Nairobi, c’est le genre de ville qui bouscule immédiatement tes repères. Quand on atterrit ici pour la première fois, on a en tête une image de carte postale d’Afrique de l’Est, des safaris vers le Kenya sauvage, des lions dans les hautes herbes. On ne s’attend pas forcément à tomber sur une métropole de plus de quatre millions d’habitants, avec ses gratte-ciel, ses embouteillages légendaires et ses cafés branchés où des freelances tapent sur leurs laptops, cappuccino à la main. Nairobi, c’est tout ça à la fois : une capitale africaine bouillonnante, un centre économique régional majeur et, en même temps, une ville où l’on peut observer des rhinocéros avant le petit déjeuner… sans même sortir de la zone urbaine.
Dans cet article, je te propose de plonger dans Nairobi sans filtre, avec ce que la ville a de plus beau, de plus rude parfois, et surtout de plus vivant. Je vais t’emmener dans le Nairobi National Park aux portes de la ville, dans les quartiers où j’aime revenir le soir, dans les matatus colorés qui slaloment dans le trafic, mais aussi dans ces petits moments du quotidien qui façonnent vraiment un voyage : négocier au marché, discuter avec un chauffeur de boda-boda, se perdre dans une église pentecôtiste un dimanche matin, ou encore planifier un départ vers la Tanzanie depuis le centre-ville.
Mon but : t’aider à comprendre Nairobi, pas seulement comme une étape de transit avant un safari, mais comme une destination à part entière. Tu trouveras ici des infos concrètes pour préparer ton séjour (budget, sécurité, climat), des idées de visites et d’activités, des conseils de terrain pour te déplacer, choisir ton hébergement, et organiser tes circuits vers les grands parcs du Kenya. Rien d’idéaliste, rien de dramatisé non plus : simplement la réalité de ce que j’ai vécu, ce que j’ai aimé, ce qui m’a surpris, et ce que je recommanderais à quelqu’un qui veut découvrir cette ville pour la première fois.
Si tu cherches où commencer un voyage en Afrique de l’Est, Nairobi est un excellent candidat. C’est une ville qui ne se laisse pas apprivoiser en quelques heures, mais qui, avec un peu de temps et d’ouverture, te montrera un visage profondément attachant. Allons-y pas à pas.
Nairobi, portrait d’une capitale africaine entre modernité et savane
Pour comprendre Nairobi aujourd’hui, il faut d’abord savoir où tu mets les pieds. La ville est située à environ 1 700 mètres d’altitude, sur les hauts plateaux du Kenya. Cette altitude influence fortement le climat : même si l’on est proche de l’équateur, les températures restent généralement agréables toute l’année, avec des journées souvent entre 20 et 28 °C. C’est une des raisons qui ont poussé les colons britanniques à en faire une base ferroviaire au début du XXᵉ siècle, puis, progressivement, le centre administratif du pays.
Le cœur de Nairobi, c’est son centre-ville, le Central Business District (CBD). C’est là que tu trouveras les bâtiments gouvernementaux, les tours de bureaux, les grandes banques et une bonne partie de l’activité économique formelle. Aux heures de pointe, le CBD est dense, bruyant, avec un flux constant de piétons, de bus, de matatus et de vendeurs ambulants. Le week-end ou le soir, l’ambiance change : certains quartiers se vident, d’autres prennent vie avec les bars, les restaurants et les clubs.
Nairobi est aussi une ville profondément inégalitaire. À quelques kilomètres à peine des quartiers aisés comme Karen, Runda ou Lavington, tu as des zones informelles immenses comme Kibera, souvent présenté comme l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique. C’est là que l’on mesure la complexité de la ville : une classe moyenne en expansion, une élite très connectée, mais aussi une pauvreté encore très présente. Quand on voyage ici, il est important de garder en tête cette réalité sociale, sans basculer dans le misérabilisme ni le voyeurisme.
Ce contraste se retrouve dans l’urbanisme. Nairobi est construite en cercles concentriques de plus en plus étendus, avec une croissance qui file vers tous les points cardinaux. Vers l’ouest, tu as des collines plus vertes, des quartiers résidentiels et des lieux emblématiques comme le Giraffe Centre. Vers l’est, l’urbanisation est plus dense, plus populaire, avec des zones industrielles. Vers le sud, on se rapproche du Nairobi National Park, ce qui donne cette sensation étrange d’être à la fois dans une grande ville et en bordure de brousse.
