Camp Kwando, c’est le genre d’endroit qui ne paie pas de mine sur une carte, mais qui reste accroché longtemps dans la mémoire. La première fois que j’y suis arrivé, après plusieurs heures de piste à travers la bande de Caprivi en Namibie, j’ai eu cette sensation très nette d’atteindre enfin un bout d’Afrique resté farouchement sauvage. La rivière Kwando coulait à quelques mètres, large, sombre, bordée de roseaux, avec les grognements d’hippopotames en fond sonore. Le lodge se fondait dans la végétation, sans artifices inutiles, juste le bois, le chaume et la lumière dorée de la fin d’après-midi.
Sur ce blog, je vous parle souvent de grands parcs comme le Kruger, l’Etosha ou le Serengeti. Camp Kwando, lui, joue dans une autre catégorie : celle des endroits plus intimes, plus bruts, où l’on se réveille avec la brume sur le fleuve et les empreintes fraîches d’éléphants dans le sable. Ce n’est pas un camp de safari ultra-luxueux, mais un lodge simple, bien pensé, idéal pour un voyageur qui veut vraiment sentir l’Afrique australe, et pas seulement la regarder à travers la vitre d’un 4×4 climatisé.
Dans cet article, je vous propose un tour complet de Camp Kwando : où il se trouve, comment s’y rendre, à quoi ressemble la vie dans le camp, quelles activités de safari vous pouvez faire, comment l’intégrer à votre voyage, et ce qu’il faut vraiment savoir avant de réserver. Mon objectif est clair : que vous puissiez décider en connaissance de cause si ce camp est fait pour vous, et que vous arriviez sur place préparé, sans idéaliser, mais prêt à profiter à fond de ce que la région a à offrir.
Ici, je vais vous parler de terrains sablonneux, de moustiques têtus, de nuits où les hippopotames broutent juste derrière votre tente, mais aussi de couchers de soleil sur la rivière, de rencontres avec la faune et de safaris en bateau qui comptent parmi les plus beaux que j’ai faits en Afrique. Camp Kwando, ce n’est pas seulement un lodge : c’est un point d’ancrage stratégique pour explorer un coin d’Afrique encore discret, à la frontière de plusieurs parcs nationaux et proche du Botswana ainsi que du Zimbabwe. Si vous préparez un voyage en Afrique australe avec un goût prononcé pour les ambiances fluviales et les paysages marécageux, prenez le temps de découvrir ce camp en détail.
Camp Kwando et la région : comprendre où vous mettez les pieds
Camp Kwando se trouve en Namibie, dans ce qu’on appelle aujourd’hui la région du Zambèze, anciennement bande de Caprivi. C’est cette langue de terre étroite qui s’enfonce vers l’est entre l’Angola, le Botswana et la Zambie. Ici, on quitte totalement l’image « Namibie = désert ». La rivière Kwando apporte l’eau, les papyrus, les marécages, les forêts riveraines, et avec eux une faune d’une densité que peu de voyageurs imaginent avant de venir.
Le camp est situé sur la berge ouest de la rivière, face au Botswana. De l’autre côté de l’eau, c’est la continuité écologique de parcs comme Chobe ou Linyanti, célèbres pour leurs éléphants et leurs buffles. Dans ce coin de Namibie, les frontières sont politiques, mais pour la faune, tout est un immense territoire continu, et c’est exactement ce qui fait l’intérêt de Camp Kwando pour un safari.
À proximité directe, on trouve trois zones protégées majeures : le parc national de Mudumu, le parc national de Nkasa Rupara (anciennement Mamili) et le parc de Bwabwata un peu plus au nord. En pratique, cela veut dire que vous êtes entouré d’espaces sauvages, peu construits, où l’on peut encore rouler des heures sans croiser d’autres véhicules de touristes, surtout en basse saison. Pour un voyageur habitué aux pistes fréquentées du Kruger ou aux files de 4×4 au Serengeti, ça change tout.
Accéder à Camp Kwando demande un minimum de préparation. La plupart des voyageurs arrivent en self-drive depuis Rundu ou Divundu à l’ouest, ou depuis Katima Mulilo à l’est. La route principale (la B8) est goudronnée, mais dès qu’on s’éloigne vers le camp ou les parcs nationaux, on retrouve de la piste sablonneuse. Un 4×4 n’est pas absolument indispensable pour rejoindre le lodge lui-même en saison sèche, mais il devient vite préférable si vous comptez explorer les parcs environnants par vos propres moyens.
