Comprendre les saisons en Tanzanie : ce qu’on ne vous dit pas toujours
La Tanzanie, c’est un patchwork de paysages grandioses : des plaines infinies du Serengeti à l’immensité du cratère du Ngorongoro, en passant par les plages de carte postale de Zanzibar. Mais avant de préparer vos sacs à dos ou de louer votre 4×4 pour un road trip inoubliable, il est indispensable de comprendre les saisons tanzaniennes. Car ici, le calendrier joue contre l’instinct du touriste standard.
On pourrait croire qu’il suffit de viser » la saison sèche » pour tout voir et tout vivre. Ce n’est pas faux… mais c’est loin d’être toujours vrai. En Tanzanie, la météo peut grandement changer selon les régions (nord, littoral, hauts plateaux…), les activités envisagées (safari, plage, trekking…), voire même le type de voyage (budget, affluence, photographes animaliers…). Alors, c’est quand la meilleure période ? Plongeons dedans. C’est plus nuancé qu’il n’y paraît.
La saison sèche : de juin à octobre, la valeur sûre pour les safaris
La saison sèche, c’est la haute saison touristique. Entre juin et octobre, le climat est plus frais et les précipitations rares. Les températures oscillent généralement entre 20 et 30°C selon les régions, surtout dans le nord autour d’Arusha. Le ciel est dégagé, les routes sont praticables, et les paysages sont à couper le souffle, même s’ils deviennent plus arides vers septembre.
Mais surtout : la faune est bien plus facile à observer. Pourquoi ? Parce que les herbes sont courtes, et surtout parce que les points d’eau se font rares. Résultat : les animaux se rassemblent aux mares restantes, parfait pour les photographes ou les novices du safari. Pendant mon passage dans le parc de Tarangire en juillet, on a réussi à observer un groupe d’éléphants traversant à la queue leu leu la rivière asséchée. Pas un bruit, juste le craquement des pas et les souffles. Flash d’émotion pure.
Bon à savoir : si vous avez en tête d’assister aux traversées de la Grande Migration dans le nord du Serengeti (rivière Mara, frontière avec le Kenya), août et septembre sont les meilleurs mois. C’est aussi la période où lodges et camps de toile affichent complet – et des prix en hausse.
Les pluies courtes : novembre et décembre, entre fraîcheur et nature renaissante
Ces deux mois marquent l’entrée dans la petite saison des pluies, aussi appelée » pluies courtes « . Contrairement à ce qu’on imagine parfois, ce n’est pas une période à fuir. Les averses sont souvent localisées et tombent en fin de journée. En journée, le temps reste largement ensoleillé et les températures sont agréables.
La végétation reprend de la couleur. C’est le moment où les paysages sont à nouveau d’un vert intense, où les troupeaux se dispersent, et où les prix sont beaucoup plus abordables. Personnellement, j’adore ce moment : les parcs sont plus calmes, on a l’impression d’avoir le Ngorongoro pour soi, et les couchers de soleil virent au pastel avec cette lumière douce que seuls les orages peuvent offrir. Pour les amoureux de photographie, c’est une bénédiction.
Mais attention : si vous souhaitez voir un maximum de faune concentrée, ce n’est pas idéal. Il faut être plus patient et guidé par des pisteurs expérimentés.
Saison des grandes pluies : mars à mai, pour les baroudeurs avertis
La grande saison des pluies, c’est une autre affaire. Entre mars et mai, le ciel peut se déverser pendant plusieurs jours d’affilée. Routes boueuses, passages impraticables, lodges isolés contraints de fermer. Bref, bienvenu dans l’aventure authentique, mais humide.
Cela dit, je ne vais pas vous décourager si vous êtes le type de voyageur qui prend plaisir à naviguer dans l’imprévu. La nature est d’une générosité folle : la savane en fleur, une explosion de verts, le tout sous une lumière dramatique. En avril, j’ai vécu un orage sur les hauteurs de Karatu suivi d’un silence surnaturel ; un moment suspendu, presque mystique.
