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Dar es Salam – ou plutôt Dar es Salaam, comme elle est officiellement appelée – est souvent réduite à une simple escale vers les safaris de Tanzanie. Pendant longtemps, pour être honnête, je l’ai moi-même traitée comme une ville de transit : une nuit pour récupérer après le vol, puis direction les parcs du sud ou du nord. Et puis un jour, j’ai pris le temps de rester. Non pas quelques heures, mais plusieurs jours, à marcher, observer, discuter, me perdre dans ses marchés et ses ruelles écrasées de chaleur. C’est là que j’ai compris que Dar es Salam n’est pas juste une étape pratique vers Selous, le Serengeti ou Zanzibar : c’est un concentré de Tanzanie moderne, brute, vivante, parfois chaotique, mais profondément attachante.

Cette ville côtière, coincée entre l’océan Indien et un arrière-pays qui monte en puissance, est un mélange d’Afrique de l’Est, d’influences arabes, indiennes et européennes. Les minarets répondent aux clochers, les dhows partent au lever du jour vers des bancs de pêche, tandis que des immeubles de verre fraîchement sortis de terre annoncent une Tanzanie tournée vers demain. Ici, le mot arabe “salaam” – paix – prend un sens particulier : Dar es Salam est loin d’être une ville “tranquille” au sens occidental, mais c’est une ville où l’on se sent étonnamment bien, porté par la gentillesse désarmante des Tanzaniens.

Dans cet article, je vais te parler de Dar es Salam comme je l’ai vécue : sans fioritures, avec ce qu’elle a de plus beau et de plus fatigant. Je vais te montrer pourquoi, à mon avis, elle mérite mieux qu’un simple changement d’avion, comment y organiser un séjour de un à trois jours, quels quartiers privilégier, quoi faire, quoi éviter, et comment l’intégrer intelligemment dans un voyage plus vaste en Tanzanie ou en Afrique de l’Est. Ce n’est pas une carte postale parfaite : c’est un guide honnête et pratique pour que tu saches où tu mets les pieds, et que tu profites de cette ville à ta manière.

Dar es Salam, porte d’entrée de la Tanzanie moderne

Dar es Salam est la plus grande ville de Tanzanie et son poumon économique. Même si Dodoma est la capitale politique, c’est ici que tout se joue : les affaires, les ports, les banques, les ONG, une bonne partie des grandes entreprises internationales. Quand tu arrives pour la première fois, la densité te frappe : circulation dense, bâtiments en construction, camions de marchandises vers le port. C’est le contraire du cliché “safari carte postale”, et c’est précisément ce qui la rend intéressante.

La ville s’étire le long de la côte, avec une baie naturelle qui a fait sa fortune. Historiquement, Dare es Salam s’est développée comme un comptoir swahili, puis comme un centre colonial allemand, avant d’être reprise par les Britanniques. On retrouve ce passé dans certains bâtiments du centre-ville (Kisutu) : façades coloniales un peu décrépies, balcons en fer forgé, vieilles administrations. Mais la plupart de la ville est désormais un mélange de tours modernes, de quartiers résidentiels plus calmes et de zones populaires vibrantes, où la poussière et le bruit font partie du décor.

Pour un voyageur, la dimension géographique compte vraiment. Beaucoup de gens arrivent avec l’idée que Dar es Salam est petite, et se retrouvent surpris par les distances. Traverser la ville d’ouest en est pour aller vers la mer peut facilement prendre une heure ou plus, surtout aux heures de pointe. Il faut l’anticiper dans ton planning, que ce soit pour un vol intérieur vers le nord (Serengeti, Arusha) ou un ferry pour Zanzibar. Quand tu organises ta mise en route vers d’autres régions, prévois toujours un peu de marge.

Ce qui m’a frappé, dès mes premiers jours, c’est l’alignement entre la ville et la Tanzanie d’aujourd’hui : une société jeune, en pleine transition. Les smartphones sont partout, les bars diffusent du football en boucle, les affiches publicitaires vantent les offres 4G. Et pourtant, à quelques rues des grandes artères, tu retombes dans une vie très locale : petites échoppes, vendeuses de fruits qui crient leurs prix, odeurs de poisson grillé au bord de la route, appels à la prière qui rythment la journée. C’est cette superposition de strates qui rend Dar es Salam plus intéressante que ce qu’on imagine souvent.

