Safari en Zambie : 5 parcs méconnus qui transforment votre vision de l’Afrique sauvage

La Zambie reste l’un des pays de safari les plus sous-estimés d’Afrique. Coincée entre les géants que sont la Tanzanie, le Botswana ou l’Afrique du Sud, elle passe souvent sous les radars des voyageurs francophones. Et pourtant, c’est l’un des rares endroits où l’on peut encore vivre la sensation d’exploration, de solitude et de nature intacte que l’on associe à l’Afrique d’autrefois.

Lors de mes différents voyages en Zambie, j’ai découvert des parcs nationaux qui n’ont rien à envier aux destinations les plus connues du continent, mais avec un avantage immense : très peu de touristes, une ambiance presque « privée » et une faune encore sauvage, parfois timide, souvent spectaculaire.

Je te propose ici de découvrir 5 parcs méconnus de Zambie qui peuvent littéralement transformer ta vision de l’Afrique sauvage. Ce ne sont pas forcément les plus faciles d’accès, ni les plus confortables, mais ce sont ceux qui marquent durablement.

Kafue : l’immensité sauvage à perte de vue

Le parc national de Kafue est l’un des plus grands parcs d’Afrique, et pourtant, il reste largement boudé par le tourisme de masse. La première fois que j’y suis allé, j’ai été frappé par une chose simple : l’espace. Des plaines, des forêts de miombo, des rivières, des marais… et presque aucun autre véhicule de safari à l’horizon.

Ce qui rend Kafue unique :

  • Une diversité d’habitats rare : savane, forêts, zones inondées, dambos (dépressions herbeuses humides).
  • Des observations surprenantes de prédateurs, notamment les lycaons (chiens sauvages africains), de plus en plus rares ailleurs.
  • Les Busanga Plains au nord, une immense plaine inondable où lions et antilopes se détachent sur un horizon infini.

Kafue est le parc qui bouscule notre idée du safari « classique ». Ici, on ne coche pas une liste d’animaux en quelques heures comme dans les parcs sur-fréquentés. On prend son temps, on explore, on discute avec les guides, souvent des passionnés qui vivent dans la région depuis des années.

Pour qui est fait Kafue ?

  • Les voyageurs qui aiment le côté « pionnier », loin des foules.
  • Ceux qui acceptent moins de densité d’animaux par mètre carré, mais plus de naturalité et de surprises.
  • Les photographes qui recherchent des paysages vastes et intacts, avec des lumières incroyables au lever du jour sur les Busanga Plains.

La meilleure période pour visiter Kafue s’étend en général de juin à octobre, quand les pistes sont praticables et que les animaux se concentrent autour des points d’eau.

Liuwa Plain : le secret le mieux gardé de Zambie

Liuwa Plain est l’un de ces endroits dont on parle à voix basse entre passionnés de safari. Situé à l’extrême ouest de la Zambie, proche de la frontière avec l’Angola, c’est un parc isolé, difficile d’accès, mais d’une beauté presque irréelle.

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Ce qui m’a le plus marqué à Liuwa, c’est le sentiment d’être minuscule. La plaine est plate, immense, et le ciel semble plus large qu’ailleurs. Lors de la saison des pluies, les nuages sculptent le paysage et les lumières crépusculaires sont dignes d’un film.

Pourquoi Liuwa Plain est à part :

  • Une migration d’herbivores encore peu connue, notamment des milliers de gnous et de zèbres.
  • La possibilité d’observer des hyènes tachetées en pleine interaction sociale, parfois plus visibles que les lions.
  • Une dimension culturelle et historique forte : ce territoire est traditionnellement lié au peuple Lozi.

Liuwa n’est pas un parc pour un premier safari en Afrique. C’est une destination pour ceux qui ont déjà fait un ou deux grands classiques et qui recherchent quelque chose de différent, plus brut, presque expérimental.

