Quand je pense à Madagascar, je ne pense pas d’abord à des plages de carte postale, mais à une route cahoteuse au lever du jour, aux silhouettes des zébus dans la brume, et à ces odeurs de bois brûlé qui s’accrochent aux vêtements. Voyager sur la Grande Île, ce n’est pas un simple séjour balnéaire : c’est un plongeon brut dans un pays immense, lent, parfois déroutant, mais terriblement attachant. Et pour vraiment en profiter, un circuit touristique bien construit fait toute la différence.
Madagascar est plus vaste que beaucoup ne l’imaginent. Les distances sont longues, les routes souvent en mauvais état, et chaque région semble être un pays différent : hauts plateaux sculptés par les rizières, forêts primaires peuplées de lémuriens, massifs rocheux lunaires, villages de pêcheurs, îles paradisiaques comme Nosy Be… Sans une vraie réflexion sur l’itinéraire, on passe vite plus de temps dans la voiture que sur le terrain à découvrir.
Sur ce blog dédié au voyage en Afrique, je vous parle souvent de safaris en Tanzanie ou au Botswana, de grands parcs et de faune africaine. Madagascar, elle, joue une autre partition. On est toujours en Afrique, mais aussi un peu ailleurs : influences asiatiques, créoles, françaises… Les circuits à Madagascar sont moins “safari photo” que “voyage d’exploration”. Il faut accepter la lenteur, les imprévus, les petits inconforts, mais c’est précisément ce qui rend l’expérience authentique.
Dans cet article, je vais vous aider à construire un circuit touristique à Madagascar qui tienne la route, que vous partiez pour 10, 15 ou 21 jours. On va parler itinéraires majeurs (la fameuse Route Nationale 7, le Nord autour de Nosy Be, l’Est forestier, l’Ouest sauvage), types de voyages possibles, choix entre circuits accompagnés et aventure plus indépendante, et surtout d’organisation concrète : où atterrir, combien de nuits dans chaque étape, comment éviter de sous-estimer les temps de trajet, quand partir, quel budget prévoir.
Je ne vous vends pas un Madagascar “facile”. Mais si vous cherchez un circuit différent de ce qu’on trouve dans les grands parcs d’Afrique continentale, avec des rencontres, de la marche, des lémuriens au-dessus de la tête et des villages isolés au bout de pistes poussiéreuses, alors vous êtes au bon endroit. On va entrer dans le concret, jour après jour, pour que votre prochain voyage à Madagascar ressemble à une vraie aventure, sans pour autant partir totalement à l’aveugle.
Pourquoi choisir un circuit touristique à Madagascar pour un premier voyage ?
Quand vous décidez de partir à Madagascar pour la première fois, la tentation est grande de réserver quelques nuits à Nosy Be ou sur une plage du Nord, et de vous laisser porter. Sauf que ce serait passer à côté de l’essentiel. Un circuit bien pensé permet de comprendre à quel point la Grande Île est multiple. C’est ce contraste permanent qui rend le voyage si intense : dans la même semaine, vous pouvez vous réveiller dans une guesthouse des Hautes Terres à Antsirabe, marcher dans un canyon minéral à l’Isalo, et terminer la journée les pieds dans le sable à Ifaty ou Anakao.
Un circuit touristique à Madagascar, surtout si vous ne connaissez pas encore l’Afrique, a un intérêt majeur : il structure le voyage dans un pays où les infrastructures sont limitées. Les bus locaux (taxi-brousse) sont une aventure en soi, mais ils ne conviennent pas à tout le monde, surtout si vous avez 12 ou 15 jours de vacances. Les circuits, qu’ils soient accompagnés avec chauffeur-guide ou partiellement autonomes, permettent :
- De limiter les temps perdus dans les transports et les galères de billets ou de pannes.
- De réserver à l’avance des hébergements parfois rares dans certaines zones.
- De sécuriser les trajets les plus délicats (pistes, traversées de zones isolées).
- De profiter de guides locaux pour les randonnées, la faune, les parcs nationaux.
Un autre point que beaucoup de voyageurs sous-estiment : la taille du pays. Sur la carte, Antananarivo – Toliara, la fameuse RN7, semble raisonnable. Dans la réalité, c’est un enchaînement de virages, de traversées de villages, de ralentisseurs, qui demandent plusieurs jours. Sans circuit structuré, on a vite tendance à surcharger l’itinéraire et à se retrouver à passer 7 ou 8 heures par jour dans un véhicule. Je l’ai vu plus d’une fois, et la fatigue grignote alors le plaisir du voyage.