Ce qui m’a marqué, c’est le contraste entre la relative facilité du voyage sur la route principale et le sentiment de « bout du monde » une fois au camp. La circulation est modérée, on croise quelques camions, des mini-bus locaux, et beaucoup d’animaux au bord de la route : babouins, parfois des éléphants, des troupeaux de bovins qui traversent sans prévenir. Je vous conseille de toujours rouler de jour, d’éviter la conduite de nuit (les animaux et les piétons sont nombreux), et de prévoir suffisamment de carburant avant de vous enfoncer plus loin vers Mudumu ou Nkasa Rupara.
Ce positionnement fait de Camp Kwando un excellent pivot pour un voyage en Afrique incluant la Namibie, le Botswana et les chutes Victoria. Vous pouvez facilement enchainer un séjour à Kwando avec un safari à Chobe (Kasane n’est pas si loin), puis terminer par les chutes Victoria au Zimbabwe ou en Zambie. Pour un itinéraire de deux à trois semaines en Afrique australe, ce lodge coche clairement la case « étape fluviale authentique avec faune abondante », entre désert namibien et deltas botswanais.
Les hébergements à Camp Kwando : où dormir quand la rivière chante
Ce qui fait l’âme de Camp Kwando, c’est son implantation directe sur la rivière. Le lodge est construit pour que vos nuits et vos journées soient rythmées par le bruit de l’eau et les sons de la brousse. Ici, pas de grands bâtiments en dur impersonnels : on est sur du bois, du chaume, des tentes, des pontons. Le camp propose en général trois types d’hébergements : des tentes de safari en bord de rivière, des chalets un peu en retrait et un camping pour ceux qui voyagent avec leur propre matériel.
Les tentes de safari sont, à mon sens, l’option la plus intéressante pour qui veut vivre pleinement l’expérience. Montées sur pilotis, avec une petite terrasse, elles offrent une vue dégagée sur la Kwando. Le soir, vous pouvez vous asseoir face à la rivière, un verre à la main, et observer les mouvements discrets sur l’autre berge : silhouettes d’éléphants, oiseaux en vol, bruissements dans les roseaux. À l’intérieur, c’est simple mais confortable : lits corrects, moustiquaires, salle de bain privative (souvent semi-ouverte selon le modèle), éclairage suffisant mais pas envahissant. On sent que le lodge a été pensé pour une immersion dans la nature plutôt que pour aligner les gadgets.
Les chalets, eux, s’adressent un peu plus à ceux qui veulent un sentiment de solidité et d’isolation, notamment les familles ou les voyageurs moins à l’aise avec l’idée de dormir dans une tente à quelques mètres des hippopotames. Construits en dur, souvent avec un toit en chaume, ils restent rustiques mais offrent un confort légèrement supérieur, parfois plus d’espace, et une meilleure isolation phonique. La vue sur la rivière y est parfois un peu moins directe selon la configuration, mais l’ambiance de camp est toujours bien présente.
Pour les voyageurs en autotour avec leur propre 4×4 et tente de toit, le camping est une option très intéressante. Les emplacements sont généralement bien espacés, avec accès à des blocs sanitaires corrects, de l’eau chaude et des zones de braai (barbecue). C’est la manière la plus économique de profiter de la localisation de Camp Kwando tout en gardant ce sentiment de liberté totale qu’offre le camping en Afrique. Attention toutefois : qui dit camping dit aussi proximité accrue avec la faune. J’ai déjà entendu des hyènes passer non loin des emplacements, et il n’est pas rare de trouver des traces d’animaux le matin.
Un point à garder en tête : à Camp Kwando, ce n’est pas un lodge « hermétique ». Vous êtes réellement dans un environnement sauvage. On entend les hippopotames la nuit, des cris d’oiseaux avant l’aube, parfois les éléphants qui cassent des branches non loin. Pour certains, c’est un rêve de voyage en Afrique. Pour d’autres, cela peut être un peu intimidant. Si vous voyagez avec des enfants, je recommande de bien leur expliquer les règles simples de sécurité : ne pas se promener seuls la nuit, utiliser les lampes frontales, rester sur les chemins et suivre les consignes du personnel.
