Février en Tanzanie, c’est un peu comme ouvrir un atlas météo à plusieurs pages en même temps. Sur la côte, l’air est lourd, tropical, saturé d’embruns. Dans le Serengeti, la chaleur est sèche, presque tranchante à midi, mais les matinées restent fraîches. Plus au sud, dans le Selous (Nyerere) ou le Ruaha, les orages éclatent en fin de journée, transformant la poussière en une boue rouge collante. Si vous préparez un voyage pour cette période, comprendre ces microclimats n’est pas un luxe : c’est ce qui va déterminer l’ambiance de votre safari, la difficulté de vos déplacements, et même les animaux que vous verrez.
Comprendre février en Tanzanie : saison, températures et réalités du terrain
Une période charnière entre grandes pluies et saison sèche
Février se situe au cœur de ce qu’on appelle souvent la “petite saison sèche” en Tanzanie, coincée entre les averses de décembre-janvier et les grandes pluies d’avril-mai. Mais comme toujours en Afrique, la théorie ne raconte jamais toute l’histoire :
- Dans le nord (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Manyara), février est généralement sec à peu de pluies éparses, avec des pistes en bon état et une excellente visibilité.
- Sur la côte (Zanzibar, Pemba, Mafia, Dar es Salaam), l’humidité est élevée, la chaleur est moite, et des averses tropicales peuvent survenir à tout moment, souvent brèves mais intenses.
- Dans le sud et l’ouest (Selous/Nyerere, Ruaha, Katavi, Mahale), les orages sont plus fréquents, certaines pistes peuvent devenir techniques, voire impraticables.
J’ai appris à me méfier des moyennes météo : sur un même voyage en février, j’ai déjà enchaîné trois jours de ciel bleu parfait dans le Serengeti, puis une semaine d’orages violents sur la côte. Il faut donc raisonner par régions, pas par pays.
Les grandes zones climatiques de la Tanzanie en février
Pour vous aider à choisir la bonne région, retenez cette carte mentale des microclimats :
- Nord intérieur d’altitude : Arusha, Karatu, Serengeti, Ngorongoro, Tarangire – chaleur modérée, nuits fraîches, pluies limitées en février.
- Côte et îles : Zanzibar, Pemba, Mafia, Dar es Salaam – chaleur lourde, air saturé d’humidité, mer chaude, averses possibles.
- Plateaux centraux : Dodoma, région du centre – chaleur sèche, paysages plus arides, peu touristiques mais intéressants pour les road trips.
- Sud et ouest sauvages : Ruaha, Nyerere (Selous), Katavi, Mahale – chaleur variable, orages plus marqués, fréquentation très faible.
À partir de là, tout votre itinéraire se construit en fonction de ce que vous recherchez : grands félins, migration des gnous, plages, plongée, trekking, ou immersion dans des parcs totalement hors des sentiers battus.
Nord de la Tanzanie en février : Serengeti, Ngorongoro et hauts plateaux
Serengeti et Ndutu : au cœur de la mise bas des gnous
Si vous ne devez retenir qu’une chose : février, c’est la pleine saison de la mise bas des gnous dans la région de Ndutu (au sud du Serengeti, entre le Serengeti et le Ngorongoro). C’est un moment unique, qui marque forcément.
- Températures diurnes : souvent entre 25 et 30 °C, avec un soleil très direct quand le ciel est dégagé.
- Températures nocturnes : 12 à 18 °C selon l’altitude, parfois un peu plus frais si le vent se lève.
- Pluies : quelques averses possibles, mais généralement courtes ; la plupart des pistes restent praticables.
La lumière de fin d’orage sur les plaines de Ndutu, avec des milliers de gnous et de zèbres à perte de vue, fait partie de ces images qui m’ont cloué sur mon siège dans le 4×4. Vous alternez entre chaleur écrasante quand le soleil tape fort et fraîcheur soudainement humide juste après la pluie. Prévoyez une veste légère et une housse étanche pour le matériel photo.
Crater du Ngorongoro : microclimat d’altitude
Le Ngorongoro, c’est une cuvette à 2 200 m d’altitude environ, encerclée par des bords de cratère qui dépassent les 2 300 – 2 400 m. Là, février n’a rien à voir avec la côte :
- Matins : 8 à 12 °C sur le bord du cratère, parfois du brouillard, vent frais, surtout sur les points de vue.
- Milieu de journée dans le cratère : 20 à 25 °C, sensation agréable mais soleil mordant.
- Soirs et nuits : très frais, parfois en-dessous de 10 °C avec humidité.
Dans les lodges sur le bord du cratère, j’ai souvent dormi avec une couverture épaisse et parfois même une bouillotte. On est très loin de la carte postale “Afrique = chaleur permanente”. Pour les safaris matinaux, emportez un coupe-vent chaud, gants fins et bonnet ne sont pas un luxe si vous êtes frileux.