Pour un premier voyage, je conseille souvent un circuit “classique” mais très efficace, de type Route Nationale 7 sur 12 à 15 jours, combiné éventuellement avec quelques nuits à la mer. C’est un itinéraire qui donne un bon aperçu de Madagascar : les Hautes Terres, les rizières, les parcs nationaux, les baobabs, les villages, et enfin l’océan. Ensuite, lors d’un deuxième voyage, vous pourrez viser un circuit plus spécifique : Nord autour de Nosy Be, croisières, Ouest sauvage ou Est tropical.
Enfin, il y a la question de la sécurité et du confort mental. Madagascar n’est pas un pays dangereux au sens strict, mais les réalités économiques sont dures. Voyager en circuit accompagné, avec un chauffeur ou une agence fiable, permet de réduire certaines tensions logistiques : où retirer de l’argent, quels quartiers éviter la nuit dans Antananarivo, quels tronçons de route sont déconseillés. Vous restez maître de votre voyage, mais vous gagnez en sérénité, ce qui vous laisse plus d’énergie pour observer, rencontrer, et vivre vraiment ce que le pays a à offrir.
Les grands types de circuits touristiques à Madagascar : RN7, Nord, Est, Ouest et îles
Madagascar se découvre rarement en un seul voyage. Pour construire un circuit cohérent, il faut d’abord choisir une “zone principale” et accepter de renoncer au reste cette fois-ci. En Afrique australe, on raisonne souvent en termes de parcs (Kruger, Okavango, Serengeti) ; à Madagascar, on pense plutôt en axes routiers et en régions : la Route Nationale 7 (RN7), le Nord (Nosy Be, Diego Suarez), l’Est (canal des Pangalanes, forêts humides), l’Ouest (Tsingy, baobabs), plus quelques îles stratégiques.
La RN7 : le grand classique pour un premier circuit
C’est “le” circuit incontournable pour découvrir Madagascar en quelques jours ou deux semaines. Il part d’Antananarivo (souvent appelée simplement “Tana”) pour descendre vers le sud-ouest jusqu’à Toliara (ou Tuléar). En chemin, on traverse :
- Les Hautes Terres (Antsirabe, Ambositra) avec leurs rizières, leurs villages artisanaux, l’ambiance fraîche du matin.
- Les parcs nationaux de Ranomafana (forêt tropicale, lémuriens) et de l’Isalo (canyons, piscines naturelles, paysages minéraux).
- Les zones semi-désertiques et les villages de pêcheurs vers Ifaty, Anakao ou Mangily, pour quelques nuits en bord de mer.
C’est un circuit linéaire, facile à structurer, accessible en 10 à 15 jours, idéal pour un premier voyage à Madagascar.
Le Nord : Nosy Be, Diego Suarez et les parcs du bout du monde
Si vous imaginez plutôt votre circuit sous forme de lagons, d’îlots et de croisières en catamaran, alors le Nord est pour vous. Autour de Nosy Be, vous pouvez :
- Passer quelques nuits sur l’île principale pour rayonner vers Nosy Komba, Nosy Tanikely, Nosy Sakatia.
- Monter vers Diego Suarez (Antsiranana) pour découvrir la baie de Diego, la Mer d’Émeraude, les Tsingy rouges, la Montagne d’Ambre.
- Combiner plages, plongée, snorkelling et quelques journées de marche dans des parcs luxuriants.
Ce genre de circuit convient bien à ceux qui veulent un voyage plus “détente”, tout en gardant une dimension nature et découverte.
L’Est : forêts, Pangalanes et climat tropical
Les circuits à l’Est de Madagascar partent souvent d’Antananarivo pour rejoindre la côte vers Toamasina (Tamatave) puis parfois l’île Sainte-Marie. On y trouve :
- Des forêts humides riches en lémuriens, caméléons, grenouilles endémiques.
- Le canal des Pangalanes, que l’on parcourt en pirogue ou en bateau pour s’immerger dans la vie des villages.
- Des plages plus sauvages et un climat plus instable, avec des pluies fréquentes.
