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Les animaux emblématiques à observer autour d’Otjiwa Lodge Otjiwarongo

Quand je pense à la Namibie, je revois toujours la lumière orangée des fins d’après-midi autour d’Otjiwarongo, cette région de savane arbustive qui semble s’étirer à l’infini. Otjiwa Lodge fait partie de ces endroits où l’on a l’impression de toucher du doigt ce que doit être un safari africain : des pistes poussiéreuses, des collines douces, des points d’eau cachés… et surtout une incroyable variété d’animaux. Ici, on ne vient pas juste “voir des bêtes”, on observe des comportements, des scènes de vie, parfois brutales, parfois d’une douceur inattendue. C’est ce qui fait, pour moi, le vrai sel des safaris autour d’Otjiwa.

Une réserve privée au cœur de la Namibie : le terrain de jeu des ongulés

Autour d’Otjiwa Lodge, la première chose qui frappe, c’est la densité d’ongulés. Si vous aimez chercher, repérer, suivre des traces plutôt que simplement “cocher une liste”, vous êtes au bon endroit. Là où certains parcs sont dominés par les “Big Five”, Otjiwa offre une autre forme de richesse : la diversité des espèces qui foulent le sol, chaque jour, dans une sorte de ballet silencieux, parfois très discret.

Les oryx gazella (oryx) : les seigneurs de la savane namibienne

L’oryx est probablement l’animal le plus emblématique de la Namibie, et autour d’Otjiwa Lodge, on comprend vite pourquoi. Sa silhouette est taillée pour se fondre dans le paysage : masque noir et blanc sur la tête, cornes parfaitement droites qui dessinent une ligne nette sur l’horizon, corps couleur sable.

Lors d’une de mes sorties matinales, j’ai passé presque vingt minutes à chercher d’où venaient les reflets que je voyais dans les herbes hautes. C’étaient les cornes de trois oryx, parfaitement alignés, en train de se reposer. Ce genre de scène, on ne l’aperçoit que si on prend le temps de s’arrêter, moteur coupé, en acceptant de ne rien voir… pendant un moment.

Les springboks : nervosité et élégance

Le springbok est l’autre figure familière des alentours d’Otjiwa. Plus petit, plus nerveux, il passe son temps à bondir, à se déplacer, à tester le moindre mouvement. C’est l’animal qui, même à distance, met une réserve en mouvement.

Ce qui me frappe à chaque fois avec les springboks, c’est leur capacité à sentir le danger avant tout le monde. Plusieurs fois, sur un game drive à Otjiwa, ce sont eux qui m’ont alerté de la présence d’un prédateur que je n’avais pas encore repéré, simplement en observant leur orientation, leur tension, leur façon de se figer puis de se réorganiser.

Les girafes : silhouettes tranquilles entre les acacias

Autre signature visuelle d’Otjiwa : les girafes. Il y a quelque chose de presque irréel à les voir apparaître, lentement, derrière une colline ou entre deux massifs d’acacias. Dans cette région, elles semblent faire partie intégrante du décor, comme des tours de guet vivantes.

Une fois, à quelques kilomètres du lodge, j’ai passé près d’une heure à observer une femelle girafe et son petit. Rien de spectaculaire, juste le quotidien : repas, déplacement, vigilance. Pourtant, cette scène reste l’une de mes plus belles images mentales d’Otjiwa. C’est aussi ça, l’intérêt de cette réserve : on n’est pas constamment dans la recherche de la scène “waouh”, on se laisse prendre par des moments ordinaires, mais profondément vivants.

Les prédateurs d’Otjiwa : discrétion et patience

Otjiwa n’est pas un parc surpeuplé de lions visibles à tous les tournants, et c’est justement ce qui le rend plus intéressant pour les amateurs d’observation attentive. Les prédateurs sont présents, mais ils se méritent. Il faut accepter l’idée que vous ne les verrez pas à chaque sortie, et rester attentif aux indices : une antilope isolée, des traces fraîches, un point d’eau soudain déserté.

Les léopards : maîtres de l’ombre

Le léopard est, pour beaucoup, l’animal le plus fascinant à observer en Afrique australe. Autour d’Otjiwa, sa présence est réelle, mais il reste fidèle à sa réputation : discret, silencieux, presque fantomatique.

Je me souviens d’une sortie de fin de journée où notre guide avait repéré des marques sur une piste poussiéreuse. Il a coupé le moteur, nous a fait descendre, et on a suivi les traces quelques mètres à pied. Rien, pendant de longues minutes, puis soudain, un mouvement léger dans les rochers : un jeune léopard, posé, qui nous observait depuis probablement bien plus longtemps que nous ne l’avions repéré. Ce n’est pas le genre de rencontre qu’on provoque, c’est le genre de rencontre qu’on accepte… si elle se présente.

Les chacals et autres petits carnivores

En dehors des “grands” prédateurs, ce qui rend les safaris d’Otjiwa intéressants, ce sont les plus petits carnivores, souvent sous-estimés par les voyageurs pressés :

À Otjiwa, j’essaie toujours de ne pas me focaliser uniquement sur les grandes silhouettes. Parfois, un simple arrêt à proximité d’un terrier occupé par des mangoustes ou à côté d’un chacal en chasse offre des scènes plus mémorables qu’un lion paresseux sous un arbre.

