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Astuces et techniques himba femme

La première fois que j’ai rencontré des femmes himba, c’était au nord de la Namibie, non loin d’Opuwo. La lumière écrasante, la poussière rouge, le silence… puis ces silhouettes fines couvertes d’ocre, se détachant sur le paysage. Ce n’était pas une « attraction touristique », mais un moment de vie que j’ai eu la chance de partager grâce à un guide local. Depuis, j’ai pris le temps d’observer et de comprendre les astuces, techniques et rituels qui rythment le quotidien des femmes himba. Ce guide est né de ces rencontres, pensé pour les voyageurs qui veulent découvrir leur univers sans le dénaturer.

Comprendre l’univers des femmes himba avant d’observer leurs techniques

Avant de parler d’« astuces » ou de « techniques » des femmes himba, il faut replacer ces pratiques dans leur contexte : elles ne sont ni des tendances beauté, ni des curiosités exotiques, mais des expressions d’une culture pastorale profondément ancrée dans le nord de la Namibie.

Où vivent les Himba et quel est leur mode de vie ?

Les Himba vivent principalement dans le Kaokoland, une région aride et reculée au nord-ouest de la Namibie, entre Opuwo, Epupa Falls et la frontière angolaise. Ce sont des pasteurs semi-nomades : le bétail est au centre de leur économie, de leur spiritualité et de leur organisation sociale. Les villages sont souvent constitués de huttes rondes en bois et en torchis, disposées autour d’un enclos à bétail.

Les femmes, elles, occupent un rôle clé dans la vie quotidienne : soin des enfants, gestion de la nourriture, entretien des huttes, préparation de l’otjize (pommade d’ocre et de graisse), entretien des coiffures, gestion de l’eau. Comprendre cela permet de regarder leurs « techniques » avec respect, comme des savoir-faire transmis de génération en génération.

Pourquoi les femmes himba intriguent autant les voyageurs ?

Pour préparer au mieux votre visite, je vous recommande de consulter notre article spécialisé dédié aux traditions et au mode de vie des femmes himba, qui pose des bases solides avant de partir sur le terrain.

Rituels de beauté et techniques corporelles des femmes himba

Les rituels de beauté des femmes himba sont d’abord des techniques de survie dans un environnement rude, avant d’être des marqueurs esthétiques. À force de discuter avec elles – avec l’aide d’un interprète – j’ai compris que chaque geste a sa logique, souvent très pragmatique.

L’otjize : la fameuse pâte rouge, entre protection et identité

La caractéristique la plus frappante des femmes himba est cette couleur rouge qui recouvre leur peau et leurs cheveux. Il s’agit de l’otjize, un mélange de graisse animale (souvent de vache ou de chèvre) et de poudre d’ocre rouge.

Sur le terrain, j’ai souvent observé la préparation collective de l’otjize, tôt le matin :

En tant que voyageur, il est tentant de vouloir « essayer » l’otjize, mais je recommande de ne jamais le demander directement. Si une femme himba vous propose spontanément de vous en appliquer, considérez-le comme un privilège et un geste de confiance. Sinon, contentez-vous d’observer. L’otjize n’est pas un souvenir de voyage, c’est un élément intime de leur culture.

Coiffures comme langage social : lire les étapes de la vie

Les coiffures des femmes himba ne sont pas qu’une question de style ; elles indiquent l’âge, le statut marital et parfois le nombre d’enfants. C’est l’un des « langages secrets » que vous pouvez apprendre à décrypter sur place.

Chaque coiffure peut prendre plusieurs heures à être réalisée, généralement par une autre femme du village. C’est un moment social important : on discute, on plaisante, on commente les nouvelles du clan. En tant que visiteur, observer ces scènes (sans les interrompre) permet de saisir l’importance de la transmission féminine dans la culture himba.

Bijoux, parures et cuir : des techniques très codifiées

Les bijoux des femmes himba sont loin d’être de simples accessoires décoratifs. Ils racontent une histoire : celle de la famille, des alliances, du statut.

Le cuir est travaillé de manière précise : taillé, assoupli, parfois fumé, puis décoré de perles ou de petits morceaux de métal. Les femmes himba maîtrisent ces techniques depuis l’enfance, en observant et en répétant les gestes de leurs mères.