C’est un circuit plus “tropical”, souvent apprécié de ceux qui cherchent les ambiances de jungle, même si la logistique peut y être un peu plus compliquée.
L’Ouest et les Tsingy : pour les voyageurs patients
L’Ouest de Madagascar est plus difficile d’accès et demande plus de jours. On y va pour :
- Les Tsingy de Bemaraha, ces cathédrales de calcaire incroyables à arpenter en marchant, en grimpant, en se faufilant.
- L’allée des Baobabs près de Morondava, au lever ou au coucher du soleil.
- Des paysages de savane, de rivières, de villages reculés.
C’est un circuit à envisager si vous avez au moins 15 à 20 jours, ou en combiné avec un autre axe, car les pistes sont longues et fatigantes.
En pratique, pour un premier voyage de 10 à 15 jours, je conseille de vous concentrer soit sur la RN7, soit sur le Nord autour de Nosy Be et Diego Suarez. Les circuits plus complexes (Ouest, combiné Est+îles) se prêtent mieux à des voyages plus longs ou à des voyageurs déjà familiers avec la logistique africaine.
Exemple de circuit RN7 de 12 à 15 jours : un itinéraire concret jour par jour
Pour vous donner une vision claire, voici un exemple de circuit touristique à Madagascar le long de la Route Nationale 7, inspiré de mes propres voyages. C’est typiquement le genre de parcours que je recommande à ceux qui veulent découvrir Madagascar pour la première fois, sans se disperser.
Antananarivo – Antsirabe : entrer dans les Hautes Terres
Jour 1-2 : Arrivée à Antananarivo. Prévoyez au moins une nuit sur place à l’arrivée, surtout si votre vol arrive tard. Tana n’est pas une ville facile, mais c’est une bonne introduction : circulation dense, marchés, collines, mélange de pauvreté et de raffinement ancien. Le lendemain, départ pour Antsirabe (environ 3-4 heures de route). On traverse les Hautes Terres, on découvre les premières rizières en terrasses, les maisons en briques rouges. À Antsirabe, je recommande au moins 1 nuit, idéalement 2, pour souffler, visiter les ateliers d’artisans et faire une balade dans les environs.
Antsirabe – Ambositra – Ranomafana : des rizières à la forêt tropicale
Jour 3 : Route vers Ambositra, capitale de l’artisanat zafimaniry (sculpture sur bois). Arrêt conseillé pour découvrir les ateliers, déjeuner, puis continuation vers Ranomafana. Prévoir une arrivée en fin de journée. C’est une journée dense, mais faisable. Installation pour 2 nuits à Ranomafana.
Jour 4 : Parc national de Ranomafana. Ici, oubliez les “grands animaux” façon safaris en Afrique continentale. Vous êtes dans un monde de lémuriens, de caméléons, de petites bêtes nocturnes et de végétation luxuriante. Prévoyez une randonnée guidée (obligatoire) de 3 à 5 heures. Le soir, balade nocturne le long de la route avec un guide pour observer les espèces actives après la tombée de la nuit. Ne négligez pas cette activité, souvent l’une des plus marquantes.
Ranomafana – Fianarantsoa – Ambalavao : vignobles et premiers reliefs
Jour 5 : Départ vers Fianarantsoa, puis continuation vers Ambalavao. Les paysages changent, deviennent plus secs, plus rocheux. Arrêt possible à Fianarantsoa pour une vue panoramique sur la vieille ville. À Ambalavao, je conseille une nuit, voire deux si vous voulez intégrer une randonnée dans la réserve d’Anja (lémuriens catta, paysages de granit, ambiance très forte). C’est aussi ici que l’on peut visiter des ateliers de papier Antemoro ou de soie sauvage.
Ambalavao – Isalo : entrer dans le massif
Jour 6 : Route vers le parc national de l’Isalo. C’est un moment charnière du circuit : on quitte progressivement les Hautes Terres pour entrer dans un univers presque désertique, avec des massifs rocheux sculptés par l’érosion. Prévoir 2 nuits minimum à proximité du parc (Ranohira ou environs). Les hébergements sont assez variés, du petit hôtel simple au lodge plus confortable.