Côté prix, on est sur les tarifs les plus bas de l’année, et vous croiserez très peu de véhicules dans les pistes. L’expérience est radicalement différente. Si vous optez pour cette période, assurez-vous de choisir des hébergements bien équipés (parois étanches, chemins d’accès solides) et de vous équiper de vêtements imperméables. Et armez-vous de patience.
Les intersaisons : janvier-février et octobre-novembre, les fenêtres d’opportunité
Les périodes de transition entre pluies et saison sèche sont souvent sous-estimées. Janvier et février, par exemple, offrent un ciel souvent dégagé, particulièrement dans le Sud et le Centre. C’est d’ailleurs la période de mise bas pour les gnous dans le sud du Serengeti, autour de Ndutu et la région de la Ngorongoro Conservation Area.
J’y suis allé une fois à cheval sur les deux mois : paysages verdoyants, faune abondante, et surtout, des scènes touchantes de centaines de petits veaux tentant de tenir sur leurs pattes dans les premières heures de vie. Dans ce paysage époustouflant, les prédateurs rôdent, et les scènes de chasse sont parfois rudes à observer, mais font partie de cette réalité brute que l’Afrique impose.
Ottobre-novembre ressemble par moments à un coup de poker : l’arrivée des premières pluies change chaque année. Mais si vous tombez juste, vous profiterez d’une nature vivante, d’une météo encore clémente, et de prix modérés. À considérer si vous cherchez un bon équilibre entre budget, confort et authenticité.
Zanzibar : un monde à part
Ne faites pas l’erreur de généraliser les conditions du continent à Zanzibar. L’archipel vit selon ses propres règles. Là-bas, l’humidité est plus marquée, les températures tropicales constantes (autour de 28°C), et la brise marine peut jouer en votre faveur ou en votre défaveur, selon la saison et la côte choisie.
Pour des baignades tranquilles, préférez juin à octobre. Si vous êtes amateur de plongée et de snorkeling, février et mars offrent des eaux particulièrement claires, avec une bonne visibilité. Novembre peut être risqué si vous tenez à éviter les ondées.
Notez que durant la grande saison des pluies, entre avril et mai, de nombreuses infrastructures ferment. Si vous rêvez de Zanzibar en amoureux, avec des plages désertes, évitez cette période… ou assumez le risque de rester bloqué sous votre paillote à lire un bon roman sous la pluie.
Quelques conseils pratiques pour bien planifier selon la saison
Choisir la période, c’est bien. Mais savoir s’adapter aux réalités du terrain, c’est mieux. Voici quelques conseils issus de mes virées tanzaniennes :
- Vêtements : Pendant la saison sèche, les matinées peuvent être fraîches, surtout dans les régions d’altitude. Prévoyez une polaire légère ou un coupe-vent. Pour les saisons humides, équipez-vous d’un bon poncho et de chaussures étanches.
- Véhicule : Si vous partez en autotour, évitez les 2WD en saison des pluies. Un 4×4 bien entretenu est indispensable pour franchir les tronçons boueux.
- Santé : L’humidité favorise les moustiques, donc prévoyez une bonne protection (spray, vêtements longs, moustiquaire). Et n’oubliez pas la prophylaxie antipaludique, surtout en saison humide.
- Réservations : En haute saison (juillet-août), anticipez les réservations, surtout dans les zones de migration. Idem pour Noël et Nouvel An, période très demandée par les voyageurs internationaux.
- Imprévus : Même pendant la saison sèche, il peut pleuvoir. Et même en saison humide, certaines journées seront radieuses. Gardez de la souplesse dans votre itinéraire.
Alors, c’est quand la meilleure période ?
Tout dépend de votre motivation. Si c’est pour cocher » safari classique » et paysages emblématiques, visez juin à octobre. Mais si comme moi vous aimez l’Afrique vivante, brute, changeante, ne négligez pas les saisons humides. Chacune apporte son lot de challenges et de révélations.
En Tanzanie, j’ai compris une chose : il n’y a pas de saison idéale, seulement celle qui vous correspond. Alors, posez-vous la bonne question : vous voulez cocher une case ou vivre l’inattendu ?