Ce qui frappe aussi, c’est à quel point Nairobi est un carrefour régional. Les ONG, les sièges d’entreprises, les organisations internationales comme le Programme des Nations unies pour l’Environnement y sont implantés. Tu entends parler anglais, swahili, mais aussi français, somali, indien. Dans un café du centre, tu peux croiser des développeurs kenyans, un guide de safari qui revient de Tanzanie, un consultant de passage et des étudiants en sciences politiques qui refont le monde. Nairobi est une ville vers laquelle convergent les ambitions, les idées, les projets, parfois aussi les illusions.
Si tu envisages un voyage plus long dans la région, Nairobi est une base stratégique. Depuis ici, tu peux partir vers le nord pour explorer les zones plus arides du Kenya, vers l’ouest pour le lac Victoria et les collines verdoyantes, vers le sud pour rejoindre la Tanzanie, ou vers l’est pour descendre vers la côte et Mombasa. C’est un hub naturel, autant pour les routes que pour les lignes de bus et les vols régionaux.
Préparer son voyage à Nairobi : climat, budget, sécurité et formalités
Avant de se lancer dans les activités et les safaris, il est crucial de bien préparer son séjour dans cette ville. Nairobi n’est pas une destination à aborder à l’improviste totale, surtout si c’est ton premier voyage en Afrique.
Côté climat, Nairobi est agréable toute l’année, mais deux périodes de pluie peuvent compliquer un peu les déplacements : les longues pluies (mars à mai) et les petites pluies (octobre-novembre). Pendant ces saisons, les averses peuvent être intenses, parfois violentes, avec des routes inondées. Ce n’est pas rédhibitoire pour voyager, mais si tu veux profiter au maximum des excursions en plein air, les mois de juin à septembre et janvier-février sont généralement plus secs et plus faciles à gérer.
Pour le budget, Nairobi est souvent plus chère que ce que l’on imagine. C’est une ville où la vie peut coûter presque autant que dans certaines capitales européennes… si tu restes dans les circuits les plus touristiques et les établissements internationaux. Pour une chambre correcte dans un hôtel ou guesthouse sécurisée, il faut compter en général entre 40 et 80 euros la nuit pour un confort simple à moyen, et bien plus si tu vises les hôtels de standing dans le centre ou à Westlands. La nourriture est plus abordable si tu privilégies les restaurants locaux, où tu peux manger pour 3 à 6 euros, contre 10 à 20 euros dans les lieux plus occidentalisés.
La question de la sécurité à Nairobi revient systématiquement. Oui, cette ville a une réputation compliquée, et ce n’est pas totalement infondé. Les vols à la tire, arnaques, ou agressions peuvent arriver, surtout si tu te déplaces à pied dans certains secteurs du centre après la tombée de la nuit. Mais avec des précautions simples, Nairobi est loin d’être impraticable. Quelques repères à garder en tête :
- Évite de te déplacer à pied dans le CBD et les quartiers peu connus après la nuit tombée.
- Utilise des taxis fiables ou des applis comme Uber, Bolt, Little Cab pour les trajets urbains.
- Ne sors pas avec des objets de valeur visibles (grosse caméra, bijoux, téléphone constamment à la main).
- Demande toujours l’avis de ton hébergement sur les zones à éviter dans la ville.
En journée, dans les quartiers fréquentés (Karen, Westlands, certains secteurs du centre), je me suis souvent senti en sécurité en restant attentif à mon environnement. Les Kenyans sont globalement accueillants et habitués aux étrangers, surtout dans cette ville.
Côté formalités, pense à vérifier en amont les exigences de visa pour le Kenya. Le pays a régulièrement modifié ses conditions d’entrée, en passant par des systèmes de e-visa et, plus récemment, d’autorisation électronique de voyage. Il est donc impératif de consulter le site officiel du gouvernement kényan quelques semaines avant ton départ, car les règles peuvent évoluer et les informations trouvées sur les blogs sont parfois obsolètes si personne ne pense à les modifier. Prévoyez également un passeport valable au moins six mois après la date de retour, avec plusieurs pages vierges.