Jour 7 : Journée de randonnée dans l’Isalo. Il existe plusieurs circuits de marche, de quelques heures à la journée complète. Mon conseil : ne sous-estimez pas la chaleur. Partez tôt, emportez assez d’eau, casquette, protection solaire. Les piscines naturelles et les canyons sont spectaculaires, mais le plaisir dépend aussi de votre gestion de l’effort. Ne vous contentez pas du sentier le plus court si vous êtes en forme, les zones plus isolées révèlent un autre visage du parc.
Isalo – Toliara – Ifaty ou Anakao : l’océan comme récompense
Jour 8 : Route vers Toliara (Tuléar), puis transfert vers Ifaty, Mangily, ou par bateau vers Anakao selon vos envies. C’est souvent une journée assez longue. On croise les premiers baobabs, les villages sakalava, les charrettes à zébus. À l’arrivée, l’océan vous attend. Je recommande d’y passer au moins 2 à 3 nuits pour faire retomber la pression des jours de route précédents.
Jours 9-11 (ou plus) : Séjour balnéaire et exploration. Plongée, snorkelling, rencontres avec les pêcheurs vezo, sorties en pirogue traditionnelle, balade dans la forêt de baobabs, ou juste repos total. Si vous avez 15 jours de voyage, vous pouvez vous offrir une journée supplémentaire ici. C’est souvent à ce moment-là, assis face à la mer, que le voyage sédimente vraiment.
Retour vers Antananarivo
Derniers jours : Selon votre budget et le temps disponible, deux options :
- Vol intérieur Toliara – Antananarivo (solution la plus confortable, mais avec un coût et une fiabilité des vols à surveiller).
- Retour par la route, en repartant d’Ifaty vers Tana, avec une nuit de coupure en chemin (option plus longue, à réserver à ceux qui ont du temps et une bonne résistance aux longues journées de route).
Ce circuit RN7 de 12 à 15 jours reste l’un des meilleurs compromis entre découverte, variété et réalisme logistique. Il peut ensuite être adapté : ajouter une extension vers le canal des Pangalanes, terminer par quelques nuits à Nosy Be si votre budget vols le permet, ou intégrer une boucle vers les Tsingy d’Anja si vous êtes amateurs de randonnée.
Circuits dans le Nord : Nosy Be, Diego Suarez et croisières entre îles
Si vous avez déjà parcouru la RN7 ou si votre imaginaire de Madagascar est fait de lagons et d’îlots, un circuit dans le Nord autour de Nosy Be et Diego Suarez est une excellente option. On est ici sur une approche très différente du voyage : plus de mer, plus de farniente, mais toujours cette possibilité d’aller marcher en forêt et d’observer la faune endémique.
Nosy Be : base idéale pour rayonner
Nosy Be est souvent décrite comme une île très touristique. C’est vrai qu’on y trouve une offre de séjour plus développée, avec des hôtels de tous niveaux, des restaurants, des activités à la carte. Mais en choisissant bien vos hébergements et en structurant votre circuit, vous pouvez éviter le côté “station balnéaire sans âme”. Prévoyez 4 à 7 nuits, selon la durée totale de votre voyage.
Depuis Nosy Be, vous pouvez :
- Partir en excursion à la journée vers Nosy Komba (village, lémuriens habitués à l’homme), Nosy Tanikely (réserve marine, snorkelling) et Nosy Sakatia (plus calme, idéale pour le masque et tuba).
- Explorer l’intérieur de l’île : plantations d’ylang-ylang, points de vue, petits villages.
- Organiser des croisières de 2 à 5 jours en catamaran ou en bateau traditionnel vers des îles plus isolées, dormir à bord ou dans de petits lodges.
Les croisières ont un vrai intérêt à Madagascar : elles évitent les galères de piste et vous emmènent dans des baies quasi désertes. Par contre, il faut bien choisir son opérateur, vérifier l’état du bateau, et accepter un certain manque de confort (à moins d’opter pour des embarcations haut de gamme).
Diego Suarez et la Mer d’Émeraude
Plus au nord, Diego Suarez (Antsiranana) offre une autre facette des circuits dans cette région. Vous pouvez :
- Passer 2 à 3 nuits en ville pour explorer la baie, ses trois baies et ses fortifications.
- Organiser une journée à la Mer d’Émeraude, ce lagon peu profond d’un bleu irréel, accessible en bateau traditionnel.
- Visiter la Montagne d’Ambre, un parc national de forêt humide avec cascades, lémuriens et caméléons.