Côté ambiance, la zone restaurant-bar et la terrasse qui donne sur la rivière sont de vrais points forts. Les repas sont pris en commun ou sur des tables séparées, mais l’atmosphère est conviviale. On discute avec les autres voyageurs, on échange sur les observations de la journée, on compare les itinéraires de voyage en Afrique, on demande des infos pratiques sur les pistes à venir. Ce n’est pas un lodge guindé : on est plutôt dans un esprit camp de brousse honnête, avec un service simple, parfois un peu lent quand le camp est plein, mais toujours chaleureux. Je préfère prévenir : ne venez pas ici pour le Wi-Fi ou la décoration design, venez pour la rivière, la faune et la sensation de brousse à portée de main.
Safaris et activités à Camp Kwando : là où la nature fait le spectacle
Si vous choisissez Camp Kwando pour votre voyage en Afrique, c’est avant tout pour ce qu’il permet de vivre dehors. Le lodge propose plusieurs activités centrées sur la faune et la rivière, ainsi que des immersions plus culturelles dans les villages voisins. À chaque fois que j’y ai séjourné, j’ai compris que le cœur de l’expérience n’était pas seulement le camp lui-même, mais les heures passées sur l’eau ou dans les parcs alentour.
L’incontournable, ce sont les safaris en bateau sur la rivière Kwando. En fin de journée, monter sur un petit bateau ouvert, moteur au ralenti, et remonter la rivière est une expérience que je recommande sans hésitation. Les berges sont un aimant pour la faune : éléphants venant se baigner, buffles, antilopes aquatiques comme le sitatunga ou le lechwe selon les secteurs, crocodiles immobiles, hippopotames en groupe. Les oiseaux sont partout : martins-pêcheurs, jacanas, hérons, aigles pêcheurs. Avec la lumière dorée du soir qui se reflète sur l’eau, on touche à ce que l’Afrique fluviale a de plus photogénique.
Le gros avantage du safari en bateau, c’est le silence relatif et le point de vue bas sur l’eau, qui donne une perspective différente de celle du safari en 4×4. On approche souvent plus près des animaux qu’en véhicule terrestre, sans les déranger, simplement en se laissant porter par le courant ou en coupant le moteur. Je conseille de prévoir au moins une sortie bateau par jour si votre budget le permet, surtout au coucher de soleil. Et n’oubliez pas une protection pour votre appareil photo : les éclaboussures arrivent vite quand on se rapproche des hippopotames.
Les safaris en 4×4 dans le parc national de Mudumu ou à Nkasa Rupara sont l’autre volet important. Le lodge peut organiser ces sorties avec un guide local. Les pistes sont sablonneuses, parfois inondées selon la saison, et la densité de faune varie beaucoup d’une zone à l’autre. On y trouve éléphants, buffles, girafes, zèbres, diverses antilopes, parfois des lions ou des lycaons pour les plus chanceux. Comparé à des parcs très connus comme Chobe, la fréquentation est bien plus faible : il m’est arrivé de passer plusieurs heures sans voir un autre véhicule, ce qui intensifie la sensation d’exploration.
Un point important : ces safaris ne garantissent pas le « grand spectacle » à chaque sortie. Il y a des jours avec, des jours sans. La brousse ici n’a pas été calibrée pour les touristes. Les guides font ce qu’ils peuvent avec les informations du terrain, mais si vous arrivez avec des attentes irréalistes (genre « voir les Big Five en une journée »), vous risquez la frustration. En revanche, si vous acceptez le rythme de la nature, les surprises sont souvent d’autant plus fortes : un éléphant sortant de la brume du matin, un groupe de lycaons courant sur la piste, un aigle pêcheur plongeant juste devant le bateau.
Le camp propose également des visites de villages proches, en général avec un guide local qui fait le lien avec la communauté. C’est l’occasion de comprendre comment les habitants vivent à côté d’une faune parfois envahissante, comment ils gèrent la cohabitation avec les éléphants qui détruisent les cultures, comment l’eau de la rivière est utilisée au quotidien. Je recommande de participer à au moins une de ces visites, mais avec un état d’esprit respectueux : on n’est pas au zoo humain. Posez des questions, intéressez-vous aux gens, mais évitez les photos intrusives et gardez en tête que vous êtes reçu chez quelqu’un.