Lorsque vous êtes accueilli dans un village, il se peut que l’on vous propose d’acheter de petits bijoux ou objets artisanaux. C’est un moyen concret de soutenir directement la communauté, tant que vous gardez en tête de :

Hygiène, parfum et astuces du quotidien

Dans un environnement où l’eau est rare, les femmes himba ont développé des techniques alternatives pour l’hygiène et le soin du corps :

Là encore, ces « astuces » ne sont pas vraiment transposables dans un contexte occidental, mais les comprendre vous aidera à ne pas juger trop vite ce que vous voyez sur place.

Rencontrer les femmes himba avec respect : règles, astuces et erreurs à éviter

Sur le terrain, j’ai vu deux types de voyageurs : ceux qui débarquent, appareil photo à la main, comme au zoo, et ceux qui prennent le temps de comprendre. Les femmes himba, elles, voient très bien la différence. Voici quelques repères pour vous situer du bon côté.

Préparer la visite : guide local obligatoire (ou presque)

Dans la majorité des cas, la visite d’un village himba se fait via un guide local, souvent rattaché à un lodge ou à une agence de la région d’Opuwo ou d’Epupa Falls. C’est la meilleure manière de :

Demandez toujours à votre guide :

Photographier sans transformer l’autre en objet

Les femmes himba sont souvent photographiées, parfois jusqu’à la saturation. Pour éviter de tomber dans le piège du « safari humain » :

Un bon repère : si vous vous sentez mal à l’aise en cadrant une scène, c’est probablement que vous allez trop loin. Baissez l’appareil, revenez à l’échange humain.

Cadeaux, argent, nourriture : ce qu’il vaut mieux faire (et ne pas faire)

Les visites dans les villages himba sont rémunérées, directement ou indirectement. Quelques principes pour éviter de perturber l’équilibre local :

Votre objectif n’est pas de « sauver » qui que ce soit, mais de voyager de manière consciente. Les femmes himba n’ont pas besoin de charité, elles ont besoin qu’on respecte leur rythme et leurs choix.

Intégrer la rencontre avec les femmes himba dans un voyage en Namibie

Au-delà des techniques et astuces observées chez les femmes himba, la question pratique reste : comment intégrer cette rencontre dans un itinéraire de voyage en Afrique australe sans transformer l’expérience en simple arrêt touristique de 30 minutes ?

Région à privilégier : Kaokoland, Opuwo et Epupa Falls

La plupart des voyageurs que je croise combinent la découverte des Himba avec d’autres temps forts de la Namibie :

Opuwo est souvent utilisé comme base logistique pour organiser une visite dans un village himba. On y trouve quelques guesthouses et agences locales capables de planifier des excursions à la journée ou sur deux jours.

Transport, 4×4 et autonomie sur les pistes

Les zones où vivent les Himba sont reculées. Pour les atteindre :

Si vous n’êtes pas à l’aise avec la conduite sur piste, optez pour un circuit organisé ou un autotour avec chauffeur-guide. Cela vous évitera de transformer l’aventure en galère.

Quelle saison pour rencontrer les Himba ?

On peut techniquement visiter la région himba toute l’année, mais certaines périodes sont plus confortables pour voyager :

Les femmes himba, elles, s’adaptent au rythme des saisons pour le bétail et l’accès à l’eau. Certains villages peuvent se déplacer ou se disperser temporairement. C’est une bonne raison de plus pour passer par un guide local à jour sur la situation.

Combiner rencontres humaines et grands parcs animaliers

Un des plus beaux itinéraires que j’ai réalisés en Namibie combinait :

Ce type de circuit permet d’équilibrer : temps forts animaliers, immersion culturelle, grands espaces désertiques. Les femmes himba ne deviennent alors pas une « case à cocher », mais une rencontre parmi d’autres dans un voyage plus large à travers l’Afrique australe.

Adopter la bonne attitude : observer plus que consommer

Si je devais résumer en une phrase l’astuce la plus importante concernant les femmes himba, ce serait celle-ci : observez plus que vous ne consommez. Regardez les gestes minutieux avec lesquels l’otjize est appliqué, la concentration lorsqu’une coiffure est retravaillée, les échanges entre femmes autour du feu.

Posez des questions à votre guide, laissez du temps au silence, acceptez l’inconfort de ne pas tout comprendre. C’est dans ces moments-là que les techniques et astuces des femmes himba cessent d’être un simple sujet d’article pour devenir ce qu’elles sont vraiment : la manifestation vivante d’un peuple qui continue de tracer sa route dans un monde qui change vite, parfois trop vite.

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