- Découvrir les Tsingy rouges, formations géologiques étonnantes formées par l’érosion.
Un circuit combinant Nosy Be et Diego Suarez demande au minimum 10 à 12 jours sur place, en comptant les transferts (vol intérieur Nosy Be – Diego ou via Tana selon les liaisons). Dans l’idéal, partez sur 14 jours pour ne pas avoir l’impression de courir d’un point à un autre.
Pour quel type de voyageur ?
Les circuits dans le Nord de Madagascar conviennent bien :
- À ceux qui veulent un mix entre découverte et repos, avec plusieurs nuits fixes au même endroit.
- Aux amateurs de plongée, de snorkelling et de croisières.
- Aux familles avec enfants, car les distances par la route sont moindres qu’une longue RN7.
En revanche, si vous cherchez avant tout la dimension “route”, grands espaces et enchaînements de paysages, la RN7 reste plus marquante. Le Nord offre une expérience plus éclatée entre mer et petites excursions à la journée. Le bon compromis, pour un “grand voyage à Madagascar”, consiste parfois à réaliser un circuit RN7 de 10-12 jours, puis à ajouter 4-5 nuits à Nosy Be en fin de séjour, si votre budget vols intérieurs le permet.
Choisir son type de circuit à Madagascar : accompagné, en autotour ou mixte ?
Une fois la région choisie (RN7, Nord, Est, Ouest, ou combiné), il reste une question clé : comment voyager dans le pays ? À Madagascar, la notion de “self-drive” comme en Namibie ou en Afrique du Sud est beaucoup plus délicate. Les routes, la signalisation, l’état des véhicules loués, et la conduite locale compliquent la donne. Pour moi, il existe trois grandes approches pour organiser votre circuit touristique à Madagascar.
Circuit accompagné avec chauffeur-guide
C’est la formule la plus courante pour les voyageurs qui veulent optimiser leur temps. Vous disposez d’un véhicule privatisé avec chauffeur, souvent aussi guide ou au moins très au fait des réalités locales. Avantages :
- Gestion des routes et des imprévus confiée à quelqu’un qui connaît le terrain.
- Aide pour négocier, trouver de l’essence, choisir où s’arrêter, comment s’adapter en cas de blocage.
- Récits sur la vie locale, les coutumes, les tabous (fady) qui structurent la société malgache.
C’est, à mon sens, la meilleure option pour un premier voyage si vous partez pour un circuit de 10 ou 15 jours, surtout sur la RN7 ou vers l’Ouest.
Autotour partiel ou complet
Certains voyageurs, habitués aux road-trips en Afrique, veulent absolument conduire eux-mêmes. C’est possible sur certains tronçons (une partie de la RN7, la région de Nosy Be si vous restez sur les routes principales), mais je recommande souvent un “autotour partiel”. Par exemple :
- Circuit accompagné pour les longues traversées ou les zones à pistes.
- Location de véhicule plus localement, pour 2-3 jours autour d’Antsirabe ou sur une île.
L’avantage est de garder une part de liberté, mais n’oubliez pas que la moindre panne peut vite se transformer en vraie galère loin des grandes villes. Il faut être débrouillard, patient, et accepter d’improviser.
Circuit en combinant transports locaux et étapes fixes
Enfin, il reste l’option “bag packer solide” : circuits construits autour des taxi-brousse, des pirogues, des bateaux, des taxis de ville, avec des nuits fixées à l’avance seulement dans quelques étapes clés. C’est l’option la plus économique, mais aussi la plus imprévisible :
- Les départs de taxi-brousse sont aléatoires.
- Le confort est minimal, la sécurité relative.
- Les durées de trajets peuvent exploser en cas de panne ou de route coupée.
Je la réserve surtout aux voyageurs déjà très à l’aise en Afrique, avec du temps devant eux (plusieurs semaines plutôt que quelques jours) et une vraie tolérance à l’inconfort. Pour un premier voyage de 12 jours, mieux vaut souvent un circuit plus encadré, quitte à revenir ensuite pour une aventure plus roots.