Tarangire, Manyara et Arusha : chaleur plus sèche et modérée
Dans ces zones, l’altitude reste modérée et les paysages sont plus boisés ou parsemés de baobabs. En février :
- Tarangire : 25 à 32 °C la journée, nuits autour de 18 °C. Quelques averses possibles, mais globalement sec. Le parc est plus verdoyant qu’en pleine saison sèche, ce qui rend la recherche d’animaux un peu plus sportive.
- Manyara : climat plus humide à cause du lac, avec une sensation de chaleur plus lourde quand le vent tombe.
- Région d’Arusha : 20 à 28 °C, pluie plus fréquente sur les pentes du Mont Meru ou du Kilimandjaro, microclimat de montagne.
À Tarangire comme à Manyara, la chaleur au milieu de la journée peut être intense, mais elle n’a pas grand-chose à voir avec l’étuve que l’on ressent sur la côte. On reste sur une chaleur supportable pour les safaris, à condition de bien s’hydrater et de se protéger du soleil.
Côte tanzanienne et Zanzibar en février : chaleur tropicale et mer chaude
Un climat chaud, humide et parfois étouffant
Sur la côte tanzanienne et à Zanzibar, février est souvent l’un des mois les plus chauds de l’année. L’air est saturé d’humidité, on transpire dès les premiers pas hors du bungalow. Concrètement :
- Températures diurnes : 30 à 34 °C, parfois plus en plein soleil.
- Températures nocturnes : rarement en dessous de 24 – 26 °C.
- Humidité relative : souvent au-dessus de 70 %, ce qui renforce la sensation de chaleur.
Dans ces conditions, marcher en ville à Stone Town en milieu de journée peut être éprouvant. Vous apprenez vite à caler vos visites tôt le matin et en fin d’après-midi, en réservant la mi-journée à la plage ou à l’ombre.
Mer, vents et activités nautiques
La température de l’océan Indien tourne autour de 27 – 29 °C en février. C’est parfait pour la plongée, le snorkeling ou simplement pour flotter dans l’eau sans jamais avoir froid. Selon les zones de Zanzibar (nord, est ou sud), la brise marine peut atténuer la sensation de chaleur :
- Côte est (Paje, Jambiani, Matemwe) : bonne brise, sensation de chaleur plus supportable, idéale pour le kitesurf.
- Côte nord (Nungwi, Kendwa) : chaleur plus ressentie, mais baignade facile même à marée basse.
- Côte sud : villages plus calmes, parfois plus exposés au vent et aux variations de marée.
Février reste aussi une bonne période pour l’observation de certaines espèces marines (dauphins, parfois requins-baleines autour de Mafia), même si ce dernier est plus typique de la période octobre–février. L’eau chaude garantit des sessions de snorkeling très confortables, à condition de se protéger sérieusement du soleil, même en fin d’après-midi.
Les limites de cette chaleur tropicale
Pour certains voyageurs, cette chaleur humide est plus difficile à gérer que la chaleur sèche de l’intérieur du pays. Les nuits peuvent être lourdes si la climatisation est défaillante ou inexistante. Avec les coupures de courant, déjà expérimentées à plusieurs reprises, j’ai passé des nuits à littéralement coller aux draps. Choisissez vos hébergements en conséquence : ventilateur fiable ou climatisation, moustiquaires en bon état, possibilité d’aérer.
Sud et ouest de la Tanzanie : parcs plus sauvages, météo plus incertaine
Ruaha : entre chaleur sèche et orages d’été
Le Ruaha est un parc que j’aime pour son isolement. En février, c’est un compromis intéressant, mais qu’il faut assumer :
- Températures : 25 à 33 °C en journée, nuits autour de 18 – 20 °C.
- Pluies : orages possibles en fin de journée, parfois violents mais souvent localisés.
- Pistes : certaines sections peuvent devenir grasses, voire difficiles pour les véhicules non adaptés.
Les paysages sont plus verts qu’en saison sèche, la végétation plus dense. Cela rend la faune légèrement plus difficile à repérer, mais donne des scènes très photogéniques : éléphants dans des plaines herbeuses, rivières plus chargées, ciel dramatique avant et après les orages.
Nyerere (Selous), Katavi, Mahale : climat plus capricieux
Dans ces régions, février corresponde à une période où les averses et orages restent possibles, voire fréquents :
- Nyerere/Selous : mélange de zones boisées et de plaines, chaleur humide, orages en fin de journée et moustiques plus nombreux.
- Katavi : accès plus complexe, certains camps peuvent être fermés ou difficilement accessibles en raison de la pluie.
- Mahale (sur le lac Tanganyika) : climat influencé par le lac, chaleur et humidité élevées, mais avec des effets tampon de l’eau.
Sur le terrain, janv-février, c’est souvent le moment où l’on sent que la grande saison des pluies approche. Il faut accepter un certain niveau d’imprévisibilité : un vol interne retardé par un orage, une navigation sur le lac repoussée, une piste devenue temporairement impraticable. En échange, vous aurez des parcs presque pour vous seuls.
Comment choisir la bonne région selon votre tolérance à la chaleur et vos envies de safari
Si vous supportez mal la chaleur lourde
Évitez de passer la majorité de votre séjour à Zanzibar ou sur la côte en février. Orientez-vous plutôt vers :
- Le Serengeti / Ndutu pour la mise bas des gnous, avec une chaleur sèche et des nuits plus agréables.