Enfin, certaines activités plus simples mais tout aussi importantes font partie de l’expérience de Camp Kwando : se lever tôt pour observer les oiseaux autour du camp, marcher prudemment avec un membre du staff pour voir les traces laissées par les animaux, ou simplement rester assis sur la terrasse du lodge à écouter la rivière. Lors de mon dernier passage, j’ai passé une heure entière à observer une colonie d’abeilles charpentières et quelques lézards se réchauffer sur les pontons, et c’est parfois dans ces temps morts apparents que le voyage en Afrique prend une profondeur particulière.
Logistique, budget et meilleure saison : préparer un séjour réaliste à Camp Kwando
Avant de réserver quelques nuits à Camp Kwando, il est essentiel de bien cadrer la logistique et le budget. La région est isolée, les distances sont importantes, et une erreur d’anticipation peut vite transformer un voyage agréable en course contre la montre ou en galère de carburant. L’idée n’est pas de vous faire peur, mais d’être honnête : voyager dans cette partie de l’Afrique demande un minimum de sérieux dans la préparation.
Côté saison, la période généralement recommandée pour maximiser l’observation de la faune va de juin à octobre. Ce sont les mois secs, la végétation est moins dense, les animaux se rapprochent davantage des points d’eau et de la rivière. Les nuits peuvent être fraîches en juin-juillet, surtout tôt le matin sur la rivière, mais les journées restent agréables. Septembre-octobre sont plus chauds, parfois étouffants, mais les concentrations d’animaux autour de l’eau peuvent être spectaculaires. De novembre à mars, c’est la saison des pluies : paysages plus verts, moins de poussière, davantage d’oiseaux, mais aussi pistes plus difficiles, moustiques plus nombreux et une faune parfois plus dispersée.
Pour le budget, il faut distinguer plusieurs éléments : l’hébergement (tente, chalet ou camping), les repas, les boissons, et surtout les activités de safari (4×4 et bateau). Les tarifs varient évidemment d’une année à l’autre, mais Camp Kwando se positionne généralement dans une gamme intermédiaire : plus cher qu’un simple camping à la ferme, moins cher qu’un lodge ultra-luxueux de type « tout inclus ». Prévoyez que les activités peuvent peser lourd dans la facture globale. Un conseil : réservez à l’avance au moins les sorties bateau et un ou deux game drives, surtout en haute saison, afin de ne pas vous retrouver coincé sans place disponible.
Sur le plan pratique, je recommande vivement de louer un 4×4 pour un voyage dans cette région. Même si, comme je l’ai mentionné, la route principale est goudronnée, la liberté de mouvement qu’offre un 4×4 est incomparable lorsque vous voulez vous aventurer vers Mudumu ou Nkasa Rupara, ou si vous devez faire un détour à cause d’une piste inondée. Apprenez à gérer la conduite dans le sable (pression des pneus, vitesse adaptée, anticipation), et n’hésitez pas à demander des conseils au personnel du camp ou aux autres voyageurs.
La question de la santé n’est pas à négliger. Nous sommes ici dans une zone où le paludisme est présent, surtout en saison des pluies. Consultez un médecin ou un centre de médecine des voyages avant de partir pour discuter d’une prophylaxie adaptée et des vaccins recommandés. Sur place, adoptez des mesures de base : dormir sous moustiquaire, utiliser un répulsif efficace, porter des vêtements longs en soirée. Le camp dispose habituellement de premiers secours, mais il ne remplace évidemment pas un hôpital. Une bonne assurance voyage incluant une éventuelle évacuation sanitaire n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Autre point logistique clé : le carburant et la nourriture si vous êtes en self-drive et campez. Faites le plein de carburant dans les grandes villes ou les stations bien identifiées (Rundu, Divundu, Katima Mulilo, parfois Kongola selon les périodes). N’attendez jamais le voyant rouge pour chercher une pompe. Pour la nourriture, si vous campez, faites vos courses de base en amont. Le lodge propose des repas, mais si vous comptez cuisiner sur votre emplacement, anticipez : dans la bande de Caprivi, on trouve des boutiques pour l’essentiel, mais pas de supermarchés à la européenne partout.
Enfin, ne sous-estimez pas la fatigue liée aux longues journées de route. Sur un voyage en Afrique, on a vite tendance à prévoir trop de kilomètres. Intégrer Camp Kwando dans votre itinéraire, c’est potentiellement faire un long trajet avant d’arriver, puis enchaîner avec Casane, les chutes Victoria ou le delta de l’Okavango. Laissez-vous au moins deux nuits sur place, idéalement trois, pour vraiment vous poser, enchaîner plusieurs sorties bateau ou 4×4 et profiter du camp. L’Afrique gagne en intensité quand on ralentit, pas quand on coche des cases à toute vitesse.