Pour la santé, certaines vaccinations sont recommandées : hépatite A, typhoïde, rappel DTP, éventuellement rage selon ton type de voyage. Le paludisme est moins courant à Nairobi grâce à l’altitude, mais si tu prévois de voyager vers la côte ou certains parcs, une prophylaxie antipaludéenne peut être indiquée. L’eau du robinet n’est pas conseillée à la consommation directe, mieux vaut utiliser de l’eau en bouteille ou filtrée. Avoir une bonne assurance voyage, couvrant l’évacuation médicale, est simplement non négociable ici.
Que faire à Nairobi : entre parc national, culture urbaine et rencontres
Nairobi n’est pas qu’un simple point de passage vers les parcs nationaux du Kenya ou vers la Tanzanie. La ville offre suffisamment d’activités pour occuper plusieurs journées pleines. Le point de départ le plus évident, surtout sur un blog orienté safari, c’est le Nairobi National Park.
Le Nairobi National Park se trouve littéralement aux portes de la ville. En quelques minutes de voiture depuis le centre, tu te retrouves dans un paysage de savane avec, en toile de fond, la skyline de Nairobi. On y croise des rhinocéros, des giraffes, des buffles, des zèbres, des gnous, parfois des lions. Pas d’éléphants ici, mais le contraste entre la vie sauvage et les immeubles au loin est saisissant. Un safari de demi-journée ou journée complète est tout à fait faisable. Je recommande de partir très tôt le matin, vers 6 h, pour profiter du lever du soleil et de la période la plus active pour la faune. Tu peux réserver un véhicule avec guide via ton hébergement ou une agence locale ; éviter de tenter l’auto-safari si tu n’es pas à l’aise avec la conduite dans ce type d’environnement.
Juste à côté se trouve le David Sheldrick Wildlife Trust, célèbre pour son orphelinat d’éléphanteaux. La visite est très encadrée, à des horaires précis (souvent en milieu de journée), et il faut réserver à l’avance. On y voit des éléphanteaux nourris au biberon et on apprend beaucoup sur les enjeux de conservation. Même si le lieu est touristique, l’approche est sérieuse et les fonds servent réellement à la protection des animaux. Plus loin, le Giraffe Centre à Karen te permet d’approcher des girafes de très près, de les nourrir et de mieux comprendre les efforts pour protéger la girafe de Rothschild.
La ville n’est pas qu’un catalogue de rencontres avec les animaux. Le Musée National de Nairobi, situé non loin du centre, mérite une demi-journée. On y trouve une excellente section sur l’histoire du Kenya, de la préhistoire à l’indépendance, ainsi qu’une riche collection sur les peuples du pays. C’est une étape que je recommande en début de séjour, pour replacer tes déplacements dans un contexte plus large.
Pour sentir le pouls de la ville, les marchés sont incontournables. Le Maasai Market, qui se tient dans différents endroits de la ville selon les jours de la semaine, est le plus connu pour l’artisanat (perles, sculptures, textiles). Il faut aimer négocier, car les prix annoncés au départ sont très élevés pour les touristes. Personnellement, j’essaie toujours de discuter avec humour, d’observer ce que payent les locaux, et de me fixer un prix plafond raisonnable pour éviter les discussions infinies. Le City Market, plus central, permet aussi de découvrir produits frais, fleurs, et quelques stands d’artisanat.
Les quartiers à explorer dépendent de ce que tu recherches. Karen, au sud-ouest, est calme, verdoyant, avec de belles maisons, des cafés et restaurants agréables, et un accès facile à plusieurs attractions (Giraffe Centre, Karen Blixen Museum). Westlands, plus au nord-ouest du centre, est le quartier de sortie par excellence, avec des centres commerciaux, des bars, des rooftops, des clubs. C’est aussi un bon point de chute pour loger, car on y trouve un bon équilibre entre confort, offre de restaurants et relative sécurité.
Si tu veux toucher du doigt la dimension religieuse et sociale de Nairobi, assiste à un service dans une grande église pentecôtiste un dimanche matin. Ce n’est pas uniquement un moment spirituel ; c’est aussi un phénomène social avec musique, danse, prédications passionnées, et une foule impressionnante. Il faut bien sûr respecter les usages locaux, s’habiller de manière correcte, et rester discret, mais l’accueil est souvent chaleureux. Cela donne une autre vision de la ville, loin des clichés purement touristiques.