Conseils pour organiser un séjour à Liuwa Plain :

  • Privilégier la saison de fin d’année (novembre-décembre) pour les paysages verts et la migration.
  • Passer par un opérateur spécialisé : la logistique est complexe, les conditions peuvent être exigeantes.
  • Accepter une part d’imprévu : la météo et l’état des pistes peuvent tout changer.

Kasanka : le spectacle aérien des chauves-souris

Si tu penses que le safari se limite aux lions, éléphants et girafes, Kasanka risque de tout remettre en question. Dans ce petit parc discret, au nord de Lusaka, se déroule chaque année l’un des plus grands spectacles de la nature : la migration de millions de chauves-souris frugivores.

À l’aube, lorsque je me suis réveillé dans un camp à proximité de la colonie, le ciel était encore sombre. En montant sur une plateforme d’observation, j’ai soudain eu l’impression que les arbres vibraient. Puis, avec les premières lueurs, le ciel s’est littéralement rempli d’ailes. Un flux continu de silhouettes sombres, par millions. On ressent presque physiquement le mouvement.

Pourquoi Kasanka est unique :

  • De fin octobre à début décembre, la plus grande concentration de chauves-souris au monde : entre 8 et 10 millions d’individus.
  • Un safari très différent, orienté sur l’observation d’oiseaux, de primates et de petites antilopes comme le sitatunga.
  • Une ambiance de forêt marécageuse, intime, aux antipodes des grandes savanes ouvertes.

Kasanka montre que l’Afrique sauvage ne se résume pas qu’aux « Big Five ». C’est le parc idéal pour changer de regard, pour comprendre la complexité des écosystèmes et l’importance de la saisonnalité.

Pour profiter pleinement de Kasanka :

  • Viser absolument la période de la migration des chauves-souris si ton calendrier le permet.
  • Prévoir une paire de jumelles de bonne qualité pour l’observation ornithologique.
  • Associer Kasanka avec d’autres parcs (Bangweulu, South Luangwa, Kafue) pour construire un itinéraire varié.

Bangweulu Wetlands : là où les hommes et les animaux cohabitent

Bangweulu signifie « là où l’eau rencontre le ciel » en langue locale. C’est un vaste système de marais et de plaines inondées au nord-est de la Zambie. Contrairement à la plupart des parcs africains, ce n’est pas seulement une aire protégée : des communautés humaines y vivent et y travaillent depuis toujours.

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Marcher dans les plaines de Bangweulu, c’est voir des pêcheurs en pirogue au loin, des troupeaux d’antilopes noires (lechwe noirs) pataugeant dans l’eau, et surtout, c’est l’un des meilleurs endroits au monde pour observer un oiseau mythique : le bec-en-sabot du Nil.

Ce qui rend Bangweulu si particulier :

  • La présence du bec-en-sabot, oiseau préhistorique au regard fixe, recherché par les ornithologues du monde entier.
  • Une gestion de la conservation qui intègre directement les communautés locales, avec des projets de cohabitation homme-faune.
  • De grandes étendues où l’on peut faire de la marche, du bateau, et observer une faune adaptée aux milieux humides.

Bangweulu remet en cause l’image du parc « vierge de toute présence humaine ». Ici, l’humain fait partie du paysage, et le défi est justement de trouver un équilibre entre subsistance, tradition et conservation.

Conseils pratiques pour Bangweulu :

  • Prévoir un état d’esprit flexible : les conditions peuvent être rustiques, les déplacements parfois longs et humides.
  • Viser la saison sèche ou de transition pour avoir accès aux zones clés tout en profitant d’un niveau d’eau suffisant.
  • Passer du temps avec les guides locaux, souvent très fiers de leur territoire et de leurs projets de conservation.

North Luangwa : le royaume des safaris à pied

South Luangwa est déjà relativement connu pour ses safaris à pied, mais son voisin du nord, North Luangwa, reste quant à lui quasiment vierge de tourisme. C’est l’un des endroits les plus sauvages où je me sois rendu en Afrique.

