couches historiques. On passe d’un bureau moderne à une petite échoppe de rue en quelques mètres.

Lire  Les meilleures périodes pour visiter le Serengeti

Le National Museum of Tanzania, même s’il ne justifie pas un voyage à lui seul, est utile pour prendre du recul : y sont présentés des éléments de l’histoire du pays, des premières traces humaines aux périodes coloniales et à l’indépendance. J’y ai trouvé surtout intéressant la partie sur la diversité des peuples tanzaniens, utile pour comprendre les régions que vous visiterez ensuite en safari ou en road trip.

Les marchés sont, à mon sens, le cœur battant de Dar es Salaam. Si vous avez le temps :

  • Kivukoni Fish Market : le marché aux poissons, à faire très tôt le matin. L’arrivée des bateaux, les enchères, les étals improvisés… L’odeur est forte, l’ambiance franche, la mer est là, juste en face. C’est un bon plongeon dans le quotidien, loin des circuits trop lissés. Ayez l’appareil photo prêt, mais demandez avant de photographier les personnes.
  • Kariakoo Market : gigantesque marché généraliste, avec tout ce qui fait tourner une ville : vêtements, outils, fruits, légumes, électronique bon marché. Ici, vous êtes vraiment dans un environnement national, très peu calibré pour le touriste. Attention à vos affaires, pas de parano, mais soyez simplement attentif et évitez de vous y perdre trop tard le soir.
  • Tinga Tinga Arts Cooperative : plus touristique, mais intéressant si vous aimez l’art africain. On y trouve le fameux style “tinga-tinga”, très coloré. Négociation quasi obligatoire, mais toujours avec le sourire.

Côté lieux de culte, Dar es Salaam offre un véritable patchwork. Les mosquées sont nombreuses, certaines très anciennes, avec des appels à la prière qui rythment réellement la journée. Vous croiserez aussi des églises au style plus classique, souvent pleines le dimanche, parfois avec des offices très chantés. À cela s’ajoutent des temples hindous, reflets de la communauté d’origine indienne. Cette cohabitation donne à la ville un relief culturel particulier.

Pour ce qui est de la culture quotidienne, quelques conseils concrets :

  • Salut et respect : un “Mambo” (salut informel) ou “Habari” (comment ça va) en swahili, suivi d’un “salaam” ou “shikamoo” (plus respectueux pour les aînés), fait toujours son effet. Les Tanzaniens apprécient que vous fassiez l’effort.
  • Code vestimentaire : la ville est globalement tolérante, mais on reste dans une zone à forte influence musulmane. Pour vous, évitez les tenues trop courtes ou trop moulantes, surtout hors des zones très touristiques. Ce n’est pas une question de règle stricte, mais de confort social.
  • Photographie : ne photographiez pas les installations officielles, militaires ou certains bâtiments du port. Pour les gens, demandez toujours. Dans les lieux de culte, respectez les interdictions éventuelles et gardez une attitude discrète.

Le soir, la ville ne s’éteint pas. Sur le front de mer, notamment vers Coco Beach (Oyster Bay), les familles se rassemblent, les vendeurs de street food installent leurs grills, et l’air se remplit d’odeurs de poisson, de brochettes et de maïs grillé. C’est aussi un bon endroit pour voir une autre facette de Dar a salam, plus détendue, loin des bureaux et des marchés.

Pour finir sur cette partie, retenez que Dar es Salaam se découvre par immersion progressive. Évitez de vouloir “cocher” tous les points en une journée. Privilégiez un ou deux quartiers par jour, marchez, observez, laissez-vous surprendre par une discussion avec un vendeur de fruits ou un chauffeur de taxi. C’est ce genre d’interactions qui, au retour, restera le plus nettement en mémoire.

Dar es Salaam, porte d’entrée stratégique vers les parcs nationaux et les îles

L’un des grands atouts de Dar es Salaam, c’est sa fonction de hub. Si vous planifiez un voyage safari, plage et découverte en Tanzanie, cette ville est souvent le point de départ ou de retour. L’erreur fréquente, c’est de gérer Dar a salam au jour le jour, sans anticiper les liaisons avec les parcs nationaux ou les îles. Je vous conseille au contraire de penser la ville comme un nœud logistique à optimiser.