Pour un premier voyage en Afrique, c’est une bonne porte d’entrée, à condition d’accepter le choc sensoriel : la chaleur moite, le bruit de la circulation, le désordre apparent. Ce n’est pas “facile” comme certaines villes d’Afrique australe, plus structurées, mais ce n’est pas non plus une mégalopole ingérable. En restant dans quelques quartiers bien choisis, on peut vivre une expérience réaliste de la Tanzanie urbaine sans se sentir dépassé.

Quartiers, ambiance et vie quotidienne à Dar es Salam

Pour comprendre Dar es Salam, il faut la vivre quartier par quartier. C’est une ville qui ne se donne pas au premier regard, mais qui se révèle si tu prends le temps de marcher, de t’asseoir dans un café, de discuter. Voici comment je la lis, avec un regard de voyageur qui cherche à la fois l’authenticité et une base pratique pour organiser le reste du voyage en Tanzanie.

Le centre-ville (Kisutu, Kivukoni) est le cœur administratif et commercial. C’est là que tu trouves le port, certains bâtiments officiels, des banques, et un mélange d’anciens immeubles coloniaux et de bureaux modernes. L’ambiance y est urbaine, dense, très “business”. Pour se loger, je trouve la zone pratique si tu restes une nuit avant de prendre le ferry vers Zanzibar ou un bus vers le sud, mais elle manque un peu de charme pour un séjour plus long. L’avantage, c’est que tu es proche du Kigamboni Ferry, du marché aux poissons de Kivukoni et de quelques musées.

Plus au nord, sur la péninsule de Msasani, les quartiers comme Masaki et Oyster Bay offrent un tout autre visage. Ici, la ville se détend : rues plus calmes, maisons avec jardins, embassades, cafés modernes, restaurants face à la mer. C’est la “bulle” des expatriés, de la classe moyenne aisée et des voyageurs qui cherchent un peu de confort. J’y ai passé plusieurs séjours, notamment à Masaki, pour travailler au calme entre deux safaris. C’est un bon choix pour toi si tu veux une base sûre, pratique, avec de bons restaurants et la possibilité d’aller marcher le soir sans trop te poser de questions.

En descendant vers Mwenge et Ubungo, tu entres dans une Dar es Salam plus populaire, plus dense, moins tournée vers les voyageurs. Ce n’est pas forcément là que tu dormiras, mais y passer une demi-journée peut être éclairant. Le marché de Mwenge, par exemple, est connu pour ses sculptures sur bois et son artisanat makonde. On y voit des artisans à l’œuvre, des échoppes serrées les unes contre les autres, de la poussière, de la vie. C’est aussi dans ces zones qu’on réalise combien la ville est jeune : partout, des vendeurs ambulants, des moto-taxis, une énergie constante.

Pour la vie quotidienne, quelques choses à savoir. D’abord, les horaires : la ville s’éveille tôt, avec les premiers appels à la prière et les bus (dala-dala) déjà pleins à l’aube. Vers 9-10h, la chaleur commence à peser et la lumière devient dure. Les fins d’après-midi, en revanche, sont un bon moment pour se promener, notamment vers le front de mer à Oyster Bay ou autour de Slipway, où les gens viennent voir le soleil se coucher sur l’océan. C’est souvent là que j’ai eu mes discussions les plus intéressantes, avec des Tanzaniens curieux de savoir d’où je venais et pourquoi j’étais resté “plus d’un jour” dans leur ville que beaucoup considèrent comme une simple étape.

La question de la sécurité revient souvent. Mon expérience est la suivante : Dar es Salam n’est pas une ville “dangereuse” au sens où l’on pourrait le craindre, mais c’est une grande ville africaine, avec les précautions habituelles. Dans la journée, se promener dans les principaux quartiers est tout à fait faisable. Le soir, je limite mes déplacements à pied aux zones plus fréquentées et éclairées (Masaki, Oyster Bay, certains secteurs du centre). Je prends systématiquement un taxi ou un Uber/Bolt pour les trajets plus longs ou tardifs. Garder son téléphone rangé dans les zones très bondées, éviter d’exhiber bijoux et grosses liasses de billets : des gestes simples, mais importants.

