Je m’appelle Antoine, et si je retourne régulièrement en Afrique de l’Est, ce n’est pas seulement pour les lions du Serengeti ou les éléphants du Tarangire. C’est aussi pour ces bandes de sable blanc qui longent l’océan Indien, là où la vie ralentit vraiment : les plages de Tanzanie. Ici, je te partage mes astuces et mes techniques, issues de séjours répétés, pour profiter au mieux de ces côtes sans tomber dans les pièges à touristes ni louper les vrais moments forts.
Comprendre les plages de Tanzanie avant de poser sa serviette
Des ambiances très différentes selon les côtes
Quand on parle des plages en Tanzanie, on pense souvent immédiatement à Zanzibar. C’est mérité, mais ce serait une erreur de s’arrêter là. En réalité, chaque zone a sa personnalité, ses avantages et ses galères potentielles.
- Côte nord de Zanzibar (Nungwi, Kendwa) : mer généralement praticable à toute heure, moins d’effet de marées extrêmes, ambiance plus festive, plus d’hébergements et de restaurants. Parfait si tu veux alterner détente, baignades fréquentes et un peu de vie nocturne.
- Côte est de Zanzibar (Paje, Jambiani, Matemwe) : marées très marquées, plages plus sauvages, gros potentiel pour le kitesurf et le snorkeling sur le lagon. C’est là que j’ai senti le plus cette sensation de bout du monde, surtout tôt le matin.
- Pemba et Mafia : plus isolées, moins développées, mais beaucoup plus authentiques. À Mafia, j’ai eu la plage presque pour moi tout seul plusieurs jours d’affilée, avec la sensation d’être loin de tout – ce qui est à la fois un luxe et une vraie contrainte logistique.
- Côte continentale (Bagamoyo, Pangani, Kilwa) : moins connue, moins photographiée, mais fascinante pour l’histoire, les villages de pêcheurs et le contraste entre la mer et l’arrière-pays tanzanien.
Avant de réserver ton séjour plage, clarifie ce que tu cherches vraiment : animation, sports nautiques, isolement, snorkeling, décor de carte postale, ou un mix de tout ça. Cette mise au point te fera éviter beaucoup de déceptions.
Maîtriser l’impact des marées : la « technique » indispensable
Sur la côte est de Zanzibar, les marées ne sont pas un détail : elles dictent le rythme de tes journées. La première fois que je suis arrivé à Paje, je m’attendais à me baigner directement en face de mon bungalow. À marée basse, l’eau était à plus de 500 mètres, et le fond marin se transformait en vaste plateau de corail et d’algues.
Quelques techniques concrètes pour gérer ça :
- Consulte les horaires des marées avant de réserver : certains sites et applis (même très simples) te permettent de voir à quelles heures la mer est haute ou basse, à tes dates de voyage. Si tu veux te baigner en fin d’après-midi, vérifie que ce n’est pas systématiquement marée basse à cette heure-là.
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Adapte ton planning quotidien :
- Marée haute : baignade, snorkeling, sorties en bateau.
- Marée basse : marche sur l’estran avec les pêcheurs, photos, observation de la vie marine dans les petites mares résiduelles.
- Choisis ta plage en fonction de ta tolérance aux marées : si tu veux pouvoir plonger dans l’eau à toute heure, privilégie Nungwi ou Kendwa. Si tu es prêt à marcher et profiter du lagon à marée basse, la côte est devient un terrain de jeu incroyable.
Cette gestion des marées peut sembler technique, mais une fois intégrée, elle transforme ton séjour : tu n’es plus juste un touriste qui « subit » la mer, tu joues avec ses rythmes.
Bien préparer un séjour plage en Tanzanie : saisons, budget, logistique
Choisir la bonne saison pour les plages
Les saisons de safari ne coïncident pas toujours parfaitement avec les meilleures périodes pour les plages. C’est un piège classique pour un premier voyage en Tanzanie.
- Janvier – mars : chaleur marquée, mer chaude, très agréable pour la plage et la plongée. À Mafia, c’est une excellente période pour la visibilité sous-marine (hors pic des requins-baleines).