Pour les parcs du sud, l’aéroport de Dar es Salaam (Julius Nyerere International Airport) est la meilleure porte d’entrée. De là, plusieurs options s’offrent à vous :

  • Parc national Nyerere (anciennement Selous) : accessible en petit avion depuis l’aéroport national (Terminal des vols domestiques) en une heure environ. C’est l’un des plus grands parcs nationaux d’Afrique, beaucoup moins fréquenté que le Serengeti. Si vous cherchez un safari plus sauvage, c’est une excellente option.
  • Mikumi National Park : accessible par la route depuis Dar es Salaam, en environ 5 à 6 heures, selon l’état de la circulation. C’est une bonne entrée en matière pour un premier safari, avec de grandes plaines et une faune variée.
  • Ruaha National Park : plus loin à l’intérieur des terres, souvent combiné avec un vol intérieur. C’est un parc plus isolé, très riche en vie animale, que j’apprécie beaucoup pour sa dimension “hors des sentiers battus”.

Conseil pratique : si vous combinez Dar es Salaam avec un safari dans ces parcs nationaux, prévoyez toujours une marge d’une nuit dans la ville avant un vol international. Les routes peuvent être imprévisibles, les vols domestiques parfois retardés. Arriver le jour même d’un long-courrier avec une correspondance domestique serrée est un pari risqué.

Côté îles, Dar es Salaam est l’un des points de départ majeurs :

  • Zanzibar : accessible en avion (vol court) ou en ferry. Le ferry depuis Dar es Salaam prend environ 2 heures, avec plusieurs départs par jour. C’est souvent moins cher que l’avion, mais plus sensible à la météo. Si vous êtes sujet au mal de mer, pensez-y.
  • Mafia Island : plus sauvage, moins développée touristiquement, mais exceptionnelle pour la plongée et l’observation des requins-baleines (en saison). Les vols partent généralement de l’aéroport de Dar es Salaam, en petit avion.
  • Pemba : autre île de l’archipel de Zanzibar, plus préservée que l’île principale. Accès surtout par avion, souvent via Dar es Salaam.
Lire  Mkomazi : sanctuaire méconnu de la faune tanzanienne

Pour les ferries vers Zanzibar, un conseil important : passez uniquement par les compagnies officielles et achetez vos billets au guichet officiel, pas auprès des rabatteurs dans la rue. Ils sont nombreux, insistants, et certains gonflent sensiblement les prix. Vérifiez bien le nom de la compagnie, l’horaire, et gardez votre passeport à portée de main pour l’enregistrement.

Si vous organisez votre voyage en autonomie, Dar es Salaam devient un centre névralgique : vous pouvez, par exemple, arriver dans la ville, y passer 1 ou 2 nuits, partir pour Zanzibar quelques jours, revenir, puis enchaîner avec un safari dans un parc national du sud, avant de repasser par Dar a salam pour votre vol retour. Dans ce type de schéma, réserver le même hébergement à Dar au début et à la fin du séjour permet de laisser quelques affaires en consigne, alléger vos bagages et sécuriser du matériel que vous n’emporterez pas partout (par exemple, un ordinateur pendant un safari sous tente).

Autre point logistique : Dar es Salaam est aussi connectée par bus longue distance à d’autres villes tanzaniennes (Arusha, Moshi, Dodoma, etc.) et même à certains pays voisins. Cela peut intéresser ceux qui envisagent un voyage plus large en Afrique de l’Est. Mais gardez en tête que les durées sont longues (comptez plus de 10 heures vers Arusha), et que le confort, même en “VIP bus”, reste relatif. Pour les distances vraiment importantes, le vol intérieur reste plus réaliste.

En résumé, intégrer Dar es Salaam dans votre stratégie de déplacement, c’est :

  • Limiter les risques de correspondances ratées.
  • Profiter de la ville comme sas entre deux expériences très différentes (île, safari, montagne).
  • Optimiser vos bagages et votre fatigue en fractionnant intelligemment les trajets.

C’est ce travail invisible de préparation qui, en pratique, rend votre voyage plus fluide et vous permet d’apprécier pleinement les grands moments : un coucher de soleil sur l’océan Indien à Oyster Bay, ou un lion qui traverse votre piste de safari au milieu du bush.

Transports, sécurité, budget : vivre Dar es Salaam au quotidien

La première fois que vous sortez de l’aéroport de Dar es Salaam, vous avez tout de suite la réalité africaine en face : chaleur, monde, taxis qui se présentent à vous, propositions en tout genre. C’est là que des réflexes simples vous offrent un voyage plus serein.

Transports depuis l’aéroport : je conseille fortement d’organiser à l’avance votre transfert, soit avec votre hôtel, soit via un service de taxi recommandé. C’est plus cher que de négocier sur place, mais beaucoup plus simple, surtout de nuit. Si vous devez prendre un taxi sans réservation, cherchez la file des taxis officiels ; demandez le prix avant de monter, et imposez un ton clair mais calme. Pour un trajet aéroport – centre-ville, le tarif est variable selon l’heure (et les embouteillages), mais ne devrait pas exploser sans raison.