Séjours safari et grands espaces : Nairobi comme base vers les parcs du Kenya et de Tanzanie
Nairobi est le point de départ idéal pour rayonner vers les grands parcs d’Afrique de l’Est. C’est depuis cette ville que la majorité des circuits en safari s’organisent, que ce soit vers le Kenya ou vers la Tanzanie voisine. Utiliser Nairobi comme base permet de moduler ton voyage selon ton budget, ta durée et tes envies.
Au Kenya, les destinations classiques depuis Nairobi sont le Masai Mara, Amboseli, le lac Naivasha, le lac Nakuru et Tsavo. Chacune a sa personnalité. Le Masai Mara, à l’ouest, est le prolongement naturel du Serengeti tanzanien. On s’y rend surtout pour la grande migration (en général de juillet à octobre), quand des centaines de milliers de gnous et zèbres traversent la rivière Mara. Depuis Nairobi, il faut compter 5 à 6 heures de route vers le Masai Mara, sur des axes parfois cabossés. Il existe aussi des petits vols intérieurs qui déposent directement au cœur de la réserve, mais le coût est plus élevé.
Vers le sud, Amboseli séduit pour ses paysages emblématiques avec le Kilimandjaro en toile de fond. C’est un parc plus petit, mais très riche en éléphants. Par temps clair, au lever ou au coucher du soleil, la lumière sur les pentes enneigées du Kili est spectaculaire. De Nairobi à Amboseli, la route est plus directe (environ 4 heures), ce qui permet d’intégrer ce parc facilement dans un circuit de quelques jours. C’est aussi une zone charnière si tu comptes ensuite passer en Tanzanie, car tu te rapproches naturellement de la frontière.
Vers le nord-ouest, les lacs Naivasha et Nakuru offrent un autre type d’expérience. Naivasha est connu pour ses promenades en bateau et ses balades à pied au milieu des girafes et zèbres sur Crescent Island. Nakuru, anciennement célèbre pour ses flamants roses, reste intéressant pour l’observation des rhinocéros et des grands herbivores. Ces deux lacs se combinent bien sur 2 ou 3 jours depuis Nairobi, avec des temps de route de 2 à 3 heures par tronçon.
Si tu rêves d’un voyage combiné Kenya – Tanzanie, Nairobi est également un point logique pour l’arrivée ou le départ. De nombreux circuits en Afrique de l’Est associent, par exemple, un début de séjour à Nairobi, quelques jours dans le Masai Mara, puis une traversée vers la Tanzanie pour enchaîner sur le Serengeti, le cratère du Ngorongoro et éventuellement le lac Manyara ou Tarangire. Il existe des bus qui relient Nairobi à Arusha (la principale ville de départ des safaris tanzaniens), en environ 5 à 6 heures de route via la frontière de Namanga. C’est une option plus économique que l’avion, mais qui demande un peu plus de patience et une bonne organisation des papiers de frontière.
En pratique, si tu veux utiliser Nairobi comme centre de gravité pour tes safaris, je te conseille de :
- Prévoir au moins une ou deux nuits dans la ville au début pour récupérer du vol et finaliser les derniers détails logistiques.
- Passer par une agence locale sérieuse ou un guide indépendant recommandé, plutôt que de vouloir tout réserver à la pièce sans connaissance du terrain.
- Garder une marge d’une nuit à Nairobi en fin de séjour, en cas de retard sur la route ou de problème technique, avant ton vol international.
Pour le choix des opérateurs, les offres ne manquent pas dans cette ville. Tu trouveras dans le centre comme à Westlands des dizaines d’agences proposant des « safari packages » vers le Kenya et parfois la Tanzanie. Les prix varient énormément en fonction du niveau de confort (camping, tentes permanentes, lodges, hôtels de luxe) et du nombre de personnes par véhicule. Ne te laisse pas séduire uniquement par l’offre la moins chère ; dans cette région, un bon guide fait toute la différence, et un 4×4 en bon état est une question de sécurité autant que de confort.
Vivre Nairobi au quotidien : transports, hébergements, nourriture et vie nocturne
Ce qui fait qu’on s’attache à Nairobi, c’est moins la liste des lieux à visiter que la façon dont on vit la ville au jour le jour. Et pour ça, comprendre comment se déplacer, où dormir, où manger et où sortir est essentiel.