- Avril – mai : saison des pluies longue. Les prix baissent, mais sur la côte, tu peux avoir des journées entières couvertes, routes dégradées et traversées en bateau plus sportives. À réserver aux voyageurs flexibles qui acceptent l’imprévu.
- Juin – octobre : saison sèche, températures plus agréables, ciel souvent dégagé. Idéal pour combiner safari et plages. L’eau peut être un peu plus fraîche, mais largement baignable.
- Novembre – début décembre : petites pluies, ambiance plus humide mais encore gérable. C’est une période que j’aime bien : moins de monde, prix plus doux, lumière intéressante pour la photo.
Pour un premier voyage, si tu veux maximiser à la fois les safaris et la côte, je conseille souvent la fenêtre juillet – octobre, même si les tarifs montent.
Gérer son budget plages tanzaniennes sans se priver
Les plages de Tanzanie peuvent être très abordables comme franchement chères, selon tes choix d’hébergement et d’activités.
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Hébergements :
- Guesthouses locales ou petits lodges simples : très bon rapport qualité–prix, parfois directement sur la plage, à condition d’accepter un confort basique.
- Resorts all inclusive : confort, piscines, vue mer, mais tu peux vite te retrouver coupé de la vie locale et de l’ambiance tanzanienne réelle.
- Éco-lodges isolés (surtout à Mafia et Pemba) : immersion forte, peu de monde, mais logistique plus coûteuse (transports, transferts en bateau, etc.).
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Repas :
- Manger dans les petits restos locaux (chapati, poisson grillé, riz coco) permet de réduire beaucoup les coûts.
- Les restaurants d’hôtels ou de bord de plage fréquentés par les touristes peuvent être 2 à 3 fois plus chers, sans forcément être meilleurs.
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Activités :
- Snorkeling en sortie bateau, plongée bouteille, kitesurf : budgets à prévoir sérieusement, surtout si tu comptes multiplier les sorties.
- Marches sur la plage, lever de soleil, discussions avec les pêcheurs : gratuit, mais souvent les moments les plus marquants de mes séjours.
Mon approche personnelle : investir dans quelques expériences fortes (plongée à Mafia, sortie snorkeling sur un banc de sable isolé, cours de kite à Paje) et réduire le reste (hébergements simples mais bien situés, repas locaux).
Logistique : vols, transferts et quelques détails qui changent tout
Techniquement, rejoindre les plages de Tanzanie est simple, mais certains détails peuvent te compliquer la vie si tu ne les anticipes pas.
- Vols internationaux : Dar es Salaam, Zanzibar et parfois Kilimandjaro (Arusha) sont les principales portes d’entrée. Pour un séjour orienté plage, Zanzibar reste le plus pratique, mais si tu fais un safari avant, l’arrivée par Kilimandjaro peut avoir du sens.
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Transferts internes :
- Petits avions entre le continent, Zanzibar, Mafia, Pemba : temps gagné énorme mais bagages limités, attention aux excédents.
- Ferries Dar es Salaam – Zanzibar : économiques mais parfois chaotiques, mieux vaut prendre les compagnies réputées et les horaires du matin.
- Transferts jusqu’à la plage : prévois à l’avance le transport entre l’aéroport/ferry et ta plage. Les taxis « improvisés » peuvent vite faire grimper la note, surtout à Zanzibar.
Avant de partir, je conseille toujours de vérifier un dossier complet sur les plus belles plages de Tanzanie et leurs accès, pour avoir une vision claire des temps de trajet et des possibilités de combiner plusieurs zones dans un même voyage.
Astuces et techniques concrètes pour profiter pleinement des plages tanzaniennes
Optimiser ses journées selon la lumière, la chaleur et les marées
La vraie différence entre un séjour « carte postale » et une expérience vraiment profonde, ce sont les détails du quotidien. Voici comment j’organise typiquement une journée sur les plages tanzaniennes.
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Aube – matin :
- Lever de soleil sur la côte est : ciel rosé, pêcheurs qui sortent leurs filets, plages encore vides.