À l’intérieur de la ville, plusieurs options :

  • Taxis classiques : présents partout. Pas de compteur, donc négociation obligatoire. Demandez toujours le prix avant le départ et ne soyez pas gêné de marchander un peu. Utilisez votre bon sens : si le prix annoncé vous semble excessif comparé à la distance, dites-le.
  • Bajaj (tuk-tuk) : pratiques pour les petites distances et pour se faufiler dans la circulation. Expérience très locale, mais à éviter avec de gros bagages. Même principe de négociation que pour les taxis.
  • Dala-dala : minibus locaux, pas chers, bondés, avec des trajets plus ou moins fixes. C’est le moyen de transport national par excellence, mais pas le plus évident pour un premier voyageur en Afrique, surtout avec des sacs volumineux et une compréhension limitée des trajets. Personnellement, je les prends plutôt sans bagages, pour de courtes distances, quand j’ai déjà mes repères.

Côté sécurité, Dar es Salaam n’est pas plus dangereuse que beaucoup d’autres grandes villes africaines, mais elle impose quelques règles de base :

  • Évitez de vous promener avec des objets de valeur bien visibles (gros appareil photo en bandoulière, bijoux voyants).
  • Gardez votre sac fermé, porté devant vous dans les zones très fréquentées (marchés, bus bondés).
  • Limitiez les déplacements à pied de nuit, surtout dans des quartiers que vous ne connaissez pas. Utilisez plutôt un taxi recommandé par votre hébergement.
  • Évitez de suivre un inconnu qui vous “propose une bonne affaire” ou un tour improvisé. Préférez les guides ou chauffeurs recommandés.

Pour le budget, Dar es Salaam peut être abordable ou assez chère, selon le niveau de confort que vous visez :

  • Hébergements : on trouve de tout, du petit hôtel simple en centre-ville aux hôtels de chaîne internationale sur la côte. Pour un bon rapport qualité-prix, je vise souvent les guesthouses ou petits hôtels sérieux à Oyster Bay ou Masaki, qui offrent plus de calme que le plein centre, tout en restant accessibles.
  • Repas : un repas de street food (pilau, chipsi mayai, brochettes) peut coûter très peu. Un restaurant fréquenté par les expats, sur le front de mer, peut aligner des prix proches de ceux d’une grande ville européenne. Alterner les deux permet de tenir un budget raisonnable tout en se faisant plaisir.
  • Transports urbains : peu coûteux, surtout si vous utilisez les tuk-tuk et dala-dala. Ce qui coûte réellement, c’est plutôt le temps perdu dans les embouteillages.

Côté santé, quelques points concrets :

  • L’eau du robinet n’est pas recommandée. Buvez de l’eau en bouteille, vérifiez que le bouchon est bien scellé.
  • Ne devenez pas parano sur la nourriture, mais évitez les aliments clairement mal conservés au soleil. Pour la street food, fiez-vous aux stands fréquentés par les locaux : si ça tourne vite, c’est généralement plus sûr.
  • Informez-vous avant le départ sur les recommandations vaccinales pour la Tanzanie (fièvre jaune selon votre provenance, hépatites, typhoïde…).
  • La question du paludisme se pose sérieusement : Dar es Salaam est dans une zone à risque. Discutez avec un médecin avant le voyage pour une prophylaxie adaptée, et sur place, utilisez moustiquaire et répulsifs, surtout le soir.
Lire  Tanzanie sécurité : conseils pour un voyage sans souci

Pour les paiements, la monnaie nationale est le shilling tanzanien. Les cartes de crédit sont acceptées dans la plupart des hôtels, restaurants haut de gamme et grandes surfaces, mais pour les marchés, les petits trajets, les achats du quotidien, le cash est indispensable. Vous trouverez des distributeurs en ville, mais assurez-vous d’en avoir déjà un peu à l’arrivée, par exemple en en retirant à un ATM à l’aéroport.

Enfin, au-delà de ces aspects techniques, vivre Dar es Salaam au quotidien, c’est accepter un rythme différent. Rien ne se fait vraiment vite. Les bouchons peuvent transformer un trajet de 20 minutes en aventure d’une heure et demie. Les horaires sont parfois approximatifs, les petits imprévus fréquents. Si vous prévoyez trop serré, vous allez vous énerver. Si vous acceptez cette marge d’imprévu comme faisant partie du voyage, la ville vous semblera déjà plus accueillante.