Mon conseil : avant de réserver, faites un point honnête avec vous-même et vos compagnons de voyage. Combien de jours avez-vous réellement ? Quel niveau d’imprévu êtes-vous prêts à accepter ? Avez-vous déjà voyagé dans d’autres pays africains ? À partir de là, vous pourrez choisir entre un circuit sur mesure avec chauffeur-guide, un autotour partiel, ou une solution mixte qui combine confort logistique et zones de liberté.
Infos pratiques et conseils concrets pour réussir votre circuit touristique à Madagascar
Un bon circuit ne se joue pas seulement sur la carte. Il dépend aussi de dizaines de petits détails pratiques qui font la différence sur le terrain. Voici les points que je vois le plus souvent négligés, et qui peuvent pourtant transformer un voyage moyen en expérience fluide.
Combien de jours pour un circuit à Madagascar ?
En dessous de 10 jours sur place (sans compter les vols internationaux), je déconseille d’essayer un grand circuit. Vous risquez de passer plus de temps dans les transports que dans les parcs ou les villages. Pour un premier voyage, visez :
- 10 à 12 jours : RN7 raccourcie ou Nord centré sur Nosy Be.
- 12 à 15 jours : RN7 complète avec quelques nuits à la mer, ou combiné Nosy Be + Diego Suarez.
- 3 semaines et plus : RN7 + extension Ouest ou Est, ou grand combiné Nord + autre région.
Quand partir à Madagascar ?
Les saisons jouent un rôle important. Globalement :
- De mai à octobre : période sèche, idéale pour la plupart des circuits, nuits plus fraîches sur les Hautes Terres.
- De novembre à avril : saison des pluies, plus chaude, avec risques de cyclones surtout de janvier à mars, en particulier sur l’Est et le Nord.
Pour éviter les grosses pluies tout en profitant de tarifs parfois un peu plus doux, je vise en général mai-juin ou septembre-octobre. Les circuits dans l’Est et certaines pistes de l’Ouest peuvent devenir compliqués en pleine saison des pluies.
Antananarivo : ne pas la négliger, mais rester lucide
Tous les circuits ou presque passent par Antananarivo. Je conseille :
- 1 à 2 nuits à l’arrivée pour récupérer, régler les derniers détails, vous habituer à l’ambiance.
- Éviter les déplacements à pied la nuit dans certains quartiers, préférer les taxis recommandés par votre hébergement.
- Rester attentif aux pickpockets dans les lieux bondés.
Tana n’est pas toujours “belle” au sens classique, mais elle raconte beaucoup sur le pays. Prenez au moins le temps de monter sur une colline, d’observer les toits, la circulation, la vie qui se faufile entre les échoppes.
Argent, paiements et sécurité
Ne comptez pas trop sur la carte bancaire en dehors des grandes villes ou des hôtels de standing. Prévoyez :
- Des retraits d’ariary à Antananarivo et dans quelques grandes villes du circuit (Fianarantsoa, Toliara, Nosy Be…).
- Une répartition de votre cash dans plusieurs pochettes, sacs, vêtements.
- Des petites coupures pour les villages, les pourboires, les achats sur le marché.
Sur la question de la sécurité, je garde la même ligne que pour le reste de l’Afrique : prudence, pas de paranoïa. Pas de bijoux clinquants, pas d’appareil photo exhibé partout, et surtout écouter les conseils de votre guide ou de vos hôtes sur les endroits à éviter.
État d’esprit et gestion de la fatigue
Madagascar demande une certaine souplesse mentale. Les routes sont parfois interminables, un pont peut être emporté, un vol annulé, un hôtel surbooké. Pour que votre circuit reste un beau voyage :
- Gardez toujours une journée ou au moins quelques demi-journées “tampons” dans votre itinéraire.
- Préférez 2 nuits au même endroit plutôt que des étapes d’une seule nuit à répétition.
- Acceptez que tout ne se passera pas comme prévu. C’est aussi ce qui restera dans votre mémoire.
En retour, Madagascar donne beaucoup : des circuits qui vous emmènent de villages en parcs, de marchés en baobabs, de lémuriens en récifs coralliens. Ce n’est pas un voyage “formaté safari” comme en Tanzanie ou au Kenya, c’est plus brut, plus lent, plus exigeant. Mais pour ceux qui prennent le temps de bâtir un circuit cohérent, avec des jours suffisants, des nuits bien réparties et une vraie attention à la logistique, c’est souvent l’un des voyages les plus marquants d’un parcours de voyageur en Afrique.