- Marche rapide ou footing léger sur le sable dur à marée basse : parfait pour se mettre dans le rythme du lieu.
- Photos : la lumière est douce, les contrastes sont meilleurs qu’en plein midi.
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Fin de matinée – début d’après-midi :
- Si marée haute : baignade, snorkeling, sortie sur les bancs de sable.
- Si marée basse : lecture à l’ombre, échanges avec les habitants, parfois sieste forcée par la chaleur.
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Fin d’après-midi :
- Retour à la plage si la marée remonte.
- Apéro les pieds dans le sable, souvent en observant les dhows (bateaux traditionnels) rentrer au port.
Cette organisation paraît simple, mais elle maximise ce qui fait la force des plages tanzaniennes : lumière, vie locale, rythme lent, sans se cramer au soleil ni s’ennuyer.
Snorkeling et plongée : quelques techniques de base pour un maximum de plaisir
Entre Zanzibar, Mafia et Pemba, la Tanzanie offre certains des plus beaux sites de snorkeling et de plongée de l’océan Indien. Mais sans un minimum de préparation, on peut vite se retrouver à payer cher pour une expérience moyenne.
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Choisir son spot intelligemment :
- À Zanzibar : Mnemba (côte nord-est) est très réputée, mais peut être sur-fréquentée. Demande clairement à ton opérateur sur quels sites exacts il se rend.
- À Mafia : le parc marin est payant (entrée journalière), mais la densité de vie marine justifie largement l’investissement.
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Équipement :
- Si tu peux, prends ton propre masque et tuba : question d’hygiène et de confort, surtout si tu fais plusieurs sorties.
- Des chaussures d’eau fermées sont très utiles sur les plages à corail ou rochers tranchants.
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Respect et sécurité :
- Ne touche pas le corail, même s’il a l’air mort. Il met des années à se former.
- Observe toujours le courant et fais confiance au guide local : certains passages changent rapidement en fonction des marées.
La première fois que j’ai plongé à Mafia, j’ai passé une bonne partie de la sortie à simplement flotter, en observant le ballet des poissons-perroquets et la géométrie des coraux. C’est ce genre de moment où tu comprends à quel point l’océan fait partie intégrante de l’expérience tanzanienne.
Kitesurf, kayak, paddle : techniques pour débutants et faux débutants
La côte est de Zanzibar (surtout autour de Paje) est devenue un hotspot mondial du kitesurf. Même si tu n’en as jamais fait, tu peux te laisser tenter par un cours d’initiation, à condition de respecter quelques principes.
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Pour le kitesurf :
- Commence avec une école sérieuse, même si c’est un peu plus cher. En Afrique, les économies sur la sécurité ne sont jamais une bonne idée.
- Privilégie les cours tôt le matin, quand le vent n’est pas encore au plus fort et que la plage est moins encombrée.
- Accepte d’y aller étape par étape : une séance peut se limiter à la gestion de l’aile sur la plage, sans toucher la planche. Ce n’est pas du temps perdu.
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Pour le kayak et le paddle :
- Utilise les marées : partir en kayak à marée montante te facilite le retour.
- Évite les parcours trop ambitieux si tu n’as pas un bon sens de l’orientation, surtout sur les lagons où les repères se ressemblent beaucoup.
Ce que j’aime avec ces activités, c’est qu’elles te mettent à hauteur de mer, au ras des vagues. Tu ne regardes plus la plage depuis ton transat, tu fais partie du paysage.
Photographier les plages de Tanzanie sans tomber dans les clichés
Les plages tanzaniennes sont très photogéniques, mais toutes les photos de sable blanc et eau turquoise finissent par se ressembler. Pour capturer quelque chose de plus authentique :
- Joue avec les silhouettes : les dhows à contre-jour au coucher du soleil, les pêcheurs rentrant leurs filets, les enfants jouant dans les vagues. Ce sont les scènes qui racontent vraiment l’endroit.
- Varie les heures : ne te limite pas au coucher de soleil. Les lumières du matin, plus fraîches et plus bleues, donnent un autre ton aux mêmes décors.