On y accède souvent par de petites pistes, parfois en avion-taxi, et une fois sur place, tout est différent des safaris en 4×4 habituels. Ici, le mode d’exploration principal, c’est la marche. On part tôt le matin, accompagné d’un guide expérimenté et d’un ranger armé. On ne cherche pas à s’approcher le plus près possible des lions ou des éléphants, mais à comprendre le paysage, lire les traces, écouter les sons.

Pourquoi North Luangwa peut transformer ta vision du safari :

  • Une immersion totale : à pied, on ressent chaque odeur, chaque craquement de branche, chaque bruissement d’ailes.
  • Une faune intacte, moins habituée aux véhicules, ce qui donne des comportements plus « naturels ».
  • Une densité très faible de camps : on a souvent l’impression d’avoir le parc pour soi.

North Luangwa n’est pas une destination pour tout le monde. Il faut :

  • Accepter un certain niveau de rusticité (même si quelques camps haut de gamme existent).
  • Se sentir à l’aise avec l’idée d’évoluer à pied en territoire de grands mammifères.
  • Voir le safari comme une expérience sensorielle et éducative, pas comme une simple « chasse aux photos ».
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La meilleure période pour un séjour à North Luangwa se situe entre juin et octobre, avec une préférence pour la fin de saison sèche, quand les animaux se concentrent autour des rivières.

Comment combiner ces parcs dans un voyage en Zambie

La grande force de la Zambie, c’est la complémentarité de ses parcs. En combinant plusieurs de ces destinations méconnues, tu peux construire un voyage extrêmement riche, loin des circuits standardisés.

Quelques idées d’itinéraires possibles :

  • Kafue + Liuwa Plain : pour les grands espaces de savane, les prédateurs et l’impression de bout du monde à Liuwa.
  • Kasanka + Bangweulu Wetlands : pour un voyage thématique autour des écosystèmes humides, des oiseaux et des interactions homme-faune.
  • South Luangwa + North Luangwa : pour découvrir à la fois un parc relativement connu et son voisin beaucoup plus sauvage, avec un accent sur les safaris à pied.

Avant de bâtir ton itinéraire, il est important de prendre en compte :

  • La saison : certains parcs ne sont accessibles ou intéressants que sur une fenêtre de quelques mois.
  • Ton expérience précédente du safari : certains sites comme Liuwa ou North Luangwa se prêtent mieux à des voyageurs déjà familiers de l’Afrique.
  • Ton budget : la logistique en zones isolées peut faire grimper les coûts, même si des options plus simples existent parfois.

Pourquoi ces parcs changent ta vision de l’Afrique sauvage

Voyager en Zambie, et tout particulièrement dans ces 5 parcs, c’est accepter que le safari ne soit pas seulement une succession d’animaux à « cocher ». C’est découvrir :

  • Que le silence et la solitude font partie intégrante de l’expérience.
  • Que la biodiversité ne se résume pas aux grands mammifères : chauves-souris, oiseaux rares, amphibiens, insectes jouent aussi un rôle clé.
  • Que l’humain et la faune peuvent parfois coexister durablement, comme à Bangweulu.
  • Que marcher, observer, écouter et attendre peut être plus intense que foncer d’un spot à l’autre en 4×4.

Si tu envisages un premier voyage en Zambie ou que tu souhaites aller plus loin que les itinéraires « classiques », ces parcs méconnus sont de véritables laboratoires d’émotions et de découvertes. Ils demandent un peu plus d’efforts, d’organisation et de curiosité, mais en échange, ils offrent une Afrique sauvage plus authentique, parfois déroutante, toujours mémorable.

Sur destinationafrique.fr, je partagerai prochainement des idées d’itinéraires détaillés en Zambie, avec des durées, des budgets indicatifs, et des retours d’expérience sur les lodges et les camps qui respectent vraiment l’environnement et les communautés locales. N’hésite pas à revenir jeter un œil si tu prépares déjà ton prochain safari en Zambie.