Enfin, il y a la question du climat, qui fait partie de la vie quotidienne. La ville est chaude et humide quasiment toute l’année, avec des pics pendant la saison des pluies (mars à mai, puis parfois une petite saison en novembre). Pour toi, ça veut dire : vêtements légers mais pas trop courts (on reste dans une ville à majorité musulmane), hydratation constante, et une vraie pause aux heures les plus chaudes. Je me suis souvent réfugié dans de petits cafés de quartier ou des restaurants face à la mer pour laisser retomber la température, avant de repartir vers la ville au coucher du soleil.

Que faire à Dar es Salam : visites, plages et escapades autour de la ville

Dar es Salam n’a pas la réputation d’une ville de “grands monuments”, mais elle offre pourtant pas mal d’activités si tu t’y arrêtes au moins un jour ou deux. L’idée, c’est de combiner des moments de découverte culturelle, un peu de bord de mer et éventuellement une escapade sur une île ou vers la côte sud. Voici ce que j’ai trouvé le plus intéressant, en restant précis sur ce qui vaut le détour ou non.

Au cœur de la ville, le marché aux poissons de Kivukoni est l’un de mes lieux préférés pour sentir le pouls local. Il faut y aller tôt le matin, au moment où les bateaux reviennent. L’odeur est forte, le sol est glissant, les cris fusent dans tous les sens. Des hommes portent des bacs de poissons encore frétillants, des femmes trient, négocient, des enfants courent entre les étals. Ce n’est pas une visite “propre” ni spécialement instagrammable, mais pour moi c’est Dar es Salam dans ce qu’elle a de plus vrai. Garde ton appareil bien attaché, sois discret, et surtout respecte les gens : un sourire, un “habari” (bonjour) ou un “asante” (merci) ouvrent souvent des portes.

Un peu plus au nord, le Village Museum (Kijiji cha Makumbusho) vaut le déplacement si tu veux un aperçu de la diversité culturelle tanzanienne sans faire le tour du pays. C’est un musée en plein air avec des reconstitutions de maisons traditionnelles de différentes ethnies. Ce n’est pas toujours très “vivant” en semaine, mais il y a parfois des démonstrations de danse et de musique, surtout le week-end. J’y ai passé deux bonnes heures, à marcher d’une maison à l’autre, à discuter avec quelques guides qui m’ont expliqué la signification de certains objets ou rituels.

Si la chaleur te pèse, tu peux te tourner vers la mer. Les plages dans la ville même ne sont pas les plus belles de Tanzanie, mais Coco Beach (Oyster Bay) a son charme, surtout en fin de journée. Les Tanzaniens viennent y manger des brochettes, boire une boisson fraîche, écouter de la musique. Ce n’est pas une plage de carte postale : l’eau n’est pas toujours parfaite pour la baignade, il y a du monde, du bruit. Mais pour observer la vie locale, c’est imbattable. Si tu veux une ambiance plus “calme” et un peu plus “carte postale”, vise Bongoyo Island ou Mbudya Island, deux petites îles au large, accessibles en bateau depuis la péninsule.

Bongoyo et Mbudya sont mes échappatoires préférées lorsque la ville devient trop intense. Les bateaux partent généralement de Slipway (pour Bongoyo) ou de quelques jetées plus au nord (pour Mbudya). En 20 à 40 minutes, tu te retrouves sur une île avec plage de sable blanc, eau turquoise, quelques paillotes pour l’ombre et des stands de poisson grillé. Le contraste avec Dare es Salam est saisissant. C’est le genre d’escapade parfaite pour couper entre deux jours de transport ou après une longue arrivée. Attention toutefois aux horaires : les derniers bateaux repartent relativement tôt, et il vaut mieux acheter ton billet aller-retour dès le départ.

Côté culture, ne t’attends pas à une offre aussi dense qu’à Nairobi ou Le Cap, mais ne sous-estime pas pour autant la ville. Certaines mosquées anciennes, comme la Mosquée de l’Océan Indien, et quelques églises rappellent le mélange religieux de la région. Tu peux aussi te promener dans les rues du vieux quartier indien, où l’on trouve de petits temples, des magasins de tissus et des restaurants végétariens excellents. C’est là que j’ai mangé certains des meilleurs currys de mon voyage, pour un prix dérisoire.