Les transports, d’abord. Dans le paysage urbain de Nairobi, tu verras partout ces minibus colorés, souvent décorés de personnages de films ou de chanteurs américains : ce sont les matatus. Ils constituent l’épine dorsale des transports publics. Pour un voyageur étranger, les matatus peuvent être intimidants au début : aucun plan officiel lisible, pas d’horaires, une conduite parfois sportive, une promiscuité totale. Mais ce sont aussi des lieux où tu touches du doigt le quotidien des habitants. Si tu veux les utiliser, demande d’abord à quelqu’un de confiance (ton hôte, un contact local) de t’expliquer quelle ligne prendre vers ton lieu de destination, et évite les heures de pointe. Pour ceux qui ne veulent pas se lancer, les taxis via appli sont une alternative confortable et abordable pour la plupart des trajets urbains.
Les embouteillages sont une réalité que tu ne pourras pas ignorer. À Nairobi, peu importe la direction, tu auras toujours l’impression qu’il y a « plus de » voitures que ce que le réseau peut absorber. Aux heures de pointe (matin et fin d’après-midi), tout se bloque, notamment vers le centre et les grands axes comme Waiyaki Way ou Mombasa Road. Prends systématiquement une marge de sécurité pour rejoindre l’aéroport ou une gare routière. Ce n’est pas rare qu’un trajet de 30 minutes prévu en fasse 90.
Côté hébergements, le choix est vaste. Dans le centre, tu trouveras plutôt des hôtels d’affaires, pratiques si tu as des démarches à faire dans les administrations ou des rendez-vous professionnels. Pour un séjour touristique, je recommande souvent Westlands ou Karen. Westlands offre un bon compromis entre proximité du centre, nombreux restaurants, bars, centres commerciaux, et une offre d’hébergements variée, des auberges de jeunesse aux hôtels 4*. Karen, plus excentré, est idéal si tu veux un environnement calme, vert, avec un accès facile aux attractions du sud-ouest de la ville. Pour un voyageur indépendant, je privilégie les guesthouses tenues par des locaux, souvent plus conviviales et de bon conseil pour organiser tes journées.
La nourriture à Nairobi est un plaisir si tu aimes explorer. Tu peux alterner entre :
- Les restos locaux où l’on sert du nyama choma (viande grillée), des ugali (pâte de maïs), des légumes, des chapatis.
- Les cafés plus occidentalisés où tu trouves burgers, salades, plats végétariens et pâtisseries.
- La cuisine indienne, très présente au Kenya, avec des currys, des naans, des plats tandoori savoureux.
Pour un premier soir, je choisis souvent un restaurant dans Westlands, avec terrasse, histoire de reprendre mes marques tranquillement après la route. Au fil des jours, je descends de plus en plus dans des lieux fréquentés par les locaux, quitte à m’éloigner un peu des axes principaux.
La vie nocturne de Nairobi est étonnamment développée. Bars à cocktails, clubs de musique live, boîtes ouvertes jusqu’au petit matin : tu peux rapidement oublier que tu es dans une ville associée dans ton imaginaire à l’idée de safari. Les gens sortent, dansent, s’habillent avec soin. Si tu veux en profiter, je te conseille de :
- Sortir toujours en groupe, ou au moins avec une personne de confiance rencontrée sur place.
- Éviter de garder beaucoup d’argent liquide sur toi.
- Privilégier des établissements connus et fréquentés, plutôt que des bars isolés.
- Utiliser un taxi pour rentrer, même si ton hébergement ne semble pas loin.
Enfin, il y a la dimension plus intangible : apprendre quelques mots de swahili, engager la conversation avec les gens. Un « jambo », « asante sana » ou « habari yako » prononcé avec le sourire ouvre bien des portes. Nairobi est une ville où l’on peut passer rapidement, mais si tu prends le temps de t’asseoir dans un petit café, de discuter avec le serveur, le chauffeur, la vendeuse du coin de rue, tu récolteras des anecdotes, des recommandations et parfois des invitations qui transformeront ton voyage.
Idées d’itinéraires à Nairobi et autour : de l’escale courte au grand voyage
Pour rendre tout ça vraiment concret, je te propose quelques trames d’itinéraires que tu peux utiliser comme base, puis modifier selon ton budget, la saison et tes envies. Nairobi se prête aussi bien à une escale de 2 jours qu’à un séjour plus long intégrant plusieurs parcs au Kenya et, pourquoi pas, un saut vers la Tanzanie.