La Tanzanie est prête. À vous de l’être aussi.
Zones climatiques principales : nord des safaris, littoral, hauts plateaux et Dar es Salaam
Pour vraiment savoir quand partir en Tanzanie, il faut aussi comprendre les grandes zones climatiques du pays. Sur une carte, on voit vite que la Tanzanie n’est pas un bloc homogène : chaque région vit la saison sèche et les pluies à sa manière.
- Le Nord des safaris (Serengeti, Ngorongoro, Tarangire, Manyara) : C’est la zone la plus connue des voyageurs. Ici, l’altitude modère les chaleurs, avec des nuits parfois fraîches autour d’Arusha et Karatu. La saison sèche (juin-octobre) est idéale pour les safaris classiques, tandis que les mois de janvier-février sont parfaits pour la mise bas des gnous dans le sud du Serengeti. Les pluies y sont marquées mais souvent moins écrasantes que dans le Sud.
- Le littoral et Dar es Salaam : Sur la côte, l’ambiance est radicalement différente. À Dar es Salaam, les températures restent élevées toute l’année, souvent entre 28 et 34°C en journée, avec une humidité importante. Les grandes pluies (mars à mai) peuvent être intenses, avec des averses tropicales fortes mais brèves. Entre juin et octobre, la chaleur est plus supportable et les journées sont souvent ensoleillées, ce qui en fait une bonne période pour profiter de la côte et des îles proches.
- Les hauts plateaux du Sud et de l’Ouest (Ruaha, Katavi, Mbeya…) : Moins fréquentée, cette région offre un climat plus sec et plus contrasté. Les nuits peuvent être fraîches, voire froides en altitude, surtout en saison sèche. Les grandes pluies rendent parfois l’accès à certains parcs plus compliqué, mais la récompense, ce sont des paysages préservés et des parcs quasi vides.
- Les zones montagneuses (Kilimandjaro, Usambara, Udzungwa) : Dès que l’on prend de l’altitude, tout change. Les températures chutent, l’humidité peut être forte sur certains versants, et les pluies sont parfois plus fréquentes qu’en plaine. Pour l’ascension du Kilimandjaro, la meilleure période reste globalement la saison sèche (janvier-mars et juin-octobre), quand les sentiers sont plus praticables et les vues dégagées.
Selon que vous visez la côte, les safaris du nord ou un trek en altitude, la » meilleure période » en Tanzanie ne sera pas la même. Avant de réserver vos vols, demandez-vous d’abord quelle zone climatique vous attire le plus.
Météo en Tanzanie mois par mois : ce qui vous attend vraiment
Pour affiner encore plus votre choix de date, voici un tour d’horizon de la météo par mois, en gardant en tête que les microclimats locaux peuvent tout bousculer. Pensez à cela comme un guide de tendance, pas comme une science exacte.
- Janvier : Atmosphère chaude et souvent ensoleillée, surtout au nord et sur la côte. Excellente période pour les safaris dans le Serengeti Sud (saison des naissances) et pour la plage, même si l’humidité reste présente près de Dar es Salaam et Zanzibar.
- Février : Conditions similaires à janvier, avec parfois des orages isolés en fin de journée. Très bon compromis pour combiner safari et plage, avec une luminosité superbe pour la photo.
- Mars : Début progressif des grandes pluies, surtout sur la côte et à Dar es Salaam, où les averses deviennent plus fréquentes. À l’intérieur des terres, la météo reste encore praticable au début du mois, mais se dégrade ensuite.
- Avril : C’est généralement le mois le plus humide. Sur la côte et autour de Dar es Salaam, la pluviométrie explose et certaines routes peuvent être inondées. Dans les parcs, la végétation est luxuriante mais les pistes deviennent boueuses. À réserver aux voyageurs qui acceptent vraiment l’imprévu.