Itinéraires, expériences personnelles et idées pour structurer votre séjour à Dar es Salaam

La grande question, dans un voyage qui passe par Dar es Salaam, c’est souvent : “Combien de temps y rester, et que faire concrètement ?” Avec l’expérience, j’ai fini par me fixer quelques repères simples qui fonctionnent bien, surtout pour ceux qui viennent principalement pour un safari, un séjour balnéaire ou un circuit plus large en Afrique.

Escale courte : 1 jour / 1 nuit

Si vous n’avez qu’une seule nuit sur place, par exemple entre votre vol international et un départ pour Zanzibar ou un parc national, voici un schéma qui tient la route :

  • Arrivée à l’aéroport, transfert pré-réservé vers votre hôtel (Oyster Bay ou Masaki si vous cherchez le calme, centre-ville si vous voulez l’ambiance urbaine).
  • Installation, douche (vous la sentirez comme une renaissance après quelques heures dans l’avion et la chaleur à l’arrivée).
  • Fin d’après-midi sur le front de mer : Coco Beach ou un bar avec vue sur l’océan. C’est un bon moyen de sentir que vous êtes vraiment en Afrique de l’Est, les pieds dans l’océan Indien.
  • Repas dans un restaurant local ou un spot où l’on sert du poisson frais. Attention à ne pas vous lancer dans des excès gastronomiques dès la première soirée, votre estomac vous en voudrait peut-être.
  • Nuit de repos, puis départ le lendemain matin pour votre prochaine étape.

Stop volontaire : 2 à 3 jours

Si vous décidez, et je le recommande, de vous arrêter un peu plus longtemps à Dar es Salaam, vous pouvez structurer votre séjour ainsi :

Jour 1 : prise de contact. Balade dans le centre-ville, visite éventuelle du National Museum, découverte de Kivukoni Fish Market tôt le matin ou en fin de matinée. L’idée n’est pas de courir partout, mais de vous immerger progressivement.

Jour 2 : focus sur les marchés et les quartiers. Matinée à Kariakoo pour voir le grand marché, puis après-midi plus posée vers Oyster Bay, avec balade le long de la côte et éventuellement une pause café dans un endroit calme pour faire le point sur vos impressions.

Jour 3 : journée plus libre, que vous pouvez utiliser pour :

  • Faire quelques achats (artisanat, peintures tinga-tinga).
  • Préparer logistiquement la suite de votre voyage (vérifier les horaires de ferry, confirmer vos vols, etc.).
  • Vous offrir un moment plus “off” : café, lecture, écriture de journal de voyage. À Dar es Salaam, ce sont souvent ces temps morts qui laissent remonter les détails que l’on a observés, et qui donnent du sens à l’ensemble du voyage.

De mon côté, certaines des images qui me restent de Dar a salam ne sont pas forcément celles des “sites” eux-mêmes. Je revois ce chauffeur de bajaj qui chantait à tue-tête en me conduisant à travers un embouteillage improbable, ce vendeur de mangues qui m’a expliqué patiemment comment choisir les fruits vraiment mûrs, ce jeune homme qui m’a abordé dans la rue pour me demander sérieusement si “Paris, c’est comme dans les films ?”. Ce sont ces micro-situations qui font la spécificité de la ville.

Pour les plus indépendants d’entre vous, Dar es Salaam peut aussi être le point de départ d’un voyage en autotour : location d’une voiture (avec ou sans chauffeur), itinéraire vers les parcs du sud ou vers le centre du pays. Si vous optez pour cette solution, prévoyez une journée sur place juste pour récupérer le véhicule, vérifier l’état général (pneus, freins, roue de secours, outils), vous familiariser avec la circulation locale et faire le plein de provisions. Ce temps de préparation, que beaucoup négligent, peut vous éviter des galères inutiles plus loin.

Un dernier conseil, que j’applique systématiquement : gardez Dar es Salaam pour la fin de votre voyage, si possible. Arriver, repartir vers les parcs nationaux ou les îles, puis revenir dans la ville pour les derniers jours permet :

  • De faire vos derniers achats en connaissance de cause (vous saurez mieux ce qui vaut la peine d’être ramené).
  • De digérer l’ensemble de votre parcours dans un environnement urbain qui contraste avec les grands espaces des safaris.
  • D’absorber les aléas de transport éventuels (un ferry retardé, un vol domestique repoussé).

Avec cette structure, Dar es Salaam n’est plus une étape confuse et subie, mais un point d’équilibre dans votre voyage en Tanzanie. Une ville qui vous accueille, vous bouscule un peu, mais vous permet aussi de relier les pièces : du bruit du marché aux cris des singes dans un parc national, du “salaam” entendu au coin d’une rue aux discussions autour d’un feu de camp en brousse. C’est dans ces allers-retours que, pour moi, un voyage prend toute sa profondeur.