Escapade de 2 à 3 jours à Nairobi
Si tu es en transit vers un safari plus long ou un autre pays, mais que tu veux quand même goûter à la ville :
- Jour 1 : arrivée, installation à Westlands ou Karen. Après-midi tranquille au Musée National de Nairobi, puis dîner dans un restaurant local (nyama choma ou cuisine indienne).
- Jour 2 : safari au Nairobi National Park au lever du jour (départ vers 6 h). Retour en fin de matinée. Déjeuner, puis visite du David Sheldrick Wildlife Trust et du Giraffe Centre. Fin de journée dans un café ou un rooftop à Westlands.
- Jour 3 (si tu as du temps) : Maasai Market pour l’artisanat, balade dans le centre (en journée uniquement), visite d’une église le dimanche si tu es là au bon moment.
Cet itinéraire te donne un aperçu équilibré entre nature et ville, sans te perdre dans des transferts trop longs.
Séjour de 5 à 7 jours : Nairobi et un premier safari
Si tu veux vraiment utiliser Nairobi comme point de départ vers le Kenya sauvage :
- Jour 1 : arrivée à Nairobi, installation, récupération du voyage, premiers repères dans le quartier.
- Jour 2 : journée complète de visites à Nairobi (parc ou non selon ton énergie), musées, centre, marchés.
- Jour 3 à 5 : départ vers un premier parc accessible par la route depuis Nairobi (Amboseli, Naivasha et Nakuru, ou même un premier aperçu du Masai Mara si tu acceptes le temps de route). Deux nuits sur place minimum pour éviter d’enchaîner uniquement les transferts.
- Jour 6 : retour à Nairobi, après-midi libre, dernier dîner en ville.
- Jour 7 : départ vers ta prochaine destination (autre région du Kenya, Tanzanie, retour à la maison).
Ce format te permet d’appréhender la ville sans te précipiter, tout en vivant un vrai moment de safari dans un parc national. Tu peux ajuster, ajouter plus de temps dans la brousse si ton budget le permet, ou au contraire rester plus longtemps dans Nairobi pour t’imprégner de la vie urbaine.
Voyage combiné Kenya – Tanzanie avec Nairobi comme porte d’entrée
Pour ceux qui rêvent d’un grand circuit Est africain dans les deux pays, Nairobi s’intègre naturellement :
- Jour 1-2 : Nairobi et Nairobi National Park, comme dans les itinéraires précédents.
- Jour 3-5 : route vers le Masai Mara, deux ou trois nuits sur place pour maximiser l’observation de la faune.
- Jour 6 : retour vers Nairobi ou route directe vers la frontière de Namanga selon ton plan et ton énergie.
- Jour 7 : transfert vers Arusha en Tanzanie (en bus ou en véhicule privé), nouvelle base de départ vers le Serengeti et le Ngorongoro.
- Suite : plusieurs jours de safari en Tanzanie (Serengeti, Ngorongoro, éventuellement Tarangire), puis retour soit vers Arusha, soit vers la côte tanzanienne ou Zanzibar.
Dans ce type de voyage, la clé est de prévoir des temps de respiration à Nairobi. On sous-estime souvent la fatigue liée à la route, au changement d’environnement constant, aux formalités de frontière. Prévoir une nuit tampon à Nairobi entre deux grosses étapes permet aux imprévus de se lisser sans tout casser. C’est aussi l’occasion de revenir dans un lieu familier au milieu du voyage, de retrouver un café que tu aimes ou un restaurant dans lequel tu as déjà tes repères.
À la fin, Nairobi restera peut-être pour toi cette ville bruyante, un peu chaotique, qui n’est jamais vraiment reposante, mais qui te donne l’impression d’être au cœur de quelque chose de vivant, en mouvement constant. Une ville à laquelle on repense souvent quand on prépare un nouveau départ vers l’Afrique, parce qu’elle symbolise cette frontière floue entre la modernité urbaine et l’appel des grands espaces. Si tu acceptes ses contradictions, Nairobi deviendra un point d’ancrage précieux dans tes voyages vers le Kenya, la Tanzanie et, plus largement, tout ce coin du continent africain.