Si tu as un peu plus de temps, Dar es Salam peut aussi servir de base pour des sorties plus ambitieuses. Vers le sud, la presqu’île de Kigamboni offre des plages plus tranquilles et encore assez peu fréquentées en semaine. On y accède aujourd’hui par un pont moderne (ou par le vieux ferry, si tu veux une expérience plus locale). Plusieurs lodges en bord de mer permettent d’y passer une nuit ou deux, presque en dehors de la ville tout en restant à portée de main de l’aéroport et du centre.

Enfin, pour les voyageurs qui préparent un safari dans les parcs du sud (Nyerere, ex-Selous, ou Mikumi), Dar es Salam est souvent le point de départ. Dans ce cas, profites-en pour passer au moins un jour dans la ville avant de filer. C’est une bonne manière de poser ton regard sur la Tanzanie urbaine avant de plonger dans les grands espaces sauvages. Les contrastes entre la foule de la ville, les lions au coucher du soleil ou les éléphants traversant la piste resteront gravés plus fort en toi si tu as connu les deux visages du pays.

Logement, budget et sécurité : organiser son séjour à Dar es Salam

Dar es Salam est une ville où l’on peut vivre avec presque tous les budgets, du backpacker au voyageur haut de gamme. L’important, c’est de choisir ton quartier en fonction de ton programme et de ton niveau de confort souhaité, puis d’anticiper un minimum tes déplacements et tes dépenses. Voici comment je structure généralement mon séjour.

Pour un premier passage, je recommande souvent de dormir soit dans le centre (Kisutu/Kivukoni), soit sur la péninsule de Msasani (Masaki, Oyster Bay). Le centre est pratique si tu dois prendre tôt le ferry pour Zanzibar ou si tu as une correspondance en bus. Les tarifs y sont en général plus abordables, avec des hôtels simples mais corrects. Sur Msasani, tu payes un peu plus cher, mais tu gagnes en confort, en restaurants de qualité, en ambiance plus “détendue”. Pour moi, Masaki est aujourd’hui mon choix par défaut, surtout si je reste plus d’un jour dans la ville.

Côté budget, les fourchettes sont larges :

Pour les repas, Dar es Salam peut être très économique si tu manges local. Un plat de riz avec haricots, légumes et un peu de viande dans une gargote de quartier te coûtera rarement plus de 2 ou 3 €. Dans les restaurants plus “internationaux” ou en bord de mer, tu grimperas vite vers 8-15 € le plat, voire plus pour du poisson frais ou des fruits de mer. Personnellement, j’alterne : repas local le midi, plus travaillé le soir, surtout lorsqu’il fait bon s’asseoir en terrasse face à l’océan.

La question de la sécurité financière est aussi importante : retire du cash dans des distributeurs situés dans des malls ou des banques plutôt que dans la rue. La monnaie locale est le shilling tanzanien, mais certains établissements facturent en dollars américains pour les activités touristiques. Pour éviter les mauvaises surprises, garde une partie de ton budget en cash, et une autre sur carte, et ne sors jamais tout à la fois. Dans la rue, aie un petit porte-monnaie “de tous les jours” avec quelques billets pour les dépenses courantes, et garde le reste bien caché dans ton sac ou ta chambre.

Sur la sécurité physique, mon ressenti global est plutôt bon, mais je reste prudent. Dans les zones plus touristiques (Masaki, Oyster Bay, centre), on sent une présence policière et une volonté de garder la ville sûre pour les visiteurs et les expatriés. Dans les quartiers plus populaires, c’est surtout le petit vol opportuniste qu’il faut craindre. Les conseils que j’applique pour moi sont simples : éviter de marcher seul tard le soir dans des rues peu éclairées, privilégier les taxis ou les VTC, ne pas accepter de “guides improvisés” insistants, et signaler clairement si une situation me met mal à l’aise.

Pour un séjour bien organisé, j’essaie de planifier à l’avance :

Enfin, sur le plan sanitaire, Dar es Salam est en zone où le paludisme est présent. Personnellement, je ne prends pas systématiquement de traitement préventif pour la ville seule, mais je suis très strict sur la protection anti-moustiques : répulsif dès la fin d’après-midi, vêtements longs le soir, moustiquaire si disponible. Discute avec ton médecin avant le départ pour une recommandation adaptée à ton profil et à l’ensemble de ton voyage en Tanzanie. Une bonne assurance voyage, qui couvre les évacuations et les soins privés, est également à mon sens indispensable.