Intégrer Camp Kwando dans un itinéraire de voyage en Afrique australe
Camp Kwando ne doit pas être pensé comme un simple arrêt isolé, mais comme une pièce d’un puzzle plus large : celui de votre voyage en Afrique australe. Son principal atout, c’est sa position stratégique entre la Namibie intérieure, le Botswana et les chutes Victoria. En pratique, il se combine très bien avec un circuit qui relie désert, savane et zones humides.
Un itinéraire classique pourrait ressembler à ceci : départ de Windhoek, montée vers le parc d’Etosha pour quelques jours de safari, puis descente vers la bande de Caprivi via Rundu et Divundu. Vous pouvez faire une halte autour de Divundu pour explorer le parc de Mahango et la rivière Okavango, puis continuer vers l’est jusqu’à Camp Kwando. Après deux ou trois nuits au lodge, cap sur Kasane au Botswana pour un autre type de safari à Chobe, axé sur les grandes concentrations d’éléphants et les croisières sur le fleuve. Enfin, fin de voyage aux chutes Victoria, côté Zimbabwe ou Zambie selon vos envies.
Pour ceux qui ont davantage de temps et un budget un peu plus confortable, il est possible d’ajouter une extension vers le delta de l’Okavango au Botswana. Dans ce cas, Camp Kwando devient une étape charnière entre la Namibie et le cœur du Botswana. Vous passez des rivières larges et structurées de la Kwando à l’enchevêtrement d’îlots et de canaux du delta. La faune est présente dans les deux zones, mais les ambiances sont très différentes. Cette variation fait souvent partie des grands plaisirs d’un voyage en Afrique : on ne voit pas toujours plus d’animaux, mais on les voit vivre dans des écosystèmes variés.
Un autre scénario, plus court, consiste à faire une boucle centrée sur la bande de Caprivi et les parcs fluviaux : Mahango, Bwabwata, Camp Kwando, Mudumu, Nkasa Rupara, puis retour. Ce type de voyage est particulièrement adapté à ceux qui connaissent déjà les grands classiques comme Etosha et veulent une Afrique plus discrète, moins fréquentée, avec une intensité différente. Dans ce cas, Camp Kwando devient l’un des points d’ancrage de votre circuit, un lodge où vous pouvez vous poser, refaire le point sur la route, laver du linge, recharger batteries et énergie avant de repartir.
Pour choisir le sens de votre itinéraire, posez-vous une question simple : voulez-vous terminer votre voyage par un endroit plus « spectaculaire » (comme les chutes Victoria) ou plutôt par une étape sereine au bord de l’eau ? Personnellement, j’aime bien terminer par un lieu comme Camp Kwando, justement parce que l’atmosphère y est plus calme, propice à digérer tout ce qu’on a vécu. D’autres préféreront finir en apothéose par les chutes. Les deux options se défendent, mais il faut en tenir compte dès la préparation de votre voyage.
Un conseil que j’insiste à répéter : ne surchargez pas vos journées de route. Sur la carte, tout paraît proche. En réalité, entre les limitations de vitesse, les traversées de villages, les arrêts imprévus et les rencontres avec la faune sur la route, une journée peut filer très vite. Intégrez des marges. Si vous arrivez épuisé à Camp Kwando, vous profiterez beaucoup moins des safaris et de l’ambiance du lodge. Pensez votre circuit comme un enchaînement de respirations, pas comme une suite de sprints.
Pour un premier grand voyage en Afrique, je conseille souvent de combiner Camp Kwando avec un ou deux grands parcs bien rodés (Etosha, Chobe) et un site emblématique comme les chutes Victoria. Cela vous donne un bon équilibre entre confort, efficacité d’observation de la faune, et immersion dans des zones plus sauvages et moins touristiques. Ensuite, si l’Afrique vous accroche vraiment, vous pourrez revenir avec des itinéraires plus pointus, centrés sur la Zambie, le nord du Botswana ou les coins les plus reculés de la Namibie.