- Intègre les marées : à marée basse, les reflets dans les mares résiduelles offrent des compositions intéressantes, souvent plus originales que le cliché classique de la plage parfaite.
Je garde encore en mémoire une photo prise à Jambiani : un gamin tirant une petite barque sur un sable strié par le retrait de la mer, avec un dhow en arrière-plan. Rien de spectaculaire, mais c’est l’image qui me ramène le plus rapidement là-bas.
Combiner plages tanzaniennes, safaris et vie locale : l’équilibre idéal
Enchaîner safari et plage sans perdre de temps
Sur le papier, « safari + plage » semble simple. Sur le terrain, l’enchaînement demande un peu de précision pour éviter de passer une journée entière dans les transferts.
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Nord tanzanien (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire) + Zanzibar :
- Option la plus classique : vols internes depuis Arusha ou même certaines pistes proches des parcs vers Zanzibar.
- Pratique si tu veux terminer ton voyage par quelques jours de repos sur la côte.
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Sud tanzanien (Selous/Nyerere, Ruaha) + Mafia ou côte continentale :
- Plus sauvage, moins fréquenté, mais les vols et l’organisation demandent plus d’anticipation.
- Excellent pour ceux qui veulent une Afrique plus brute, loin des circuits habituels.
Ma technique, quand j’enchaîne safari et plages : toujours garder une « journée tampon » peu chargée entre les deux, pour absorber les retards éventuels, reprendre un rythme plus lent et me poser vraiment avant de profiter de la mer.
Respecter la culture locale sur les plages
Les plages tanzaniennes ne sont pas des bulles coupées du pays qui les entoure. Elles sont bordées de villages, de mosquées, de communautés qui vivent là depuis longtemps. Ignorer ce contexte, c’est passer à côté de la moitié de l’expérience.
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Tenue vestimentaire :
- Sur la plage et dans les zones touristiques, le maillot de bain ne pose pas de problème.
- Dès que tu entres dans le village, couvre épaules et cuisses. Un simple paréo ou un short large fait la différence dans la relation avec les habitants.
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Photo et respect :
- Demande l’autorisation avant de photographier quelqu’un, surtout les femmes et les enfants.
- Ne transforme pas les pêcheurs en « décor » de vacances. Un salut, un échange, voire quelques phrases en swahili brisent la distance.
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Économie locale :
- Acheter du poisson directement aux pêcheurs (avec l’aide de ton hébergement pour la cuisine) crée des interactions authentiques et soutient réellement le village.
- Évite de systématiquement marchander à l’extrême pour quelques centimes, surtout sur des produits locaux faits main.
Je me souviens d’une matinée à Jambiani où j’ai acheté quelques langoustes directement sur la plage, dans la barque encore dégoulinante. Le lodge où je logeais les a préparées le soir même. Entre le marché improvisé, les négociations en swahili approximatif et le dîner, c’est devenu l’un de mes souvenirs les plus marquants – bien plus que n’importe quel cocktail au bar d’un resort.
Protéger l’environnement fragile des côtes tanzaniennes
Les plages tanzaniennes sont magnifiques, mais elles sont aussi fragiles. La pression touristique augmente chaque année, et on voit déjà certains dégâts : déchets plastiques, coraux abîmés, dunes érodées.
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Réduire son impact direct :
- Crème solaire : privilégie les crèmes « reef safe » quand tu vas te baigner, pour limiter les produits nocifs dans l’eau.
- Déchets : garde toujours un petit sac pour ramasser tes propres ordures, voire quelques déchets trouvés sur la plage.
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Choisir ses prestataires :
- Préfère les centres de plongée et les tours opérateurs qui ont une vraie politique environnementale (briefing sur les récifs, limitations de groupe, etc.).
- C’est souvent plus cher, mais ce sont eux qui contribueront à ce que les plages restent belles dans dix ans.
Voyager en Afrique, pour moi, c’est accepter cette responsabilité : profiter pleinement de ce que le continent offre, tout en laissant l’endroit au moins dans l’état où on l’a trouvé. Sur les plages tanzaniennes, cette règle prend tout son sens.