- Le Ngorongoro et les régions d’altitude, où les nuits sont franchement fraîches.
- Certains plateaux centraux, si vous optez pour un road trip moins classique.
C’est le scénario que je recommande souvent aux voyageurs qui craignent les ambiances tropicales étouffantes : un grand safari dans le nord, puis une éventuelle courte parenthèse balnéaire à Zanzibar, limitée à quelques jours, dans un hébergement bien ventilé.
Si vous voulez absolument plage et chaleur tropicale
Dans ce cas, acceptez que le confort thermique ne sera pas toujours optimal, mais misez sur :
- Une base à Zanzibar sur la côte est, où le vent rend la chaleur plus supportable.
- Des plongées ou sorties en bateau en matinée pour éviter les heures les plus lourdes.
- Une sélection d’hébergements avec climatisation fiable, ce qui fait une vraie différence en février.
Vous pouvez alors alterner quelques jours de safari dans le nord (où la chaleur reste gérable) avant de clôturer votre voyage par 4 à 6 jours de plage et de mer chaude.
Si votre priorité absolue est la faune et la photo
Février est une période stratégique. Pour maximiser vos chances de belles scènes animalières :
- Focalisez-vous sur Ndutu et le sud Serengeti pour la concentration de gnous, de zèbres et les prédateurs associés (lions, hyènes, guépards).
- Ajoutez le Ngorongoro pour sa densité animalière exceptionnelle sur un espace réduit.
- Éventuellement complétez par un parc du nord (Tarangire ou Manyara) si la logistique le permet et selon la saisonnalité des animaux.
Au niveau météo, vous aurez un mélange de lumières franches, de ciels chargés avant les orages et de températures plutôt supportables, avec des matinées fraîches parfaites pour les sorties photo.
Équipement et organisation en fonction des microclimats
Pour éviter les mauvaises surprises, adaptez votre sac de voyage à cette mosaïque de climats :
- Pour les zones d’altitude (Ngorongoro, Arusha) : polaire légère, coupe-vent, pantalon long pour les soirées.
- Pour les zones chaudes et sèches (Serengeti, Tarangire, Ruaha) : vêtements amples et respirants, chapeau à large bord, lunettes de soleil, crème solaire indice élevé.
- Pour la côte et Zanzibar : tenues très légères en coton ou lin, maillot(s) de bain, tongs, mais aussi une tenue couvrante pour vous protéger du soleil en bateau.
- Pour les zones pluvieuses potentielles : poncho ou coupe-vent imperméable léger, sacs étanches pour le matériel électronique et les documents.
Côté santé, la chaleur et l’humidité favorisent la déshydratation. Gardez systématiquement une bouteille d’eau à portée de main dans le 4×4 et sur les trajets. En safari, je finis souvent mes journées avec plus de trois litres d’eau bus presque sans m’en rendre compte.
Anticiper les variations de température : préparer son itinéraire et affiner ses attentes
Alterner les zones chaudes et fraîches sur un même voyage
Une bonne stratégie en février consiste à jouer sur l’altitude et la proximité de l’océan pour équilibrer votre ressenti thermique. Par exemple :
- Itinéraire type 10–12 jours : 1 nuit à Arusha (altitude moyenne), 3–4 nuits dans le Serengeti/ Ndutu, 1–2 nuits au Ngorongoro, puis 3–4 nuits à Zanzibar.
- Version plus sauvage : quelques jours dans le nord, puis extension vers le Ruaha ou Nyerere (en acceptant un climat plus humide et des pluies possibles).
Ce genre d’itinéraire permet de ne pas passer tout son séjour dans la chaleur lourde de la côte, ni uniquement dans les zones plus sèches et poussiéreuses de l’intérieur. Sur deux semaines, votre corps s’adapte mieux, et votre expérience du pays gagne en nuances.
Bien choisir ses horaires de safari et d’activités
En février, la gestion des horaires devient presque un outil météo :
- Safaris matinaux : départ vers 6 h – 6 h 30, températures plus fraîches, animaux plus actifs.
- Pause en milieu de journée : retour au lodge quand la chaleur monte, surtout dans les plaines découvertes.
- Safaris de fin d’après-midi : départ vers 15 h – 16 h, lumière plus douce, températures plus tolérables.
À Zanzibar, c’est le même principe : visites de Stone Town ou excursions en forêt de Jozani tôt le matin, baignades et repos quand le soleil cogne, balades sur la plage en fin de journée. Cette adaptation au rythme climatique fait partie du voyage, et franchement, on s’y fait vite.
Ressources pour approfondir la question des températures en février
Si vous voulez aller plus loin dans l’analyse des variations de températures, des moyennes régionales et des impacts sur la faune et les déplacements, je vous recommande de consulter notre dossier complet sur la temperature tanzanie fevrier, qui détaille encore davantage les différences entre les régions et les implications concrètes pour un itinéraire sur le terrain.