Conseils de terrain : vivre Camp Kwando sans filtres
Pour terminer ce tour d’horizon, je veux partager quelques conseils très concrets issus du terrain, ceux qu’on ne trouve pas toujours dans les brochures, mais qui font la différence entre un séjour simplement « sympa » et une expérience pleinement vécue. Camp Kwando est un camp sauvage, et c’est cette sauvagerie qui fait sa richesse… mais aussi ses contraintes.
Le premier point, c’est la gestion des nuits. La faune est active, la rivière est vivante, et le niveau sonore peut surprendre. Les hippopotames grognent, soufflent, parfois montent sur la berge pour brouter à quelques mètres des tentes. On entend les hyènes au loin, des cris d’oiseaux nocturnes, le vent dans les roseaux. Si vous êtes habitué au silence urbain, ces sons peuvent vous réveiller plusieurs fois. Mon conseil : acceptez-les comme une partie intégrante de l’expérience. Rappelez-vous que les installations du camp sont pensées pour votre sécurité, que les hippopotames ne grimpent pas dans les tentes ni sur les chalets, et que le personnel connaît très bien les comportements de la faune locale.
Deuxième point : la lumière et l’électricité. Dans ce type de camp africain, l’électricité peut être limitée par des générateurs ou des panneaux solaires. Il est fréquent que certaines prises ne fonctionnent que sur des plages horaires restreintes. Prévoyez toujours une lampe frontale (bien plus pratique qu’une simple lampe torche), une batterie externe pour vos appareils, et ne comptez pas sur le camp pour charger simultanément tous vos équipements électroniques. De toute façon, l’idée n’est pas de passer vos soirées sur un écran, mais bien de profiter de la nuit africaine.
Sur la question des vêtements, pensez en couches. Le matin sur la rivière, le vent peut être frais, même en saison sèche. Prévoyez un coupe-vent léger, une polaire, et un pantalon confortable de couleur neutre (évitez les couleurs vives pour les safaris, privilégiez les tons kaki, beige, olive). En journée, la chaleur peut monter vite, surtout de septembre à novembre : t-shirts respirants, chapeau à large bord, lunettes de soleil, crème solaire. Le soir, des vêtements longs légers vous protègent en plus des moustiques.
Côté communication, ne partez pas du principe que vous aurez un réseau téléphonique ou Internet fiable. Il y a parfois un peu de signal, parfois pas, selon les opérateurs et les caprices des antennes. Si vous avez besoin d’être joignable pour des raisons professionnelles, prévenez clairement que vous serez en zone blanche. À titre personnel, j’apprécie ces parenthèses sans réseau : elles forcent à être présent ici et maintenant, à parler avec les gens qui sont là plutôt qu’à scroller sur un écran.
Un point souvent sous-estimé : la gestion de vos attentes. Camp Kwando est un lodge de brousse, pas un resort. Vous pourrez avoir un petit retard sur le service au restaurant si le camp est plein, un problème de robinet qui goutte, une coupure de courant temporaire. Cela fait partie du décor. En échange, vous gagnez des couchers de soleil sur la rivière, des éléphants qui traversent juste devant le bateau, des nuits ponctuées par les cris de la faune. À vous de décider ce qui compte le plus dans votre voyage en Afrique.
Enfin, sur le plan humain, prenez le temps d’échanger avec l’équipe du camp. Les guides, les serveurs, le personnel de maintenance ont souvent une connaissance fine de la région, de la faune, mais aussi des réalités de la vie dans un environnement où la frontière entre le « sauvage » et le « domestique » est très ténue. Posez des questions sur la saisonnalité de la rivière, sur les conflits avec les éléphants, sur la manière dont le lodge travaille avec les communautés locales. Derrière chaque safari réussi, il y a une logistique patiente, une expérience accumulée, et des gens qui vivent là toute l’année.
Camp Kwando, au final, n’est pas un camp qui cherche à vous impressionner par le marbre des salles de bain ou le nombre d’étoiles affiché sur une brochure. C’est un camp qui vous place simplement, mais résolument, face à la Kwando et à la brousse environnante. Si vous acceptez ce pacte-là – un peu moins de confort standardisé, beaucoup plus d’authenticité sauvage – alors votre séjour au lodge sera un moment fort de votre voyage en Afrique. Et lorsque, des mois plus tard, vous entendrez un enregistrement de hippopotame sur Internet, il y a de fortes chances que votre esprit retourne, ne serait-ce qu’un instant, sur cette terrasse de bois qui surplombe la rivière, à Camp Kwando.