- Mai : Les pluies commencent à refluer en fin de mois, mais l’ambiance reste très humide. Sur Zanzibar et le littoral, beaucoup d’hôtels profitent de cette période pour fermer quelques semaines. Les safaris sont possibles mais plus sportifs.
- Juin : Retour progressif du beau temps. Dans le nord, la saison sèche s’installe : herbes qui raccourcissent, températures plus agréables, routes meilleures. Sur la côte, la chaleur devient plus supportable et l’ensoleillement augmente.
- Juillet : L’un des meilleurs mois pour partir en Tanzanie si vous cherchez un climat stable. Ciel souvent dégagé, bonnes conditions routières, faune bien visible. À Dar es Salaam, les températures restent chaudes mais moins étouffantes qu’en début d’année.
- Août : Pleine saison sèche, parfois un peu fraîche en altitude le matin. Idéal pour les traversées de la Grande Migration au nord Serengeti et pour la côte, avec un très bon taux d’ensoleillement.
- Septembre : Très proche d’août en termes de météo, mais avec une végétation parfois plus sèche et dorée. Super mois pour combiner safaris et Zanzibar, avec encore beaucoup de soleil et peu de pluies.
- Octobre : Mois de transition : la chaleur remonte, surtout à Dar es Salaam et sur la côte. Les premières averses peuvent apparaître fin octobre, sans pour autant gâcher le voyage. Intéressant si vous cherchez de bons prix avant les petites pluies.
- Novembre : Installation des » pluies courtes « . Les averses sont souvent intenses mais brèves, avec de belles éclaircies en journée. La nature reverdit, les prix baissent, l’affluence aussi. À Dar es Salaam, l’humidité augmente sensiblement.
- Décembre : Alternance de pluies courtes et de belles fenêtres ensoleillées. Très demandé pour les fêtes de fin d’année, surtout dans les parcs du nord et à Zanzibar. Si vous supportez quelques averses, l’ambiance de fin d’année en Tanzanie a un charme particulier.
En résumé, si vous recherchez un climat le plus prévisible possible, misez sur juin à septembre. Si vous êtes prêt à composer avec quelques averses pour profiter de tarifs plus doux et de paysages verdoyants, visez davantage novembre, décembre, janvier ou février.
Quand partir à contre-courant : profiter de la Tanzanie hors saison
Voyager » dans le bon sens » n’est pas toujours synonyme de meilleure expérience. Partir à contre-courant peut vous offrir une Tanzanie plus authentique… à condition de le faire intelligemment.
- Éviter la cohue des grandes vacances : Si vous pouvez vous libérer en dehors de juillet-août et de Noël, vous éviterez les pics de fréquentation et les tarifs qui s’envolent. Les mois de juin, septembre, janvier et février sont souvent d’excellents compromis.
- Assumer une météo imparfaite pour un budget plus léger : Mars, avril et mai sont boudés par beaucoup à cause des pluies. Pourtant, c’est là que la Tanzanie se montre la plus verte, la plus silencieuse, et la plus douce pour votre portefeuille. Si vous rêvez de parcs presque vides, c’est là que ça se passe… en acceptant boue, imprévus et parfois des annulations.
- Choisir sa région en fonction de la saison » moyenne « : Quand le littoral étouffe sous l’humidité, les hauts plateaux offrent une atmosphère plus respirable. Quand le Sud est difficile d’accès, le Nord reste généralement plus praticable. En partant à contre-courant, l’astuce est de faire coïncider une région en forme avec une saison moins demandée.
- S’adapter dans le détail : En hors saison, privilégiez des hébergements solides (pas des camps trop légers en pleine grande saison des pluies), des véhicules bien entretenus, et prévoyez toujours un plan B dans votre itinéraire. Le but : profiter du calme sans vous retrouver bloqué dans la boue d’une piste secondaire.
Partir à contre-courant en Tanzanie, c’est poser une autre question : non pas » quand il fait le plus beau ? « , mais » quand ai-je le plus de chances de vivre une expérience qui n’appartient qu’à moi ? « . Si la réponse vous parle, la basse saison n’est peut-être pas votre ennemie, mais votre meilleure alliée.