Se déplacer, sortir de la ville et préparer la suite de son voyage en Tanzanie

Dar es Salam est un nœud de transport majeur pour l’est de la Tanzanie. Que tu partes vers Zanzibar, le nord (Arusha, Kilimandjaro, Serengeti), le sud (Nyerere, Mikumi, Ruaha) ou même vers d’autres pays d’Afrique de l’Est, tu passeras probablement par ici. La clé, c’est de comprendre comment la ville fonctionne en termes de déplacements, et comment optimiser ton temps pour éviter les pièges les plus classiques.

À l’intérieur de la ville, tu as plusieurs options. Les dala-dala (minibus locaux) sont le moyen de transport le plus économique, mais aussi le plus déroutant pour un nouvel arrivant : itinéraires parfois flous, surpopulation, chaleur intense. Je les utilise rarement avec un gros sac à dos. Pour la plupart des voyageurs, les taxis officiels, Uber et Bolt sont les solutions les plus simples. Ils ne sont pas chers à l’échelle européenne, surtout si l’on partage un trajet à plusieurs. L’important est de vérifier le tarif avant de monter pour les taxis sans compteur, et de garder ton lieu de destination écrit (ou sur Google Maps) pour éviter les malentendus.

Pour aller vers l’aéroport Julius Nyerere, il faut anticiper. Selon l’heure et le jour, le trajet peut prendre entre 25 minutes et 1h30. Pour les vols internationaux, je pars en général de mon hébergement 3 heures avant le départ au minimum. Pour les vols domestiques, 2 heures suffisent souvent, mais seulement si tu loges dans un quartier bien situé. Vers le terminal de ferry pour Zanzibar, la même logique s’applique : la route longe parfois des zones très embouteillées. Il vaut mieux arriver trop tôt que de voir le bateau lever l’ancre sans toi.

Le ferry vers Zanzibar est l’un des trajets emblématiques depuis Dar es Salam. Plusieurs compagnies opèrent, la plus connue étant Azam Marine. Je conseille toujours de réserver ton billet à l’avance, soit en ligne, soit via ton hébergement, surtout en haute saison. Choisis une cabine “Business” ou “VIP” si ton budget te le permet : plus d’espace, un peu de calme, ce qui n’est pas un luxe après ou avant un long voyage. La traversée dure environ 2 heures, parfois un peu plus, et peut être agitée : si tu es sujet au mal de mer, prévois ce qu’il faut.

Pour les safaris et les grands parcs, Dar es Salam est surtout la porte d’entrée vers le sud de la Tanzanie. Depuis la ville, des vols intérieurs partent vers des pistes proches de Nyerere (Selous) ou de Mikumi, et des bus ou 4×4 organisés font la route par la terre. C’est là que tes choix d’organisation prennent tout leur sens. Si tu pars avec une agence ou un lodge qui vient te chercher directement en ville, tu auras une transition plus fluide. Si tu voyages de manière plus indépendante, il faudra te renseigner précisément sur les horaires de bus, l’état des routes et le temps de trajet. J’ai déjà vu des voyageurs rater un départ pour un parc parce qu’ils avaient sous-estimé le chaos des transports en commun au petit matin.

Vers le nord du pays (Arusha, Moshi, parcs du Serengeti, Ngorongoro, Tarangire), la stratégie la plus simple est souvent de prendre un vol intérieur Dar es Salam – Arusha ou Kilimandjaro. C’est plus rapide et plus confortable que le bus longue distance, même si ces derniers existent. Quand j’ai plus de temps et que je veux “sentir” le pays, je prends parfois le bus, mais je le fais en connaissance de cause : trajets de 10 heures ou plus, chaleur, fatigue. À toi de voir ce que tu privilégies : gain de temps ou immersion.

Dar es Salam peut aussi être un point de départ vers d’autres pays. Des bus de ligne relient la ville à Nairobi (Kenya) ou à certaines villes du Malawi et de la Zambie, mais ces trajets demandent de la patience et une bonne tolérance à l’imprévu. Si tu voyages pour la première fois en Afrique de l’Est, je te conseillerais plutôt de rester concentré sur la Tanzanie et Zanzibar, puis de revenir une autre fois pour un grand circuit vers le Kenya, la Zambie ou plus loin vers le Zimbabwe et le Botswana. Vouloir tout faire en un seul voyage mène souvent à un programme épuisant où Dar es Salam devient une simple zone de transit floue dans ta mémoire.