Les rhinocéros : une rencontre chargée de sens

Otjiwa fait partie de ces réserves namibiennes où la protection du rhinocéros n’est pas un simple argument marketing, mais une réalité quotidienne. Observer un rhino ici, c’est à la fois un privilège et un rappel brutal des enjeux de conservation en Afrique.

Rhinocéros blancs : masse et sérénité apparente

Les rhinocéros blancs sont plus fréquemment observés, notamment autour de certains points d’eau et dans les zones ouvertes où l’herbe est plus abondante. Leur silhouette massive, leur démarche lourde et décidée imposent le respect.

Je garde un souvenir très précis d’une observation au début d’une soirée, près d’un point d’eau. Un grand mâle rhinocéros blanc est arrivé en silence, s’est immobilisé, a sondé l’air de son museau puis a commencé à boire, tête baissée, comme s’il était complètement seul. Le guide m’a à peine parlé pendant toute la scène. Parfois, le silence est la seule réaction appropriée.

Conservation et rôle d’Otjiwa

Ce qui distingue Otjiwa de nombreux autres lieux, c’est l’accent mis sur la conservation active. Sans tomber dans le discours lisse, il faut être clair : la présence de rhinocéros ici implique une surveillance constante, des frais, des risques, une logistique lourde. Chaque observation que vous ferez est, en réalité, le résultat de tout ce travail invisible.

Quand vous préparez votre séjour à Otjiwa, je vous recommande vivement de lire mon dossier complet sur le lodge d’Otjiwa et la région d’Otjiwarongo pour bien comprendre le contexte de ces efforts et ce qu’ils impliquent pour le type de safari que vous vivrez sur place.

Les oiseaux d’Otjiwa : un safari dans le ciel

On parle souvent des animaux à quatre pattes, mais autour d’Otjiwa, les vrais compagnons de route, ce sont les oiseaux. Que vous soyez ornithologue passionné ou simple curieux, difficile de rester insensible à ce qui se passe au-dessus des pistes et dans les arbres.

Rapaces : aigles, buses et vautours

La Namibie est un pays rêvé pour observer les rapaces, et Otjiwa ne fait pas exception. Ici, les thermiques chauds de la journée servent de terrain de jeu aux grandes silhouettes noires et brunes.

Sur une de mes sorties à Otjiwa, ce sont justement les vautours qui nous ont guidés vers la scène la plus forte de la journée : la carcasse d’une antilope fraîchement abattue, probablement dans la nuit, où plusieurs espèces se succédaient, chacune à son tour. Rien de “joli” ou de spectaculaire dans le sens esthétique du terme, mais une leçon sur le fonctionnement réel de la savane.

Oiseaux d’eau et espèces plus discrètes

Les points d’eau autour d’Otjiwa attirent un échantillon très varié d’oiseaux, surtout tôt le matin et en fin d’après-midi.

L’astuce, ici, c’est de ne pas se précipiter. Si vous vous arrêtez près d’un point d’eau, laissez le moteur éteint quelques minutes. Le silence revenue, le ballet des oiseaux reprend vite, et vous verrez des espèces que vous auriez ratées en passant simplement en voiture.

Conseils pratiques pour maximiser l’observation autour d’Otjiwa

Observer les animaux emblématiques d’Otjiwa, ce n’est pas une question de chance pure. Oui, il y a une part d’aléatoire, comme partout en safari, mais plusieurs paramètres jouent en votre faveur si vous les prenez au sérieux.

Choisir les bons horaires de sortie

Je déconseille de miser sur le milieu de journée pour “cocher” vos observations. C’est un moment souvent plus calme, où les animaux cherchent l’ombre. Profitez-en plutôt pour vous reposer, trier vos photos ou échanger avec les guides sur ce que vous souhaitez voir ensuite.

Matériel utile pour l’observation

Je l’ai expérimenté plusieurs fois : un simple oubli de jumelles peut transformer un safari en frustration. À Otjiwa, de nombreux animaux restent à distance respectable, ce qui est positif pour eux, mais exigeant pour vous. Sans optiques, vous ne profitez que partiellement du spectacle.

Attitude et respect de la faune

Otjiwa n’est pas un zoo, et c’est ce qui fait tout son intérêt. Vous venez sur leur territoire, pas l’inverse. Les animaux ne vous doivent rien, et cela rend chaque observation plus précieuse. En adoptant cette logique, vous vivez votre safari différemment, avec plus d’humilité et, au final, plus d’intensité.

Chaque séjour autour d’Otjiwa Lodge est pour moi l’occasion de réapprendre la patience, l’observation et l’acceptation. Ici, les animaux emblématiques ne se livrent pas au premier coup d’œil. Mais si vous prenez le temps, si vous vous laissez guider par les pistes, les traces et les silences, la savane finit par se dévoiler, couche après couche. C’est cette lente révélation qui, à mes yeux, fait d’Otjiwa et de la région d’Otjiwarongo un terrain privilégié pour quiconque veut vraiment comprendre ce que signifie “observer la faune” en Afrique australe.

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