Un dernier point important : la gestion du temps et de l’énergie. Dar es Salam est intense. Après plusieurs jours de safari ou un long vol intercontinental, la ville peut sembler “trop”. À l’inverse, si tu commences ton voyage ici, elle peut te mettre immédiatement dans le bain africain, avec une vraie dose de réalité urbaine. Mon conseil : accorde-toi au moins une demi-journée sans programme strict, juste pour prendre le rythme, t’habituer à la chaleur, tester les transports, trouver tes repères. Ce temps perdu en apparence sera largement gagné en sérénité pour la suite de ton parcours en Tanzanie.

Mon regard personnel sur Dar es Salam pour un premier voyage en Afrique de l’Est

Avec les années, Dar es Salam est devenue pour moi bien plus qu’une simple ville “où l’on passe”. C’est un visage de l’Afrique de l’Est qui ne se cache pas derrière les clichés de safari : celui d’une grande ville en mouvement, avec ses inégalités, ses embouteillages, ses rires, ses marchés bruyants, ses odeurs parfois rudes et ses couchers de soleil surprenants sur l’océan. Quand je repense à mes séjours là-bas, ce sont moins des monuments précis qui me reviennent que des scènes : un chauffeur de taxi qui, en plein embouteillage, coupe le moteur pour économiser quelques gouttes d’essence et discute de politique avec moi ; un vendeur de noix de cajou qui insiste pour m’en faire goûter “pour le plaisir”, sans contrepartie ; un orage tropical qui s’abat sur la ville en fin de journée, lavant tout d’un coup.

Pour toi qui prépares un voyage en Afrique et en Tanzanie, la grande question est souvent : “Est-ce que ça vaut le coup de rester dans cette ville, ou est-ce que je file directement vers les parcs et les plages ?”. Ma réponse est nuancée. Si tu n’as que dix jours pour tout faire – safari, Zanzibar, peut-être le Kilimandjaro – il est logique de considérer Dar es Salam avant tout comme un point de transit. Dans ce cas, pose-toi intelligemment : une nuit sur la péninsule pour te remettre du vol, un bon repas face à la mer, et tu passes à la suite.

Mais si tu as un peu plus de temps – deux à trois semaines – je pense que consacrer au moins un ou deux jours pleins à la ville a du sens. C’est une manière concrète d’équilibrer ton voyage : ne pas seulement voir la Tanzanie “idéalisée” des parcs et de Zanzibar, mais aussi la Tanzanie réelle, celle où vivent la majorité des habitants, dans une grande ville en mutation. Est-ce que c’est “facile” ? Non. La chaleur, la circulation, le bruit, la sensation de ne pas toujours comprendre ce qui se passe peuvent être fatigants. Mais c’est aussi là que tu peux avoir des échanges plus profonds, poser des questions, comprendre comment les gens vivent au quotidien.

Pour rendre cette expérience positive, quelques conseils très concrets :

Je ne te dirai pas que Dar es Salam est une ville “magnifique” au sens classique du terme. Elle n’a pas la beauté évidente du Cap, ni la dramaturgie de certaines villes d’Afrique australe. Mais elle a quelque chose de plus discret et de plus vrai : elle est le reflet d’un pays qui avance, avec ses forces et ses faiblesses, ses défis et ses élans. Si tu lui donnes une chance, au-delà des quelques heures passées coincé dans un taxi vers l’aéroport ou le port, elle peut devenir un des souvenirs les plus marquants de ton voyage.

En quittant Dare es Salam pour rejoindre les grands parcs, les plages de Zanzibar ou les montagnes du nord, tu emportes avec toi une pièce importante du puzzle tanzanien : celle de la ville qui travaille, qui rêve et qui se fatigue aussi, loin des regards tournés exclusivement vers les lions, les éléphants et les cartes postales. Et pour moi, c’est cette pièce-là qui donne tout son sens à un voyage en Afrique : accepter de voir plus que ce pour quoi on est venu au départ.

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